YVES KLEIN, CORPS, COULEUR, IMMATÉRIEL

le 25 septembre 2006 à 17h15 , mis à jour le 03 octobre 2006 à 14h59

Le Centre Pompidou, Musée national d'art moderne consacre une grande exposition à Yves Klein, artiste majeur de la seconde moitié du XXème siècle, du 5 oct. 06 -au 5 fév. 07

Yves Klein-Partenariat LCIAntropométrie bleue - Yves Klein © adagp, Paris 2006

Longtemps enfermé dans un rôle d'artiste-emblème, internationalement célèbre pour le bleu IKB et ses monochromes, Yves Klein fut peu compris de son vivant. Mort prématurément en 1962, à l'âge de trente quatre ans, après une carrière fulgurante - Yves Klein a réalisé son oeuvre en l'espace de sept ans - l'artiste, dont la production dépasse largement le champ de la peinture, n'a cessé d'affirmer : "mes tableaux ne sont que les cendres de mon art"*.

Malgré de nombreuses rétrospectives et notamment l'exposition présentée au Centre Pompidou en 1983, l'oeuvre de l'artiste reste encore largement à découvrir ainsi que le révèle la publication récente de ses écrits.

L'exposition "Yves Klein corps, couleur, immatériel" est réalisée grâce au soutien de LVMH / Moët Hennessy . Louis Vuitton

Réunissant cent vingt peintures et sculptures, environ quarante dessins et manuscrits de l'artiste et un grand nombre de films et photographies d'époque, cette exposition propose une relecture du travail d'Yves Klein. Aussi fidèle que possible aux déclarations de l'artiste contenues dans les écrits publiés récemment, la scénographie met en évidence l'importance qu'Yves Klein accordait aux aspects multiples de son activité artistique : peintures, sculptures, mais aussi performances, oeuvres sonores, interventions dans les espaces publics, projets d'architecture...

En reconstituant des oeuvres telles que la "Sculpture aérostatique", 1957 (lâcher de 1001 ballons) ou l'"Illumination de l'Obélisque", 1958, de la place de la Concorde, cette manifestation met sur le même plan que les monochromes les actions éphémères de l'artiste. Le travail d'Yves Klein repose sur un équilibre dynamique entre deux pôles : le visible et l'invisible, la matière et le vide, la chair et l'immatériel. Cette tension est au coeur de son oeuvre : tout en explorant la non matérialité au point d'exposer Le Vide (Galerie Iris Clert, Paris 1958), Yves Klein continuera à créer des œuvres visibles.

Le parcours de l'exposition s'articule autour des trois couleurs emblématiques de Yves Klein : bleu, or et rose, citées dans cet ordre dans ses écrits, ou rassemblées dans quelques rares triptyques.

Dès 1959 c'est à partir de ces couleurs que se construit l'oeuvre de Klein. L'"Ex-voto" dédié à Sainte Rita, 1961, déposé par l'artiste au Monastère de Sainte Rita à Cascia (Italie), oeuvre inédite présentée ans l'exposition, constitue un témoignage précieux de la valeur symbolique que l'or et le rose représentent au même titre que le bleu dans l'univers de sa création.

Le sous-titre de l'exposition "CORPS, COULEUR, IMMATÉRIEL" met l'accent sur les aspects du travail d'Yves Klein qui le révèlent éminemment contemporain, proche du regard des artistes aujourd'hui :

l'implication physique et quotidienne de l'artiste dans son oeuvre, sa volonté d'étendre le rôle de l'artiste par l'intermédiaire de la couleur à une transformation (technique, urbaine et philosophique) du monde, son utilisation de matériaux éphémères et naturels, ainsi que son exploration de l'immatériel.

L'exposition sera également présentée au Museum Moderner Kunst Stiftung Ludwig Wien Vienne, Autriche) du 8 mars au 3 juin 2007.


LES THÈMES

CORPS

Contrepoint à l'immatériel, le corps - chair du modèle mais aussi corps athlétique d'un artiste ceinture noire de judo - s'impose tôt à l'artiste comme facteur équilibrant, face au vertige de l'immatériel.

D'abord utilisé pour "stabiliser la matière picturale" du monochrome, le modèle prend bientôt son indépendance et se "rue dans la couleur" : c'est ainsi que naissent les Anthropométries, des toiles réalisées par empreintes du corps (féminin et masculin) recouvert de peinture, statique ou dynamique, mais toujours dirigé par l'artiste. Autre chapitre essentiel dans l'histoire de la performance, cette série d'oeuvres renouvelle aussi profondément l'histoire de la peinture, dont elle délègue la composition à l'aléatoire et au corps d'autrui.

COULEUR

Entre le corps et l'immatériel, c'est la couleur qui fait le lien, mais une "couleur" au sens élargi que lui confère Yves Klein : loin d'être réduite au seul pigment et à son liant, c'est une force spirituelle, cosmique, qui transforme l'atmosphère, la vie elle-même en oeuvre d'art par la seule présence de l'artiste. Cette couleur, l'artiste la limite très vite, dès 1959, à trois tons qui évoquent chacun l'un des versants de son travail : le bleu, l'or et le rose.


IMMATÉRIEL

Dès 1957, peu de temps après l'apparition des premiers monochromes en 1955, Yves Klein se consacre à l'exploration du "versant immatériel" de l'art : expositions du vide, performances où l'œuvre disparaît, sculptures éphémères de feu et d'eau, oeuvres sonores, appropriation de l'espace entier (y compris cosmique) comme propriété de l'artiste, projets d'architectures de l'air, sont autant de déclinaisons de l'"invisible" qui constitue pour Yves Klein l'expérience essentielle de l'art.

Ces expériences vertigineuses ont pour partie échappé à la critique et à la compréhension du public : il est temps d'en redécouvrir la portée, et l'importance tant au regard de l'art conceptuel, qu'elles préfigurent, que de l'histoire de la performance, dont elles éclairent les enjeux.

