
Avant-Propos
Trois années passées à sillonner le Plateau du Golan, à
rencontrer les habitants, à apprendre leur histoire et à
s'imprégner de la situation politique, sociale et psychologique
des Druzes du Golan ont été nécessaires pour réaliser La
fiancée syrienne.Trois années pendant lesquelles le réalisateur
Eran Riklis a tenté de mieux comprendre cette région du
monde - le Proche-Orient - où sévissent la haine, l'indifférence
et la bureaucratie. Pour raconter cette histoire de femmes
déchirées entre leur famille, le poids des traditions et l'absurdité
du tracé des frontières, Riklis a fait appel à Suha Arraf,
scénariste arabe israélienne, réputée pour sa connaissance
du monde arabe et druze et pour son point de vue résolument
progressiste.
Synopsis :
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Le mariage de Mona est le jour le plus triste de sa vie.
C'est aujourd'hui que Mona, jeune fille d'origine druze, doit épouser
une vedette de la télévision syrienne. Elle devrait être heureuse, mais
elle sait qu'une fois entrée en Syrie, où l'attend son futur mari, elle ne
pourra plus jamais revenir chez elle, dans son village du Golan occupé
par Israël depuis 1967. Et qu'elle ne pourra plus revoir sa famille...
Dispersés aux quatre coins du globe, ses proches se retrouvent
dans ce petit village du bout du monde pour fêter l'événement et
faire leurs adieux à la future mariée. Entourée des siens, et surtout
de sa sœur aînée Amal, Mona se sent plus forte. Mais c'est sans
compter sur l'absurdité de la bureaucratie qui oblige bientôt toute la
famille à attendre indéfiniment au poste frontière, coincée quelque
part entre Israël et la Syrie...
Entretien avec Eran Riklis
Comment est né le projet de La fiancée syrienne ?
En 1998, j'ai tourné un documentaire, Borders, autour des problèmes liés au tracé des frontières de l'Etat d'Israël. Le film évoquait notamment le déroulement des trois ou quatre mariages qui ont lieu chaque année de part et d'autre de la frontière israélo-syrienne divisant en deux le Plateau du Golan : soit, l'un des deux époux vient de Syrie pour s'installer dans le Golan, soit c'est l'inverse qui se produit. Grâce à ce documentaire, j'ai sympathisé avec une famille vivant dans le Golan et je n'ai cessé depuis de repenser à la situation de ces gens. A force de retourner là-bas plusieurs fois par an, de faire des recherches et d'entendre plusieurs anecdotes, j'ai fini par comprendre que la situation des Druzes, communauté profondément déchirée, est en réalité une métaphore de notre propre situation : elle cristallise nos problèmes, nos espoirs et nos rêves tant sur un plan personnel et familial que national.
J'ai alors rédigé le synopsis d'un projet de fiction. Comme je voulais me focaliser sur deux personnages féminins, j'ai senti qu'il me fallait faire appel à une femme pour co-écrire le scénario. J'ai donc demandé à Suha Arraf, journaliste palestinienne, de travailler avec moi et nous avons écrit le script entre 2001 et 2002.
Comment avez-vous rencontré Hiam Abbass, qui interprète Amal ?
Je l'ai rencontrée à Paris. Quand elle m'a vu, elle s'est penchée vers moi et m'a murmuré à l'oreille :"vous pouvez me parler en hébreu." Même si cela a l'air d'un cliché, j'ai alors immédiatement compris qu'elle incarnerait Amal à merveille. L'histoire de Hiam est extraordinaire : elle est issue d'une famille musulmane traditionnelle et son avenir était loin d'être assuré quand elle était jeune. Mais elle s'est montrée audacieuse et elle a eu le culot d'affronter pas mal d'obstacles, jusqu'à ce qu'elle comprenne qu'il valait mieux pour elle qu'elle quitte le pays. Elle a accepté d'interpréter Amal parce qu'elle a eu le sentiment que ce personnage était sa propre projection. Pendant toute la durée du tournage,l'harmonie a été totale entre Hiam et Amal, et entre Hiam et moi. Le rôle joué par Hiam n'est pas celui traditionnellement dévolu aux femmes, en tous les cas ni dans la société israélienne, ni dans la société druze. C'est plutôt un rôle masculin.
Est-il fréquent qu'un cinéaste israélien évoque une culture qui n'est pas la sienne ?
Pour moi, en tous les cas, ce n'est pas du tout inhabituel. Il y a une dizaine d'années, j'ai tourné Cup final, autour d'un Israélien capturé par des Palestiniens pendant la guerre au Liban, alors que je n'ai aucunement participé à ce conflit. De même, j'ai réalisé Zohar en 1993 qui parle de musique orientale et n'a rien à voir avec ma propre culture. Pour moi, peu importe qu'un film parle d'une culture ou d'une autre, qu'il soit politiquement ou socialement engagé, tant qu'il est ancré dans sa propre réalité sociale. D'autre part, je pense qu'en parlant de personnages qui n'appartiennent pas à sa propre culture, on va souvent plus loin dans l'exploration des rapports humains car on bénéficie de plus de recul. A partir du moment où on comprend les différents codes culturels d'un pays, il est facile de s'y sentir à l'aise. D'après moi, cela fait partie intégrante de l'identité d'un cinéaste. Après tout, les films parlent essentiellement des liens qui unissent les êtres.
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Hiam Abbas - Amal
Née en 1960 à Nazareth, Hiam Abbass suit des études de photographie et de théâtre, avant de se destiner à une carrière de comédienne de théâtre. Supportant de plus en plus mal le conflit israélopalestinien,elle quitte son pays en 1988 et s'installe, d'abord à Londres, puis à Paris où elle s'est imposée comme actrice de cinéma. Elle a notamment tourné Haifa (1995) de Rachid Masharawi,Vivre au paradis (1998) de Bourlem Guerdjou, Satin rouge (2001) de Raja Amari et La porte du Soleil (2002) de Yousri Nasrallah. Artiste à part entière, Hiam a signé deux courts métrages, Le pain (2000) et La danse éternelle (2003) et écrit son premier long-métrage. Hiam tourne actuellement sous la direction de Amos Gitaï Free zone aux cotés de Natalie Portman.
Fiche Technique 
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Réalisation Eran Riklis
Producteurs Antoine de Clermont-Tonnerre, Bettina Brokemper, Eran Riklis, Michael Eckelt
Scénario Suha Arraf,Eran Riklis
Directeur de la photographie Michael Wiesweg (BVK)
Montage Tova Ascher
Musique composée et dirigée par Cyril Morin
Décors Avi Fahima
Costumes Inbal Shuki
Mixage Ashi Milo
Son Gil Toren
Directeurs de production
Yifat Prestelnik, Johannes Rexin
Casting Yael Aviv
Un film de Eran Riklis |
WWW.OCEAN-FILMS.COM
DISTRIBUTION
40, avenue Marceau
75008 Paris
Tél. : 01 56 62 30 30
Fax : 01 56 62 30 40
RELATIONS PRESSE
Robert Schlockoff
Valérie Chabrier
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Antoine et Martine de Clermont-Tonnerre
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