SCOOP

le 16 octobre 2006 à 17h27 , mis à jour le 08 novembre 2006 à 10h02

Un film écrit et réalisé par WOODY ALLEN avec HUGH JACKMAN et SCARLETT JOHANSSON, sortie le 1er novembre

Scoop, un film de Woody Allen-Partenariat LCIScoop, écrit et réalisé par Woody Allen, sortie le 1er novembre

SCOOP

Avec

WOODY ALLEN


HUGH JACKMAN


SCARLETT JOHANSSON


IAN McSHANE

SORTIE LE 1er NOVEMBRE 2006 


DURÉE : 1H36

Un film écrit et réalisé par Woody Allen



SYNOPSIS

L'enquête du célèbre journaliste d'investigation Joe Strombel, consacrée au "Tueur au Tarot" de Londres, tourne court quand il meurt de façon aussi soudaine qu'inexplicable. Mais rien, pas même la mort, ne peut arrêter Joe.

A peine arrivé au purgatoire, il décide de transmettre ses toutes dernières informations à la plus charmante des étudiantes en journalisme : Sondra Pransky.

De passage à Londres, Sondra entend le fantôme de Joe s'adresser à elle durant un numéro de magie de l'Américain Splendini, alias Sid Waterman. Bouleversée et folle de joie à l'idée d'avoir déniché le scoop du siècle, l'effervescente créature se lance avec Sid dans une enquête échevelée, qui les mène droit au fringant aristo c ra te et politicien Peter Lyman. Une idylle se noue en dépit de troublants indices semblant désigner le beau Peter comme le "Tueur au Tarot".

Le scoop de Sondra lui sera-t-il fatal ?


ENTRETIEN 
Woody Allen

Woody Allen et Scarlett Johansson-Scoop-Partenariat LCI

On sait que vous aimez mener de front plusieurs projets. Comment cela s'est-il passé avec SCOOP ?

Après MATCH POINT, Scarlett Johansson et moi avions envie de refaire un film ensemble. SCOOP était une idée que j'avais en réserve et qui nous convenait. J'ai donc pensé que c'était une bonne occasion de le faire.

Quel a été le moteur de l'écriture : le côté énigme, l'histoire d'amour, le personnage de cette jeune journaliste tenace que joue Scarlett ?

Au départ, il s'agissait d'un reporter, si obstiné, si déterminé, qu'il revient de l'au-delà pour boucler une enquête. Je voyais cela comme un hommage aux grands journalistes d'investigation.

Vous avez ensuite fait de ce personnage une jeune étudiante en journalisme.

À l'origine, c'était un homme, l'idée première m'était venue avant de connaître Scarlett. Mais en rédigeant le script, il m'a semblé que ce rôle lui était destiné.

SCOOP est le deuxième film que vous tournez à Londres, et un troisième est en post production. Seriez-vous tombé amoureux de cette ville, à l'inverse du personnage que vous jouez ici ?

C'est une ville qui a beaucoup d'attraits pour un cinéaste. J'aime énormément tourner à New York, mais Londres est une ville accueillante. La météo est idéale, les conditions financières et artistiques sont bonnes. C'est très plaisant d'y travailler.

Avez-vous des extérieurs favoris à Londres, comme vous pouvez en avoir à New York ?

Je ne connais pas encore assez bien Londres, et j'ai plaisir à l'ex p lorer, à parcourir ses rues. C'est une très jolie ville. On obtient facilement les autorisations de tournage, et si vous ajoutez la beauté de ses ciels couverts, diffusant une belle lumière douce...

Tout cela est très tentant pour un cinéaste.

Après MATCH POINT, SCOOP vous a permis d'explorer encore d'autres facettes de Londres.

Étant citadin dans l'âme, je suis séduit, comme tout le monde ici, par l'abondance des parcs et jardins, par ces belles maisons blanches, par la campagne environnante et ces superbes résidences où il fait si bon tourner.

Vous avez refait équipe avec le directeur photo de MATCH POINT, Remi Adefarasin.

Je le connaissais seulement de réputation avant MATCH POINT.

Les gens m'assuraient que j'aurais plaisir à tourner avec lui, et que c'était quelqu'un de remarquable. J'ai rencontré un homme très affable avec qui j'ai eu effectivement beaucoup de plaisir à travailler.