Il est difficile de montrer l'invisible: très conscient de cette impasse, Yves Klein y avait répondu par avance en multipliant les déclarations enregistrées, en organisant des photographies et des films de ses expériences les plus éphémères. Aussi est-il possible aujourd'hui, par des montages, non seulement d'évoquer ces moments, mais encore de leur conférer le statut d'oeuvres que Yves Klein avait souhaité leur donner.


PARCOURS DE L'EXPOSITION

Introduction :

CORPS, COULEUR, IMMATÉRIEL


Première partie :

IMPRÉGNATION / LE BLEU

"Je prévois aujourd'hui, pour l'avenir, que la réelle manière de visiter l'espace, plus loin, infiniment plus loin que notre univers solaire et autre univers, sera non pas des fusées, rockets, ou des spoutniks, mais par imprégnation ".*

Le monochrome bleu n'est qu'une introduction à la "révolution bleue": la diffusion de la sensibilité picturale au monde entier, visible, et invisible. Aussi une salle d'IKB débouche sur des reliefs planétaires, puis sur un "théâtre de l'immatériel" où sont rassemblées toutes les propositions invisibles, conceptuelles, sonores, musicales, d'Yves Klein. Enfin des reliefs éponges sur le thème de la musique démontrent le processus d'imprégnation, qui vaut aussi bien pour le monde que pour le visiteur lui-même : les "lecteurs", éponges anthropomorphiques, portraits d'un spectateur "imprégné" de bleu, en témoignent.


Deuxième partie :

DÉMATÉRIALISATION / L'OR

" À vrai dire, ce que je cherche à atteindre, mon développement futur, ma sortie dans la solution de mon problème, c'est de ne plus rien faire du tout, le plus rapidement possible, mais consciemment, avec circonspection et précaution. Je cherche à être "tout court". Je serai un "peintre". On dira de moi : c'est le peintre. Et je me sentirai un "peintre", un vrai justement, parce que je ne peindrai pas, ou tout au moins en apparence. Le fait que j'existe comme peintre sera le travail pictural le plus "formidable" de ce temps ".*

Une salle de Monogolds incluant des anthropométries or, introduit l'idée de transmutation de la matière: l'artiste utilise et transforme les matériaux primaires, domestique les forces naturelles, transforme tout en art par sa seule présence. Les Cosmogonies saisissent l'empreinte du vent, de la pluie. Le feu et l'air, deux fluides invisibles qu'Yves Klein s'est appropriés officiellement, donnent lieu à des oeuvres aussi bien réelles (peintures de feu) qu'utopiques (projet d'architecture de l'air, de climatisation à l'échelle planétaire).


Troisième partie :

INCARNATION / LE ROSE

" Afin de ne pas rompre en m'enfermant dans les sphères trop spirituelles de la création d'art, avec ce gros bon sens qui est nécessaire à notre condition incarnée, et que spécialise dans l'atmosphère de l'atelier la présence de la chair, j'ai pris des modèles nus ".* 

Les Monopinks associés à des Suaires, empreintes intimes du corps féminin, montrent comment la couleur lie la chair au monde dans l'oeuvre de Klein. Le rose évoque la peau du modèle qui accompagnera toujours Yves Klein, "stabilisateur" de ses monochromes puis "pinceau vivant" de ses Anthropométries. Celles-ci seront montrées dans leur diversité formelle et leur ambition : trois grandes Batailles (corps dynamiques) seront rassemblées, ainsi que les plus grandes Frises (corps statiques).


Conclusion :

LE BLEU, L'OR ET LE ROSE EN TRIPTYQUES

" Le sang de la sensibilité est bleu ", dit Shelley, et c'est exactement mon avis. Le prix de sang bleu ne peut en aucun cas être de l'argent. Il faut que ce soit de l'or. Et puis, comme nous le verrons plus tard, dans l'analyse du rêve éveillé du Dr Robert Desoille, le bleu, l'or et le rose sont de même nature. Le troc au niveau de ces trois états est honnête ".*

* "Le dépassement de la problématique de l'art et autres écrits" Yves Klein. École Nationale Supérieure des Beaux-Arts.


UN DISPOSITIF AUDIOVISUEL

Le parcours de l'exposition est ponctué par un dispositif audiovisuel produit par le Centre Pompidou à partir de documents d'époque (images et son) permettant au visiteur d'accéder au travail immatériel d'Yves Klein : performances, expositions du vide, travail avec le feu, avec l'air et collaboration avec les modèles.


UN PARCOURS SONORE POUR ENFANTS

Pour la première fois au Centre Pompidou, un dispositif sonore adapté aux enfants de moins de 6 ans (ne maîtrisant pas encore la lecture) sera intégré dans l'espace de l'exposition du niveau 6 afin de permettre aux tout petits de découvrir librement l'exposition.

À noter l'exposition à la Coupole "Yves Klein dans ses murs" jusqu'au 5 février 2007.

102, Boulevard du Montparnasse - 75014, Paris.


Informations pratiques:

Adresse: Centre Pompidou, 75191 Paris cedex 04

Téléphone : 00 33 (0)1 44 78 12 33

Métro : Hôtel de Ville, Rambuteau

Horaires: exposition ouverte du 5 octobre 2006 au 5 février 2007 tous les jours sauf le mardi, de 11h à 21h, nocturnes les jeudis, jusqu'à 23 h

Tarifs: 10 euros, tarif réduit : 8 euros

Valable le jour même pour le Musée national d'art moderne et l'ensemble des expositions.

Imprimable à domicile www.centrepompidou.fr  

Réservation: Billetterie FNAC et autres points de vente habituels, www.fnac.com, 0892 684 694 (0,34¤/ min)

Accès gratuit pour les adhérents du Centre Pompidou (porteurs du laissez-passer annuel) et les moins de 18 ans

Renseignements: 01 44 78 14 63


LA SCÉNOGRAPHIE

Le parcours scénographique de l'exposition s'articule autour des trois couleurs : le bleu, l'or et le rose, qui en sont le fil conducteur.

