Débats, au théâtre de la Madeleine à partir du 4 févrierDÉBATS 1974-1981
VALERY GISCARD D'ESTAING - FRANCOIS MITTERRAND
LUS PAR
Jean-François BALMER et Jacques WEBER
Et Vincent DEBOST dans le rôle du journaliste
UN PALINDROME de Jean Marie DUPREZ
CONCEPT Jacques WEBER
LUMIERES Philippe DUPONT
Production théâtre de la Madeleine

MITTERRAND V/S GISCARD OU LA DIALECTIQUE PAR L'OMBLIQUE
L'année 1974 offrit à la geste pugilistique et politique ses deux plus beaux combats :
Mohamed Ali V/s John Foreman, et François Mitterrand V/s Valéry Giscard d'Estaing, le choc de deux techniques, de deux styles, de deux écoles.
Et le splendide " vous n'avez pas le monopole du cœur " du futur président, n'a rien à envier au génial " Ali Boumayé " inventé par le futur champion du monde pour exhorter les foules africaines à le soutenir.
Ici, comme aux échecs, la menace est plus forte que l'exécution.
Il ne s'agit pas de convaincre, mais d'influencer. Il faut, d'emblée, se rendre maître du jeu, écrire la partition, prendre la main...
Là s'arrête la comparaison, car François Mitterrand et Valéry Giscard d'Estaing, qui demeurent à coup sûr les deux plus grands rhétoriqueurs du XXème siècle, ont décidé de nous offrir ce que seul la fiction ose, le rêve de tout scénariste, de tout producteur, de tout spectateur : 1981, sept ans plus tard, la Revanche.
Vous avez tendance un peu à reprendre le refrain d'il y a sept ans :
" L'homme du passé... ". C'est quand même ennuyeux que dans l'intervalle vous soyez devenu, vous, l'homme du passif...
C'est du Prévert, du Audiard, du Aurenche. Quel acteur ne se damnerait-il pas pour une telle réplique ?
Imaginez Le Kid de Cincinatti attendant sept ans pour redistribuer les cartes !... C'est Rocky II en vrai, revisité par Ionesco. C'est du Théâtre en direct, de celui qui construit notre Histoire.
Jacques Weber et Jean-François Balmer jouent un peu de notre histoire et c'est un peu d'histoire du théâtre qui s'écrit.
Jean Marie Duprez
Ils s'appelaient Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand.
Tous deux avaient un Labrador et une certaine idée de la France.
Avant d'accéder l'un et l'autre à la fonction suprême, deux débats restés fameux dans les annales de la télévision française les opposa, l'un en 1974, l'autre en 1981.
1974 était le premier débat du genre : théâtralisation du débat politique ? Match en direct, finale au sommet ?
A ce curieux mélange, à cette joute oratoire, il fallait un vainqueur et un vaincu.
En 1974, Mr François Mitterrand présenté par Mr Giscard d'Estaing comme l'homme du passé fut vaincu - En 1981, Mr Mitterrand présenta Mr Giscard d'Estaing comme l'homme du passif fut vainqueur. Dans l'un et l'autre cas " l'homme du passé " ne passait plus.
Simple illusion dialectique, écho irréversible de l'histoire ? La question reste posée.
Bien plus que le coup d'œil " rétroviseur " sur ces deux débats d'un autre siècle, ou que le souvenir admiratif et amusé de telle ou telle passe d'arme devenue légendaire et pittoresque, c'est bien de théâtre qu'il s'agit.
Au théâtre on joue, au cinéma on a joué, disait Jouvet.
Désormais les archives vidéo témoignent que Mr Mitterrand et Mr Giscard d'Estaing ont joué en 1974 et en 1981.
Le match en direct n'est plus. Par la relecture d'un texte, désormais écrit et non plus improvisé, par son interprétation de deux comédiens et non imitateurs, le théâtre revient au théâtre, on y joue notre temps, le temps d'un autre temps.
Pourtant c'est d'un siècle déjà lointain que deux vieux rois de la république animés de la passion de la France et de la victoire nous parlent et se livrent un combat acharné et quelque soit le sens et la science de l'effet, les effets de manche de chacun, le temps et l'histoire sont en marche, l'enjeu du spectacle et le spectacle de l'enjeu reste équilibré.
Là, où le direct était événementiel, le théâtre, ici et maintenant, redonne au texte sa dimension épique.
Au XXIème siècle, les glaces éternelles meurent, la banquise s'effondre, l'équilibre est rompu. La sur-inflation de l'image, la fabrique de l'événementiel occupent le centre du débat et bien souvent le cœur des choses.
Quand les coupes de cheveux, les tailleurs et les talonnettes ont de plus en plus leur mots à dire ; la " libre-opinion " ne tranche plus guère qu'entre la jupe et le pantalon.
Sommes-nous au bout de la dérive ?
Deux miroirs nous sont tendus, la télévision et le théâtre. Ni l'un ni l'autre n'ont " le monopole du cœur " et si le théâtre paraît souvent comme une chose du passé il est dommage que dans le même temps la télévision soit perçue comme celle du passif.
Le débat reste ouvert et dans l'un et l'autre cas le passé sera vaincu.
Y aura-t-il un vainqueur ? Dieu seul... se tait.
Jacques WEBER
REPRÉSENTATIONS
Les dimanche et lundi
Le dimanche à 18h et 21h
Le lundi à 21h
PRIX DES PLACES
20€ (hors frais de réservation, 2€ par place)
Moins de 26 ans : 10€
INFORMATIONS PRATIQUES
Théâtre de de la Madeleine, 19, rue de Surène, 75008 Paris, Métro et parking Madeleine
RÉSERVATIONS
Par téléphone : 01 42 65 07 09 (tous les jours de 11 h à 19 h, le dimanche de 11 h à 15 h)
Location fnac : 0892 68 36 22 (0.34€/mn)
Par Internet : www.theatremadeleine.com
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