Je l'ai donc invité sur SCOOP, et j'ai été ravi qu'il soit disponible. En revanche pour le troisième film tourné à Londres, il avait déjà des engagements. J'ai donc fait appel à Vilmos Szigmond avec qui j'ai déjà travaillé sur MÉLINDA ET MÉLINDA Woody Allen

À travers le personnage de Sid Waterman - alias Splendini - vous renouez avec un thème qui vous tient à coeur : la magie

C'est vrai, la magie m'a captivé dès l'enfance et je continue à apprécier. Je trouve toujours fascinant et très amusant tous ces attirails qui donnent aux numéros de magie une teinte exotique : coffres laqués " cheap " à souhait, foulards de soie multico lores, épées, anneaux d'argent...

Et la tenue de magicien ?

Aussi, encore que je me sois autorisé certaines fantaisies.

Parlons de Sid et de son évolution dans ce film. Il m'a rappelé certains personnages de vos films ou de vos nouvelles qui connaissent un changement soudain et radical dans leur vie.

C'est un ressort classique du film à suspense, comique ou dramatique, qui consiste à projeter un quidam dans une histoire insensée à laquelle il est totalement étranger. Ce n'est évidemment jamais sans raison qu'on implique un innocent dans ce genre d'embrouille. Dans SCOOP, Sid se laisse convaincre par Sondra parce que c'est une fille adorable et pleine d'énergie. Il commence par s'intéresser à son histoire, décide de l'aider, mais finit par être quelque peu dépassé par les événements.

Dans les dernières scènes, on a l'impression qu'il se fait une obligation d'aller jusqu'au bout rien que pour elle. 

Il l'aime bien. Son bon sens lui suggère ne pas se mêler de cette affaire qui ne peut que lui attirer des ennuis, mais Sondra est originaire de son pays, de son quartier, et c'est quelqu'un avec qui il peut aisément sympathiser. Il va donc de l'avant, grisé par l'enthousiasme communicatif de cette fille obstinée, tombée amoureuse de l'objet même de sa quête.

Vos derniers films mettent en vedette de jeunes protagonistes. Dans SCOOP, Sid et le fantôme de Joe Strombel se montrent très protecteurs, voire paternels, à l'égard de Sondra. Est-ce un virage conscient dans votre manière de raconter une histoire ?

C'est une évolution naturelle. J'ai tenu pendant des années la vedette de mes films. L'âge venant, j'ai passé le relais à d'autres, plus jeunes - surtout lorsqu'il s'agissait de rôles à connotation romantique.

Le personnage de Lyman et l'interprétation qu'en donne Hugh Jackman auraient-ils été inspirés par Cary Grant ? Je pense spécialement à SOUPÇONS d'Alfred Hitchcock...

Non, je crois que cela fait partie de la personnalité de Hugh. Il est tellement élégant et aimable, il bouge avec tant de grâce que certaines comparaisons sont inévitables. On les avait déjà faites il y a quelques années, à propos de Hugh Grant.

Aviez-vous vu Hugh Jackman à la scène dans "The Boy from Oz" ?

Non, en fait je ne connaissais aucun de ses films, je ne savais pas à quoi il ressemblait, mais j'avais entendu des propos très flatteurs à son sujet. Il est venu nous voir en coup de vent, et j'ai découvert ce bel homme, suave, charmant, plein d'humour.

Je lui ai tout de suite offert le rôle. C'est une chance qu'il ait été libre. Je ne connaissais pas davantage Ian McShane dont je n'avais vu ni la série "Deadwood" ni les films précédents. C'est ma directrice de casting, Juliet Taylor, qui m'a mis sur sa piste, et il s'est passé une fois encore ce qui arrive si souvent avec Juliet : la découverte d'un acteur ou d'une actrice dont j'ignorais tout, et qui se révèle dès la première minute un choix idéal.

Dans MATCH POINT, vous aviez révélé une dimension dramatique insoupçonnée chez Scarlett Johansson. Ici, c'est son talent comique que vous mettez en valeur. Comment la dirigez-vous ? Quelle sorte de partenaire est-elle pour vous ?