Trois grands chapitres qui réunissent ainsi des oeuvres plastiques, des dossiers thématiques et des projections vidéos.

Seule la parole de l'artiste guide le public : les textes muraux, les cartels développés sont tous extraits des écrits d'Yves Klein.

Des grandes salles ponctuées par des espaces de projections audiovisuelles sonores, permettent un parcours fluide et aéré et une approche contemplative. Ces salles de projection comportent des vitrines documentaires - espaces plus denses, plafonnés, de couleur sombre - qui rythment les trois périodes et permettent au visiteur une introduction à l'œuvre immatérielle de l'artiste.

Une grande fenêtre sur la ville offre, à mi parcours, un espace de lecture et d'écoute. Un mobilier spécifique " enfants " est réparti dans les salles. Dix petits bancs sonores, aux couleurs des trois chapitres, proposent un parcours particulier au jeune public. Ainsi pour la première fois au Centre Pompidou, une exposition s'adresse directement aux enfants ne maîtrisant pas encore la lecture.

L'exposition se termine par une grande salle qui rassemble peintures et oeuvres sur les trois couleurs avec, en point d'orgue dans une construction particulière, la présentation de l'"Ex-voto" dédié à sainte Rita de Cascia par Yves Klein, (1961), montré pour la première fois au public.


LE DISPOSITIF AUDIOVISUEL

Outre un choix considérable d'oeuvres " plastiques ", ce sont des documents, photos et films, connus ou découverts récemment, que le Centre Pompidou présente dans l'exposition La recherche et la présentation au public de ces documents ont fait l'objet d'une préparation longue et minutieuse. En effet, nombre de ces photos et films, rassemblés par thèmes, sont "mis en scène" en des sets virtuels permettant au visiteur soit de se promener en 3D dans le monde poétique de Klein - dans " l'immatériel" et le " vide" - soit de découvrir les multiples facettes de cet artiste pluridisciplinaire comme les sculptures de Feu ou ces jeux visionnaires qu'il a façonnés avec l'Air.

Pour rentrer dans ces différents mondes de Klein, la lecture des produits audiovisuels est possible à trois niveaux. D'abord au sens le plus large - les images comme des tableaux : quand le visiteur rentre dans une salle de l'exposition, la taille des écrans lui permet d'appréhender les produits audiovisuels comme des oeuvres accrochées. En cela, nous avons voulu respecter au mieux l'idée que Klein avait lui-même de ces films qu'il voyait non seulement comme support d'informations mais aussi comme oeuvres à part entière.

On pourrait appeler le second niveau de lecture des produits audiovisuels, le niveau semi rapproché : si le visiteur veut en savoir plus, des textes inscrits à l'image jalonnent d'informations les photos et films proposés : ainsi dates, lieux ou citations de Klein lui-même défilent et appuient de leur sens des images parfois trop énigmatiques à elles seules.

Et enfin, le dernier niveau est bien sûr celui de l'appréhension totale des produits audiovisuels proposés pour le visiteur assez curieux du véritable sens que l'artiste a donné à son oeuvre et donc à sa vie. Ainsi, on pourra suivre ces propositions, ces "mises en scène" des matières premières de Yves Klein au plus près de leurs intentions initiales, par un niveau de lecture sonore : il suffira pour cela de s'approcher suffisamment des écrans ou même de s'asseoir sur des bancs prévus à cet effet pour entendre explications ou citations proposées.

L'artiste s'est longuement expliqué sur son oeuvre et sa voix enregistrée, pour une grande partie lors d'une conférence qu'il donna à la Sorbonne, parcourt sa vie médiatisée à l'extrême. D'autres voix, celles de personnages ayant très bien connu Yves Klein, accompagnent les produits audiovisuels. Qui d'autre que Rotraut, sa propre épouse, nous aurait mieux commenté leur mariage, film muet à l'origine. Qui d'autre mieux que certains de ses modèles nous auraient mieux détaillé les séances d'Anthropométries ou d'Empreintes par le Feu.

Philippe Puicouyoul, Réalisateur, Direction de la production, Service audiovisuel


MANIFESTATIONS ASSOCIÉES

Organisées avec le soutien de LVMH / Moët Hennesy . Louis Vuitton

LES " DIMANCHES YVES KLEIN "

RECONSTITUTIONS D'OEUVRES DE YVES KLEIN

LES 15 ET 29 OCTOBRE, 19 NOVEMBRE, 3 DÉCEMBRE 2006 ET 14 JANVIER 2007

S'inspirant de l'oeuvre Dimanche, un fac-simile du Journal du Dimanche du 27 novembre 1960, distribué dans les kiosques parisiens, avec lequel Yves Klein avait souhaité transformer une journée en oeuvre d'art, le Centre Pompidou organise cinq dimanches dédiés à l‘oeuvre de l'artiste et invite le public à participer à un ensemble de manifestations programmées dans ses murs, mais aussi à l'extérieur :

  • " Sculpture aérostatique ",
  • Représentations de la "Symphonie monoton-silence",
  • Journée d'études, ateliers pratiques,
  • visites thématiques de l'exposition,
  • Promenades urbaines accompagnées,
  • programme cinéma...

La " Sculpture aérostatique " de Yves Klein, 1957

lâcher de 1001 ballons sur la Piazza du Centre Pompidou, le dimanche 3 décembre 2006 à 15h

Sur la Piazza, pour célébrer l'air et l'espace, un lâcher géant de ballons bleus, comme un envol dans l'immensité du ciel de Paris. Les enfants et leurs familles sont conviés à vivre ensemble cet évènement festif imaginé par Yves Klein.

En mai 1957, Yves Klein présente une double exposition à Paris : d'une part à la Galerie Iris Clert " Yves, Propositions monochrome", d'autre part à la Galerie Colette Allendy "Pigment pur ". L'avènement de l'"Epoque Bleue" est célébré par un lâcher de 1001 ballons bleus, gonflés à l'hélium le soir du vernissage. Klein qualifiera plus tard ce geste de "Sculpture aérostatique ".