Elle me procure une joie sans partage. C'est simple : elle a tout. Elle est belle et intelligente, drôle, sexy, gentille, coopérative et aussi douée pour le drame que pour la comédie. J'ai l'impression d'avoir touché le jackpot ! Au fil des ans, j'ai travaillé avec certaines personnes - Diane Keaton, notamment - qui avaient tous les talents. Scarlett en fait partie. Elle irradie le plateau par sa seule présence, elle déborde d'énergie et répand autour d'elle une ambiance totalement positive. C'est un plaisir de travailler avec elle. Je ne parle pas seulement pour moi, car to u te l'équipe l'adore et se réjouissait de la retrouver après MATCH POINT.

Arrive-t-elle à garder la cadence dans vos échanges ?

Mais c'est moi qui ai du mal à ne pas être distancé !

En fait, c'est une des rares personnes qui a toujours le dessus sur moi. J'ai beau inventer des répliques dévastatrices, elle a toujours le dernier mot. Moi qui me flatte d'être rapide, je ne peux que respecter et admirer quelqu'un qui me coiffe régulièrement au poteau. Je n'exagère pas. Tous ceux qui ont assisté au tournage pourront vous le confirmer.

Vous avez confié dans SCOOP des petits rôles à des comédiens britanniques aussi réputés que John Standing, Julian Glover, Fenella Woolgar...

L'Angleterre dispose grâce à son théâtre d'un vaste réservoir de ta lents. Qui plus est, ce r tains de ses interprètes shakespeariens les plus doués ne rechignent pas à tenir de petits rôles ou à s'illustrer dans un spot publicitaire. Ils n'ont aucun ego à cet égard. C'est pourquoi on voit tout au long du film ces grands comédiens pleins d'ardeur et d'enthousiasme, venus l'espace d'une journée nous faire bénéficier de leur talent.

Pour en revenir à l'aspect comédie à suspense, vous ête s - vous remémoré certains titres en écrivant SCOOP ? Bien que film soit plus léger que MATCH POINT, on y trouve un élément de mystère et de malfaisance.

J'ai pensé à ces histo i res policières, parfois comiques, mais le plus souvent sérieuses, qui me plaisaient quand j'étais plus jeune : la série L'INTROUVABLE, avec William Powell et Myrna Loy, certaines comédies avec Bob Hope, sans oublier de nombreux films d'Hitchcock.

Dans ma filmographie, un de mes films préférés est MEURTRE MYSTÉRIEUX À MANHATTAN. Dans ce registre particulier, la comédie est sans doute un peu moins efficace que le drame, mais je n'y peux rien : SCOOP est une comédie, et je souhaitais un ton léger, avec même quelques touches de bouffonnerie. C'est le genre de film que j'aime voir et tourner. Je peux seulement espérer que le public partagera ce plaisir.

Entretien Réalisé par Jason Simos.



Biographie

WOODY ALLEN

Woody Allen-Partenariat LCI

1965: WHAT'S NEW, PUSSYCAT? de Clive Donner (Quoi de neuf, Pussycat?), Scénariste, interprète

1966: WHAT'S UP TIGER LILY? de Woody Allen et Senkichi Taniguchi. (Lily la tigresse), Co-scénariste, interprète

1967: CASINO ROYALE de Val Guest, Ken Hughes, John Huston, Joseph McGrath et Robert Parrish. Interprète

1969: TAKE THE MONEY AND RUN (Prends l'oseille et tire-toi), Réalisateur, co-scénariste, interprète

1971: BANANAS, Réalisateur, co-scénariste, interprète

1972: EVERYTHING YOU ALWAYS WANTED TO KNOW ABOUT SEX, BUT WERE AFRAID TO ASK (Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander )Réalisateur, co-scénariste, interprète, PLAY IT AGAIN, SAM de Herbert Ross (Tombe les filles et tais-toi), Scénariste, interprète

1973: SLEEPER Woody et les robots, Réalisateur, co-scénariste, interprète

1975: LOVE AND DEATH (Guerre et Amour), Réalisateur, scénariste, interprète

1976: THE FRONT de Martin Ritt (Le Prête-nom), Interprète

1977: ANNIE HALL, Réalisateur, co-scénariste, interprète, Oscars : meilleur réalisateur, meilleur film, meilleur, scénario original. Cité à l'Oscar du meilleur acteur

1978: INTERIORS Intérieurs, Réalisateur, scénariste, Cité à l'Oscar du meilleur réalisateur, et du meilleur scénario original

1979: MANHATTAN, Réalisateur, co-scénariste, interprète, Cité à l'Oscar du meilleur scénario original