Illumination de l'Obélisque de la Place de la Concorde, des statues de Villes et du Quadrige du Grand Palais, 1958

le samedi 7 octobre 2006, dans le cadre de la Nuit Blanche, en partenariat avec la Ville de Paris Yves Klein avait envisagé l'illumination en bleu de l'Obélisque de la Place de la Concorde à l'occasion du vernissage de son exposition " La spécialisation de la sensibilité à l'état matière première" (exposition dite " du Vide ") chez Iris Clert, le 28 avril 1958. Sans autorisation du Préfet, la manifestation fut annulée en dernière minute.


Représentations de la " Symphonie monoton-silence ", 1960

Eglise Saint Merri 76 rue de la Verrerie, Paris, en partenariat avec la Ville de Paris

Sous la direction du chef d'orchestre et ancien collaborateur d'Yves Klein, Philippe Arrii-Blachette, une centaine de musiciens et de choristes de divers conservatoires de la Ville de Paris interprète cette symphonie d'une durée de 20 minutes (10 minutes de son, 10 minutes de silence).

Cette symphonie sur une seule et unique note suivi d'un silence (1947-1961) accompagnait les performances picturales publiques d'Yves Klein. Avec ce travail, Klein rejoint les préoccupations de compositeurs comme John Cage ou La Monte

Young. L'artiste s'intéressait à la force méditative du silence, le voulait saisissant.


ACTIVITÉS PÉDAGOGIQUES

POUR LE JEUNE PUBLIC

Parcours sonore pour enfants dans l'espace de l'exposition

Pour la première fois au Centre Pompidou, un dispositif sonore adapté aux enfants de moins de 6 ans (ne maîtrisant pas encore la lecture) sera intégré dans l'espace de l'exposition afin de leur permettre de découvrir librement l'exposition.

" Ateliers du mercredi " pour les 6 - 10 ans

Cycle vidéo et arts plastiques

les mercredis 6, 13 et 20 décembre 2006 de 14h30 à 16h30

Cycle de trois séances : 30 euros

" Couleurs en mouvement ".

Des images qui bougent, des rythmes qui changent, des couleurs qui s'entrecroisent, des corps ou des objets en mouvement, autant de moyens pour s'amuser à construire des séquences sur le thème du monochrome à partir de la vidéo et d'outils plastiques traditionnels.

Programme des ateliers : www.centrepompidou.fr/enfants  

Réservations : 01 44 78 49 13


"Des monochromes pour rêver" - Ateliers scolaires

Cycles de séances (un atelier / une visite) autour de Yves Klein.


Les Dimanches en famille : " Ateliers Yves Klein "

2 dimanches par mois de 14h30 à 16h

9 euros pour un duo (enfant /accompagnant)

Deux thématiques en alternance pour s'initier en atelier à l'oeuvre de Yves Klein.

Tantôt, on imprègne des matériaux, on assemble, on crée des parcours dans la couleur, tantôt on fabrique des empreintes, on se transforme en "pinceaux vivants " le long de grands lais de papier. Un moment convivial à partager en famille autour de la visite de l'exposition.

"Traces et empreintes ", le 15 octobre, le 12 novembre, le 10 décembre, le 14 janvier

"Des monochromes pour rêver", le 29 octobre, le 19 novembre, le 17 décembre, le 28 janvier


POUR LE PUBLIC ADULTE

Des chercheurs à la rencontre d'Yves Klein

Les dimanches 15 et 29 octobre, 19 novembre et 3 décembre 2006, le 14 janvier 2007, à 15 h et 17h30

Des visites thématiques de l'exposition, faites par de jeunes chercheurs travaillant sur un thème en rapport avec l'œuvre d'Yves Klein, auront lieu lors des 5 "Dimanches Yves Klein ".

L'invention d'Yves Klein par l'Institut National de l'Histoire de l'Art (INHA)

Table ronde

dimanche 14 janvier 2007

Petite salle, niveau -1

Sur inscription

Lors du dernier "Dimanche Yves Klein ", une table ronde portant sur les recherches universitaires en cours autour de l'œuvre d'Yves Klein sera ouverte au public.

Cette table ronde tentera de réfléchir sur la relation entre l'artiste et la critique d'un point de vue à la fois théorique et historique

Visites commentées

les samedis à 15h30

Visites commentées de l'exposition par un conférencier du Centre Pompidou, plasticien, historien de l'art ou architecte, privilégiant l'approche sensible d'une sélection d'oeuvres et éclairant les thématiques de l'accrochage.


Face aux oeuvres

13 et 16 novembre : Art comme attitude

20 et 23 novembre : Fin du tableau


Programme cinéma

Le dimanche 15 octobre à 16h, cinéma 1

Le dimanche 29 octobre à 14h, cinéma 1

Les dimanches 19 novembre et 3 décembre, à 14h, cinéma 2

Lors des "Dimanches Yves Klein ", une séance de cinéma est dédiée à l'artiste.

Il s'agit soit de films documentaires, soit de films expérimentaux inspirés des performances de Yves Klein, notamment son travail avec le corps des modèles.


Yves Klein et rituels de parcours urbains, suivis de la symphonie monoton à l'église Saint Merri.

Les 15 et 29 octobre, 19 novembre et 3 décembre 2006 et le 14 janvier 2007, de 13h30 à 19h

Sur inscription

Chacun des 5 dimanches spécialement consacrés à Yves Klein se déroulera une promenade parisienne. En empruntant les pas de l'artiste et ceux de ses amis nouveaux réalistes, on voudrait évoquer, voire parfois rejouer, certaines de leurs actions symboliques qui se nourrissent des mythologies et des objets urbains.


Visites pour des handicapés individuels

Aveugles et malvoyants

21 octobre et 9 décembre 2006

Sur inscription : 01 44 78 49 54

Sourds, malentendants, déficients mentaux

18 novembre 2006 et 13 janvier 2007

Sur inscription :

Télécopie 01 44 78 16 73 / mél : nfournier@centrepompidou.fr  



REPÈRES CHRONOLOGIQUES

28 avril 1928

Yves Klein naît à Nice. Son père, Frédéric Klein, dit Fred, hollandais d'origine indonésienne (Bandung 1898-1990), est un peintre figuratif. Sa mère, née Marie Raymond (Colle-sur-Loup 1908 -Paris 1989), est alors une étudiante aux Beaux-arts et s'affirmera plus tard comme peintre abstrait.

1928-1939

En suivant les déplacements de ses parents, Yves vit son enfance entre Cagnes-sur-Mer (dans une vielle maison, la Goulette, achetée par le père), Paris et ses banlieues (Fontenay-aux-Roses, Montrouge) et Nice où la famille est accueillie, dans des périodes de détresse, chez les parents de Marie. À Nice, Yves habite aussi, à maintes reprises, chez sa tante Rose Raymond Gasperini. L'affection de celle-ci ainsi que ses attentions et son aide matériel, le soutiendront le long de sa vie.

1939-1943

Les Klein sont surpris par la guerre à Cagnes-sur-Mer. La famille rentre à Paris en juin 1943.

1944

Yves entre à l'Ecole du génie civil à Paris, afin d'intégrer, après l'obtention du diplôme de baccalauréat, l'Ecole de la marine marchande.

1945-1949

Marie Raymond expose au Salon des Surindépendants, Paris, (1945, 1946), à la galerie Denise Renée, Paris. En 1949, elle obtient le Prix Kandinsky. À partir de septembre 1946 et jusqu'à 1954, elle tient des réunions hebdomadaires à son domicile tous les lundis. Y sont conviés représentants du monde de l'art et des lettres français et étrangers, peintres abstraits lyriques et géométriques. Parmi les participants, Charles Estiennes, Hans Hartung, Jacques Villon sont les plus assidus.

Yves fréquente ponctuellement ces soirées, tout en se tenant en retrait.

1946

En juin, Yves échoue au baccalauréat et, ne pouvant pas participer au concours d'entrée à l'Ecole de la marine marchande, met fin à son parcours.

D'après ses souvenirs, cette année, sur la plage de Nice, Yves signe son " nom de l'autre côté du ciel durant un fantastique voyage réalistico-imaginaire ".

1947-1948

En août (DR septembre) 1947, à Nice, Yves s'inscrit au club de judo du quartier général de la Police. Il y rencontre Armand

Fernandez (par la suite Arman) et Claude Pascal, avec lesquels il partagera une grande amitié.

Fin-1947 - début 1948, Yves découvre l'ouvrage La Cosmogonie des Rose-Croix de Max Heindel.

1949

Yves conçoit l'idée d'une "symphonie monoton-silence", composition à un seul ton, suivie par un long silence. La partition de la première version est écrite par Louis Saguer.

En novembre, il part en Angleterre avec Claude Pascal, afin d'améliorer son anglais. À Londres, il travaille chez un ami de son père, l'encadreur Robert Savage, où il pratique la dorure à la feuille. Il poursuit l'entrainement de judo et ses études sur la doctrine Rose-Croix.

Fin 1949-début 1950

Yves réalise ses premiers monochromes, au pastel et à la gouache, sur papier ou sur carton, et les expose dans sa chambre, à Londres, pour ses amis.

1951

Le 4 février, il s'installe à Madrid où il continue à pratiquer le judo.

À la recherche de travail, il donne des cours de français et, en avril, enseigne le judo dans deux clubs différents. Il devient très proche de Ferdinando Franco de Sarabia, directeur de l'un des clubs et fils d'un éditeur.

Le 30 août, Yves devient ceinture marron de judo.

En octobre, il s'installe à Paris, chez ses parents, au 116, rue d'Assas, puis dans un studio au 108 bis, rue de Rennes.

1952

Le 22 août, il s'embarque sur La Marseillaise pour le Japon où il passera quinze mois.

Le 9 octobre, il s'inscrit au prestigieux institut de judo Kôdôkan de Tokyo, où il doit recommencer son entrainement à partir de la ceinture blanche. Il donne des leçons de français.

1953

En janvier, Yves devient ceinture noire premier dan.

Avec Harold Sharp, un ami Américain, il réalise des films documentaires sur le judo, montrant des mouvements effectués par des grands maîtres japonais. Sharp prend aussi de nombreuses prises de vue de Klein en train de réaliser des Katas, en préparation du livre qu'Yves envisage de publier sur le judo.

En décembre, il obtient par le Kôdôkan le quatrième dan de judo.

Fin décembre, il retourne en France.

1954

Le 19 février, la Fédération française de judo refuse d'homologuer son diplôme japonais.

En mai, sur invitation de Fernando Franco de Sarabia, Yves s'installe à Madrid. Claude Pascal part avec lui. Yves devient conseiller technique de la Fédération espagnole de Judo. Dans sa salle de judo, il accroche des peintures monochromes.

En automne, il publie Yves, peintures et Haguenault, peintures, imprimés par Fernando Franco de Sarabia. En novembre, il rentre à Paris.

En décembre, il publie Les Fondements du judo, éditions Bernard Grasset. Ses films sur le judo, tournés au Japon, sont vendus dans une bobine en complément du livre.

1955

Le 23 février, il est recruté comme enseignant de judo à l'American Students and Artists Center. Il maintiendra cette activité jusqu'en 1959.

Le 1er juillet, le comité d'organisation du Salon des réalités nouvelles, consacré à l'art abstrait, refuse de présenter son monochrome Expression du monde de la couleur mine orange.

Fin septembre, Yves ouvre une école de judo à Paris, 104 boulevard de Clichy, avec l'aide financière de sa mère et de sa tante.

Il y accroche des grands monochromes.

Le 15 octobre, ouverture de la première exposition personnelle "Yves peintures", au Club des Solitaires, dans les salons privés des éditions Lacoste, à Paris, proposant des monochromes de couleurs différentes...