1980: STARDUST MEMORIES, Réalisateur, scénariste, interprète

1982: A MIDSUMMER NIGHT'S SEX COMEDY, Comédie érotique d'une nuit d'été, Réalisateur, scénariste, interprète

1983: ZELIG. Réalisateur, scénariste, interprète

1984: BROADWAY DANNY ROSE, Réalisateur, scénariste, interprète, Cité à l'Oscar du meilleur réalisateur et du meilleur scénario original

1985: THE PURPLE ROSE OF CAIRO (La Rose pourpre du Caire), Réalisateur, scénariste, Cité à l'Oscar du meilleur scénario original

1986: HANNAH AND HER SISTERS (Hannah et ses soeurs), Réalisateur, scénariste, interprète, Oscar du meilleur scénario original, Cité à l'Oscar du meilleur réalisateur et du meilleur film

1987: RADIO DAYS. Réalisateur, scénariste, Cité à l'Oscar du meilleur scénario original, SEPTEMBER. Réalisateur, scénariste

1988: ANOTHER WOMAN (Une autre femme) Réalisateur, scénariste

1989: NEW YORK STORIES, Réalisateur, scénariste, interprète de l'épisode "Oedipus Wrecks". "Le Complot d'oedipe", CRIMES AND MISDEMEANORS. Crimes et Délits, Réalisateur, scénariste, interprète, Cité à l'Oscar du meilleur réalisateur et du meilleur scénario original

1990: ALICE, Réalisateur, scénariste, Cité à l'Oscar du meilleur scénario original

1991: SCENES FROM A MALL de Paul Mazursky, Scènes de ménage dans un centre commercial, Interprète

1992: SHADOWS AND FOG (Ombres et brouillard), Réalisateur, scénariste, interprète. HUSBANDS AND WIVES (Maris et Femmes), Réalisateur, scénariste, interprète, Cité à l'Oscar du meilleur scénario original

1993: MANHATTAN MURDER MYSTERY, Meurtre mystérieux à Manhattan, Réalisateur, co-scénariste, interprète

1994: BULLETS OVER BROADWAY (Coups de feu sur Broadway), Réalisateur, co-scénariste., Cité à l'Oscar du meilleur réalisateur et du meilleur scénario original. Oscar du meilleur second rôle féminin pour Dianne Wiest. DON'T DRINK THE WATER (TV), Réalisateur, scénariste, interprète

1995: MIGHTY APHRODITE. Maudite Aphrodite, Réalisateur, scénariste, interprète, Cité à l'Oscar du meilleur scénario original, Oscar du meilleur second rôle féminin pour Mira Sorvino.THE SUNSHINE BOYS (TV). Interprète

1996: EVERYONE SAYS I LOVE YOU (Tout le monde dit "I Love You"), Réalisateur, scénariste, interprète

1997: DECONSTRUCTING HARRY (Harry dans tous ses états), Réalisateur, scénariste, interprète, Cité à l'Oscar du meilleur scénario original

1998: CELEBRITY. Réalisateur, scénariste, ANTZ. Fourmiz, Film d'animation de Eric Darnell et Tim Johnson, Interprète

1999: THE IMPOSTERS, de Stanley Tucci, Participation amicale, COMPANY MAN, de Peter Askin et Douglas McGrath, Participation amicale. SWEET AND LOWDOWN. Accords et Désaccords, Réalisateur, scénariste, Sean Penn, cité à l'Oscar du meilleur acteur, Samantha Morton, citée à l'Oscar du meilleur second rôle. PICKING UP THE PIECES d'Alfonso Arau Morceaux choisis Interprète.

2000: SMALL TIME CROOKS (Escrocs mais pas trop), Réalisateur, scénariste, interprète

2001: THE CURSE OF THE JADE SCORPION (Le Sortilège du scorpion de Jade), Réalisateur, scénariste, interprète

2002: HOLLYWOOD ENDING, Réalisateur, scénariste, interprète, Ouverture du Festival de Cannes 2002, Hors Compétition

2003: ANYTHING ELSE - LA VIE ET TOUT LE RESTE, Réalisateur, scénariste, interprète

2004: MELINDA AND MELINDA. Mélinda et Mélinda, Réalisateur, scénariste

2005: MATCH POINT. Réalisateur, scénariste, Présenté au Festival de Cannes - Hors Compétition, Cité à l'Oscar du meilleur scénario original

2006: SCOOP, Réalisateur, scénariste et interprète



ENTRETIEN

Hugh Jackman

Hugh Jackman-Scoop-Partenariat LCI

Comment décririez-vous SCOOP ?

C'est une comédie sophistiquée, spirituelle, très drôle, avec quelques moments d'une tonalité plus noire. Je suis un fervent admirateur du cinéma de Woody Allen et j'ai retrouvé dans ce script le parfum de certaines de ses anciennes comédies.

Pour résumer en deux mots : Sondra Pransky (Sca r lett Johansson) et Sid Waterman (Woody Allen) apprennent que le fringant politicien Pe ter Lyman (moi-même) pourrait être... un tueur en série. Fils de Lord et promis à un bel avenir, Lyman est un personnage brillant, distingué, qu'on aurait du mal à imaginer en serial killer. Les indices s'accumulent cependant, tandis que Sondra commence à tomber amoureuse de Peter. Et les choses se compliquent...

Mais qui est donc Peter Lyman ?

C'est le genre d'homme qu'on voit régulièrement à la “une” des tabloïds anglais, genre Hello ! ou OK !, qui raffolent de la gentry. C'est un séducteur débonnaire, issu d'une famille hautement respectable, qui s'affiche avec les to p models en vogue.

Comment Sondra le rencontre-t-elle ?

C'est le fantôme d'un journaliste qui lui a donné cette information selon lequel Peter serait un tueur. Elle y croit dur comme fer, déterminée à mener l'enquête jusqu'au bout, avec l'aide de Sid. Peter, qui vit dans un monde quelque peu fossilisé, est fasciné par cette créature effervescente, d'une beauté rayonnante et d'une franchise redoutable. Oserais-je dire que lui aussi commence à en tomber amoureux...

Votre description de Sondra m'évoque ces journalistes de l'âge d'or du cinéma, combatives, pleines de fougue et que rien n'arrêtait.

C'est un peu dans cet esprit que Scarlett la joue.

Comment Woody Allen vous a-t-il a proposé le rôle de Peter ?

Mon agent m'avait informé que la directrice de casting de Woody Allen souhaitait me voir pour leur prochain tournage londonien. Woody Allen à Londres ? Cela sonnait étrange... Petit avertissement : je ne devais pas me vexer si l'entrevue s'arrê tait au bout deux minutes. Finalement, cela a duré trois minutes, ce qui m'a paru de bon augure ! Ça s'est déroulé à peu près comme ceci : "Bon, alors, voilà, je vais tourner ce film, et je sais que vous avez sans doute des trucs plus importants à faire. Mais, à supposer que vous ayez envie de lire ce script - ce qui n'est probablement pas le cas - et à supposer que ça vous plaise, sachez que j'aimerais bien le tourner avec vous." Voilà.

Nos rapports ont tout de suite été d'une simplicité biblique, et le sont restés. Ce tournage a été l'une de mes meilleures expériences à ce jour.

Vous avez travaillé avec lui à double titre, puisqu'il joue aussi dans le film.

"Travailler avec Woody Allen" ! J'adore redire cette phrase, bien qu'il me faille encore me pincer pour y croire. Travailler avec lui, c'est formidable parce qu'il fait régner sur le plateau une ambiance incroyablement sereine. Il est d'un calme olympien, et à 15 heures pile, il vous libère et vous rentrez chez vous, comme un petit fonctionnaire ! Il ne multiplie pas les prises, ni les répétitions. J'avais, par exemple, une scène où je devais embrasser Scarlett - il fallait bien que quelqu'un se sacrifie - et Woody a bouclé cela en un clin d'oeil.

Le bon côté de la chose, c'est que j'ai pu dire honnêtement à ma femme : "Chérie, ça n'a pas duré plus de vingt secondes." Il y a quand même eu un problème, et de taille : Woody adore improviser, principalement ses propres répliques. Il vous laisse aussi broder si vous le souhaitez, ce qui est sympa. L'ennui, c'est que chaque fois qu'il improvise, c'est tordant... et différent à chaque prise.

Du coup, j'éclatais régulièrement de rire, ce qui finissait par le vexer. "Non, non, s'il vous plaît, Sid est un rustre, il n'a rien de drôle", me disait-il. Et moi de répondre : "D'accord, mais essayez donc de le rendre un peu plus sinistre, car si vous continuez comme ça, j'aurai du mal à me retenir. "C'était également merveilleux de voir Woody face à Scarlett. Ils ont une relation tout à fait unique, et je comprends qu'il ait voulu la reprendre dans la foulée de MATCH POINT. Ils sont très drôles ensemble et nous ont beaucoup fait rire sur le plateau.