Peu de temps après, il fait la connaissance de Pierre Restany qui a visité sa première exposition.

1956

Du 21 février au 7 mars, "Yves, propositions monochrome"s, galerie Colette Allendy, au 67 rue de l'Assomption, à Paris.

Pierre Restany rédige le texte de présentation, La minute de vérité, publié dans le carton d'invitation. L'exposition présente des tableaux monochromes de couleurs différentes.

Yves rencontre dans la galerie Marcel Barillon de Murat, chevalier de l'ordre des Archers de Saint-Sébastien, qui lui propose d'adhérer à l'ordre. Le 11 mars, dans l'église Saint-Nicolas-des-Champs à Paris, Yves est adoubé chevalier de l'ordre. Il choisit comme devise : " Pour la couleur, contre la ligne et le dessin ! "

En mai, le magazine Science et Vie consacre un article au judo (Jean Vincent " Le judo français à 21 ans ") évoquant l'activité sportive d'Yves. En couverture une image d'Yves s'entraînant au judo.

En été, Yves doit fermer son école de judo pour des raisons financières.

Au cours de l'année, il met au point l'IKB (International Klein Blue).

1957

Du 2 au 12 janvier, "Yves Klein, Proposte monocrome, Epoca Blu", Galleria Apollinaire, via Brera à Milan (onze monochromes bleus de même format accrochés dans une salle à environ 20 cm du mur. Yves rencontre Lucio Fontana et Piero Manzoni, lequel visite plusieurs fois son exposition.

En mai, Yves présente deux expositions conjointes à Paris. Le carton d'invitation en commun contient un texte de Restany et est affranchi avec un timbre postal bleu. Du 10 au 25 mai, "Yves le monochrome, époque bleue", galerie Iris Clert, Paris.

Le jour du vernissage lâcher de 1001 ballons bleus place Saint-Germain-des-Prés (action nommée plus tard Sculpture aérostatique). Du 14 au 23 mai "Pigment pur (ou Yves Klein, Propositions monochromes AS)", galerie Colette Allendy, Paris : à l'étage supérieur le premier " immatériel": une salle vide présentée sous le titre " surfaces et blocs de sensibilité picturale, intentions picturales ". Le jour du vernissage, dans le jardin a lieu la première peinture-feu.

Du 31 mai au 23 juin, "Yves, propositions monochromes", inaugure la galerie Schmela de Düsseldorf (peintures monochromes de couleurs différentes).

Du 24 juin au13 juillet, "Monochrome Propositions of Yves Klein", Gallery One, Londres

Pendant l'été, Yves rencontre à Nice Rotraut Uecker, jeune artiste allemande qui garde les enfants d'Arman et qui deviendra son assistante, puis son épouse.

Du 12 au 30 octobre, Arte Nucleare 1957, Galleria San Fedele, Milan (autres artistes : Baj, Bemporad, Bertini, Dangelo, Jorn, Manzoni, Arnaldo Pomodoro, Gio Pomodoro, Rossello, Sordini, Vandercam, Verga).

En novembre, Yves se rend à Gelsenkirchen pour exposer à Werner Ruhnau sa technique pour les reliefs-éponges.

Le 15 décembre, nouveau séjour d'Yves à Gelsenkirchen à l'occasion de l'exposition des plans et des maquettes proposées pour le concours du nouveau théatre: "Bildende Kunst am Neubau des Theaters der Stadt Gelsenkirchen. Ergebnis eines Wettbewerbs ".

1958

Le 21 janvier, Yves signe le contrat pour le décor du nouveau théâtre de Gelsenkirchen. Il fait partie de l'équipe internationale lauréate du concours, constituée aussi par les Allemands Norbert Kricke et Paul Dierkes et par l'Anglais Robert Adam.

Parution du numéro 1 de la revue allemande Zero, avec un article de Klein "Ma position dans le combat de la ligne et de la couleur " (Paris, le 16 avril 1958) publié en allemand (" Meine Stellung im Kampf zwischen Linie und Farbe ").

Début avril, il voyage en Italie. À Assise, il admire le bleu des fresques de Giotto qu'il désigne comme son prédécesseur.

Le 26 avril, à 23 h, en présence d'Yves et d'Iris Clert, l'EDF (Electricité de France) fait un essai d'illumination en bleu de l'Obélisque de la place de la Concorde, en préparation de la séance programmée pour la soirée du 28 avril.

Du 28 avril au 12 mai, "La Spécialisation de la sensibilité à l'état matière première en sensibilité picturale stabilisée", galerie Iris Clert, Paris, ensuite dénommée l'"exposition du Vide ". Carton d'invitation avec texte de Pierre Restany et enveloppe avec timbre poste bleu. Le soir du vernissage, l'éclairage de l'obélisque de la place de la Concorde est interdit par le Préfet.

D'après Yves, le 28 avril, jour de son trentième anniversaire, sa mère lui offre L'Air et les songes de Gaston Bachelard (1943)

Le 20 mai, il écrit au président des Etats-Unis Eisenhower une lettre intitulée The Blue Revolution.

Le 5 juin, au cours d'une soirée, Yves présente pour la première fois l'exécution d'une oeuvre avec un "pinceau vivant " (le terme "Anthropométrie " sera utilisé à partir de février 1960 par Pierre Restany). L'événement a lieu au 9, rue Le

Regrattier, en l'Ile Saint-Louis, Paris, dans l'appartement de son ami Robert Godet, président de la Fédération internationale de judo, éditeur et collectionneur d'art contemporain.

Il s'installe 14, rue Campagne-Première, à Montparnasse, Paris.

En septembre, voyage avec tante Rose en Italie. Il se rend pour la première fois à Cascia où il dépose un monochrome IKB au sanctuaire de sainte Rita en remerciement de la commande pour Gelsenkirchen.

En octobre, il commence à travailler sur le chantier de Gelsenkirchen où il réalise ses premiers " reliefs-éponges ".

Le 17 novembre, ouverture de l'exposition Yves Klein et Jean Tinguely, "Vitesse pure et stabilité monochrome", galerie Iris Clert, Paris. Les deux artistes y présentent des oeuvres réalisées en collaboration : des disques bleus tournant à haute vitesse.

1959

Entre janvier et mai, Yves travaille au chantier de Gelsenkirchen. Il conçoit avec Werner Ruhnau l'idée d'une "architecture de l'air ".

Du 21 mars au 3 mai, " Vision in Motion-Motion in Vision ", Hessenhuis à Anvers (commissaires de l'exposition : Paul Bury,

Daniel Spoerri, Jean Tinguely, Paul van Hoeydonck. Autres artistes : Breer, Bury, Mack, Mari, Munari, Uecker, Piene, Rot, Soto, Spoerri, Tinguely, Van Hoeydonck). Le jour du vernissage, Yves prononce, dans l'emplacement qui lui est reservé, une phrase (de / d'après) Bachelard " D'abord il n'y a rien, ensuite il y a un rien profond, puis une profondeur bleue " et propose une zone de sensibilité picturale immatérielle dont il établit le prix à un kilo d'or pur.

Le 14 avril, Yves dépose à l'INPI (Institut national de la propriété industrielle) des projets pour le toit d'air, pour le jet d'eau et de feu et pour le tube lévitant (enveloppes Soleau).

Le 21 mai, il fait son deuxième pélerinage à Cascia.

Le 3 juin, Yves donne une conférence à la Sorbonne, salle Turgot, sur "L'évolution de l'art vers l'immatériel ", suivie quelques jours après d'une communication de Werner Ruhnau intitulée " Le développement des arts plastiques et de l'architecture vers l'immatérialisation. " ["Die Entwicklung von bildender Kunst und Architektur zur Immaterialisierung"] L'initiative est organisée par l'Ambassade d'Allemagne en collaboration avec Iris Clert.

Le 18 novembre, première cession d'une Zone de sensibilité picturale immatérielle à Peppino Palazzoli, directeur de la Galleria Blu, Milan.

En décembre Iris Clert fait imprimer les reçus pour la cession des zones de sensibilité picturale immatérielle, dont Yves a réalisé le dessin.

Le 7 décembre, cession d'une Zone de sensibilité picturale immatérielle à Jacques Kugel et d'une autre à Paride Accetti.

Le 8 décembre, cession d'une zone à Alain Lemée.

Le 15 décembre, Yves assiste à l'inauguration du nouveau théâtre de Gelsenkirchen.

En décembre, il publie Le Dépassement de la problématique de l'art, Editions de Montbliard, La Louvière.

1960

Le 12 janvier, Yves s'entraine pour le " saut dans le vide " par une fenêtre de la maison de Colette Allendy, 67 rue de l'Assomption, Paris. Réalisation de premiers monogolds

Du 29 janvier au 21 mars, "Antagonismes", Musée des Arts Décoratifs, Paris (organisateurs : Julien Alvard et François Mathey). Y figurent un Monogold frémissant et deux Zones de sensibilité picturale immatérielle.

Le 2 mars, Yves dépose à l'INPE un brevet d'invention pour le procédé des pinceaux vivants, sous le titre : " Procédé de décoration ou d'intégration architecturale et produits obtenus par application dudit procédé ".

Le 9 mars, Yves réalise la performance Anthropométries de l'époque bleue, devant un public choisi réuni à la Galerie

Internationale d'art contemporain, 253, rue Saint-Honoré à Paris (directeur : le comte Maurice d'Arquian). Sous indication d'Yves, trois modèles nues réalisent des empreintes de leurs corps au son de la Symphonie monoton, deuxième version dirigée par l'artiste.

Du 18 mars au 8 mai, "Monochrome Malerei", Städtisches Museum, Leverkusen. Y figurent un Monochrome bleu, un Relief éponge bleu, un Monogold frémissant et une Zone de sensibilité picturale immatérielle.

En mars, Yves réalise ses premières Cosmogonies en se rendant à Nice et à Cagnes-sur-Mer.

En mai, exposition "Les Nouveaux Réalistes", Galleria Apollinaire, Milan. Y participent : Arman, Dufrêne, Hains, Klein, Tinguely et Villeglé.

Le 19 mai, Yves dépose à l'INPI la formule de l'International Klein Blue (IKB) et le projet du Rocket pneumatique (enveloppes Soleau). Il fonde avec Restany, Mirouze, Pascal et Arman l'International Klein Bureau qui permet à chaque membre de réaliser et de signer de son nom des monochromes IKB.

Du 11 octobre au 13 novembre, "Yves Klein le Monochrome", à la galerie Rive Droite, Paris, dirigée par Jean Larcade.

Première présentation de la trilogie de couleurs : bleu, or et rose.

Le 19 octobre, Yves se lance dans le vide, 3 rue Gentil-Bernard à Fontenay-aux-Roses. Les photographes Harry Shunk et John Kender effectuent les prises de vue et le montage de la scène qui sera publiée le 27 novembre suivant dans le journal Dimanche. Cette entreprise marque la fin de son activité de judoka.

Le 27 octobre, fondation du groupe des Nouveaux Réalistes, au domicile d'Yves, 14 rue Campagne-Première, à Paris.

La Déclaration constitutive du groupe des Nouveaux Réalistes, rédigée par Pierre Restany, est signée par Arman, Dufrene, Hains, Klein, Raysse, Restany, Spoerri, Tinguely et Villeglé. César et Rotella, invités, sont absents. Au groupe se joignent plus tard Niki de Saint-Phalle, Gérard Deschamps et Christo.