Comment se passe le travail avec Scarlett ?

C'est une fille qui peut tout faire. Elle irradie l'écran, elle chante divinement, elle danse... toute l'équipe était sous le charme. C'est aussi quelqu'un de très terre à terre, de très équilibré. Je n'ai eu que du bonheur à tourner avec elle. Je viens d'ailleurs de la retrouver sur THE PRESTIGE de Chris Nolan.

Votre personnage garde une part de mystère et d'ambiguïté. Comment avez-vous abordé cela ?

S'agissant d'une comédie autant que d'une énigme policière, le spectateur n'est jamais sûr de l'innocence de Peter Lyman.

Je suis Australien, de parents anglais, et je trouve que les gens d'ici ne se laissent pas facilement approcher. Il faut un temps fou pour connaître vraiment un Anglais. C'est pourquoi j'ai voulu faire de Peter un type charmant, mais un peu réservé, ce qui renforce son caractère énigmatique et laisse planer le mystère jusqu'au bout.

Comment se déroule un tournage en Angleterre avec un réalisateur aussi foncièrement américain que Woody Allen ?

Les gens l'adorent. On a vu débarquer pour une seule journée de travail des comédiens prestigieux qui avaient tout simplement envie de travailler avec lui.

Il n'en revenait pas et était presque honteux de n'avoir à leur offrir qu'une ou deux répliques.

Par ailleurs, on ne tourne pas beaucoup de films à Londres, et encore moins de productions de cette qualité.

Tous ceux qui ont collaboré à SCOOP l'ont ressenti comme un privilège et un honneur. Pour ma part, ce tournage a été un pur bonheur. Je l'ai vécu comme une très belle exprience dont je serai éternellement reconnaissant.

Entretien réalisé par Maitland McDonagh.



LES ACTEURS

SCARLETT JOHANSSON

Sondra Pransky

Scarlett Johansson-Scoop-Partenariat LCI

Actrice professionnelle depuis l'âge de huit ans, Sca r lett Johansson est aujourd'hui l'une des comédiennes les plus cotées de sa génération, qui totalise pas moins de quatre citations au Golden Globe, pour MATCH POINT de Woody Allen, LOST IN TRANSLATION de Sofia Coppola, LA JEUNE FILLE À LA PERLE de Peter Webber et A LOVE SONG FOR BOBBY LONG de Shainee Gabel. LOST IN TRANSL ATION lui a valu en outre le British Academy Award de la meilleure actrice, le prix d'interprétation féminine du Festival de Venise et les trophées de plusieurs associations de critiques, dont la Boston Society of Film Critics.

Scarlett Johansson sera prochainement au générique du thriller de Brian De Palma LE DAHLIA NOIR (avec Hilary Swank et Josh Hartnett) et de THE PRESTIGE de Christopher Nolan (où elle retrouve ra Hugh Jackman). Elle tourne actuellement THE NANNY DIARIES sous la direction de Shari Springer Berman et Robert Pulcini.

Originaire de New York, Sca r lett Johansson a étudié au Lee Strasberg Theatre Institute. Après avoir tenu son premier rôle professionnel dans le spectacle off-Broadway Sophistry, elle remporte à douze ans le Young Star Award et une citation au Blo c k b u ster Entertainment Award dans L'HOMME QUI MURMURAIT À L'OREILLE DES CHEVAUX de Robert Redford. Sélectionnée à l'Independent Spirit Award de la meilleure actrice pour MANNY & LO de Lisa Krueger, elle compte parmi ses autres films GHOST WORLD de Terry Zwigoff (qui lui a valu le Toronto Film Critics Circle), AMERICAN RHAPSODY d'Eva Gardos, avec Nasta ssja Kinski, L'IRRÉSISTIBLE NORTH de Rob Reiner, JUSTE CAUSE d'Arne Glimcher, avec Sean Connery, THE BARBER : L'HOMME QUI N'ÉTAIT PAS LÀ des frères Coen, avec Billy Bob Thornton et Frances McDormand, et EN BONNE COMPAGNIE de Paul Weitz, avec Dennis Quaid et Topher Grace.