Du 16 novembre au 15 décembre "3ème Festival d'art d'avant-garde", Parc des expositions de la Porte de Versailles à Paris (directeur Jacques Polieri). Les deux oeuvres présentées par Yves, Ci-gît l'espace et l'Anthropométrie collective des Nouveaux

Réalistes, sont endommagées par un acte de vandalisme. Dans le cadre du festival, le dimanche 27 novembre, Yves présente "une scène théâtrale gigantesque dans tout Paris " , il diffuse, dans des kiosques à journaux, Dimanche "le journal d'un seul jour " et il tient une conférence de presse à la galerie Rive Droite.

1961

Du 14 janvier au 26 février, "Yves Klein : Monochrome und Feuer", Museum Haus Lange, Krefeld. La rétrospective est réalisée, en étroite collaboration, par Yves et Paul Wember, directeur du musée, Le dernier jour de l'exposition, Yves réalise, devant un public restreint, ses premières Peintures de feu.

Le 20 février, un tournage d'une séance d'anthropométrie est réalisée dans l'atelier du photographe Charles Wilp, à Düsseldorf, pour une émission de la BBC, " The Heartbeat of France ".

En mars, séances de Peintures de feu au Centre d'essais du Gaz de France, à La Plaine-Saint-Denis, près de Paris.

Le 26 mars, Yves et Rotraut Uecker arrivent à New York. Ils s'installent au Chelsea Hotel. Du 11 au 29 avril, "Yves Klein le Monochrome", Leo Castelli Gallery, New York Yves rédige le texte Attendu que... (connu sous le titre " Manifeste du Chelsea Hotel ", avec la collaboration de Neil Levine et John Archambault Yves et Rotraut Uecker se rendent à Los Angeles, sur l'invitation de Virginia Dwan.

Du 29 mai au 24 juin "Yves Klein le Monochrome", Dwan Gallery, Los Angeles

Fin juin, Yves et Rotraut rentrent en France.

Le 5 juillet, la publication de Zero 3, Düsseldorf, donne lieu à la manifestation "Zero. Edition Exposition Demonstration" à la Galerie Schmela de Düsseldorf (à laquelle participent, entre autres : Arman, Aubertin, Bury, Klein, Mack, Piene, Soto, Spoerri, Tinguely, Uecker). Dans la revue parait l'article de Klein " Le vrai devient réalité ", en allemand, en français et en anglais.

Le 12 juillet, il signe le contrat pour le film Mondo Cane de Gualtiero Jacopetti. Le 17-18 juillet, le cameraman Paolo Cavara filme des séquences d'"anthropométries", à la Galerie Rive Droite, pour la préparation du film.

Le 18-19 juillet, Yves réalise des tableaux de feu au Centre d'essais de Gaz de France. Le 19, le directeur interdit la séance en raison de la présence de modèles nues pour les feux couleurs.

Le 8 octobre, Yves, Martial Raysse et Raymond Hains déclarent dissout le groupe des Nouveaux réalistes.

En novembre, Yves accomplit son troisième et dernier pèlerinage à Cascia, en compagnie de Rotraut. Il offre en ex-voto une boîte en plexiglas contenant des pigments bleu et rose, des feuilles et des lingots d'or et une prière manuscrite (œuvre découverte en 1979 par un peintre et authentifiée par Restany en 1981).

Le 1er novembre, le contrat d'exclusivité avec Larcade, galerie Rive Droite, devient effectif.

Le 21 novembre, "Yves Klein le Monochrome : il Nuovo Realismo del Colore", Galerie Apollinaire, Milan. Première présentation des reliefs planétaires).

Yves élabore avec Claude Parent un projet de fontaines d'eau et de feu pour les fontaines de Varsovie du Trocadéro, à Paris.

1962

Le dimanche 21 janvier, mariage d'Yves et Rotraut en l'église Saint-Nicolas-des-Champs, à Paris. La mise en scène, organisée par Yves dans tous les détails, comporte la présence de chevaliers de l'ordre de Saint Sébastien en grande tenue et la diffusion de la Symphonie monoton-silence. Après celle-ci, une réception a lieu à La Coupole, suivie d'une soirée dans l'atelier de Larry Rivers (impasse Ronsin).

Le 26 janvier, cession d'une Zone de sensibilité picturale immatérielle à Dino Buzzati, à Paris.

En février, Yves prépare des moulages d'Arman, de Martial Raysse et de Claude Pascal pour réaliser des Portraits reliefs. Seul celui d'Arman sera achevé.

Le 4 février, cession d'une zone de sensibilité picturale immatérielle à Claude Pascal. Le 10 février, une autre cession d'une zone à Michael Blankfort, à Paris.

Le 1er mars ou 19, il réalise le Store-poème, avec Arman, Claude Pascal et Pierre Restany (oeuvre réunissant des Allures d'objets d'Arman, des Anthropométries de Klein, un poème en prose de Claude Pascal et un texte de Restany).

Le 7 mars ouverture d' "Antagonismes 2, l'objet", Musée des Arts décoratifs, Paris. Yves présente le Store-poème, le Rocket pneumatique et deux panneaux sur l'architecture de l'air avec un texte de présentation de Restany au titre " Les conceptions Yves Klein, Dessins de Claude Parent, Technique Tallon / technes ".

Le 30 mars, Yves se fait photographier par Harry Shunk allongé en dessous de Ci-gît l'espace.

Le 11-12 mai, Yves se rend au Festival de Cannes. Le 12 mai, il assiste à la première représentation de Mondo Cane de Gualtiero Jacopetti. Le détournement dérisoire de son travail dans le film le blesse profondément. La scène qui lui était consacrée avait été coupée, le montage arrangé, la bande sonore de la symphonie monoton-silence remplacée par une chanson populaire.

Le soir, Yves a une première crise cardiaque.

Le 6 juin, à 18 heures, Yves meurt d'une crise cardiaque, à son domicile, 14 rue Campagne-Première.

Le 6 août, naissance à Nice d'Yves, fils de l'artiste.


 





 

le 25 septembre 2006 à 17:15
Alertez-nous
    alertez-nous

    Témoin d'un événement ?

    Alertez la rédaction !

    Envoyez une alerte

    logAudience