HUGH JACKMAN

Peter Lyman

Hugh Jackman et Scarlett Johansson-Scoop-Partenariat LCI

Né à Sydney, de parents britanniques, Hugh Jackman s'est illustré à la scène dans les spectacles musicaux Carousel (à Carnegie Hall), Oklahoma! (au National Théâtre de Londres, où il reçut une citation à l'Olivier Award), Sunset Boulevard (pour lequel il obtint le MO Award australien) et Beauty and the Beast(qui lui valut une citation à cette récompense dans le rôle de Gaston). Hugh Jackman débute au cinéma en Australie où il remporte en 1999 le titre de Star de l'Année à l'occasion de l'Australian Movie Convention.

Il compte parmi ses premières productions locales PAPERBACK HERO d'Anthony J. Bowman (1998) et ERSKINEVILLE KINGS d'Alan White (1999) (qui lui vaut le prix d'interpré tation du Film Critics Circle of Australia et une citation à l'Aust ralian Film Institute Award). Consacré par le rôle de Logan, alias Wolverine, dans les blockbusters de Bryan Singer X-MEN et X-MEN 2, Jackman a également tourné OPÉRATION ESPADON de Dominic Sena, avec John Travolta et Halle Berry, KATE & LEOPOLD de James Mangold, avec Meg Ryan, ATTRACTION ANIMALE de Tony Goldwyn, avec Ashley Judd, VAN HELSING de Stephen Sommers, et X-MEN : L'AFFRONTEMENT FINAL de Brett Ratner. Il développe actuellement divers projets de longs métrages qu'il compte produire et/ou interpréter. Hugh Jackman sera prochainement aux génériques de THE PRESTIGE de Christopher Nolan (avec Scarlett Johansson), THE FOUNTAIN de Darren Aronofsky (avec Rachel Weisz) et des dessins animés FLUSHED AWAY de David Bowers et Sam Fell et HAPPY FEET de George Miller. Il tient actuellement en Aust ralie la ve d e t te du spectacle The Boy from Oz, qui lui avait rapporté quatre prix majeurs à Broadway : Drama Desk, Drama League, Outer Critics Circle Award et Theatre World Award.


IAN McSHANE

Joe Strombel 

Né à Blackburn (Angleterre), Ian McShane se partage avec succès entre son pays natal et les États-Unis. Formé à la Royal Academy of Dramatic Art, qu'il déserta juste avant l'examen final pour faire ses débuts à l'écran dans THE WILD AND THE WILLING de Ralph Thomas, il compte parmi ses nombreux films LA BATAILLE

D'ANGLETERRE de Guy Hamilton, SALAUD de Michael Tuchner, LES INVITATIONS DANGEREUSES d'Herbert Ross, EXPOSÉ de James Toback, SEXY BEAST de Jonathan Glazer, CODY BANKS AGENT SECRET d'Harald Zwart et NINE LIVES de Rodrigo Garcia que suivront prochainement les dessins animés SHREK 3 (dans le rôle du Capitaine Crochet) et KUNG FU PA N DA (dans celui du léopard Tai Lung). Ian McShane a tourné dans des classiques du petit écran comme “Racines ”, “Jésus de Nazareth ”de Franco Zeffirelli (dans le rôle de Judas), “Disraeli ” (rôle-titre, sous la direction de Claude Whatham), “Wuthering Heights ” de Peter Sasdy (Heathcliff) et “War and Remembrance ” de Dan Curtis. Il a formé à la fin des années 1980 les Productions McShane, connues pour la série “Lovejoy”, dont il interpré ta le rôle-titre et réalisa divers épisodes, ainsi que pour le téléfilm “Soul Survivors” et la série “Madson”, dont il tenait également la vedette.

Sur scène, il a notamment joué dans Loot de Joe Orton(en création mondiale), Promise, avec Judi Dench et Ian McKellen, Les Sorcières d' Eastwick, La Ménagerie de Verreet deux spectacles qui lui ont valu le Los Angeles Drama Critics Circle Award : Trahison d'Harold Pinter et Inadmissible Evidence de John Osborne. Ian McShane tient actuellement, pour la troisième saison consécutive, le rôle vedette d'Al Swearengen dans la série "Deadwood", qui lui a valu le Golden Globe, le Television Critics Association Award, ainsi que des citations à l'Emmy et au Screen Actors Guild.



le 16 octobre 2006 à 17:27
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