Prix des lecteurs du livre d'économie 2006
Près de 5 500 votes enregistrés à la clôture du premier tour de vote en ligne, le jeudi 21 décembre, pour élire le meilleur ouvrage d'économie 2006, soit le double par rapport à l'édition précédente : un véritable succès. Sur www.senat.fr, les internautes ont choisi les trois finalistes qui concourront pour le prix des lecteurs du meilleur livre d'économie.
Avec 18,5% des votes enregistrés, Comment nous avons ruiné nos enfants, de Patrick Artus et Marie-Paule Virard, aux éditions La Découverte, arrive en tête.
En deuxième position, La pratique de la Chine, d'André Chieng (Grasset) : 15,35% des votes enregistrés. Puis Trois leçons sur la société post industrielle, de Daniel Cohen (Seuil), avec 12% des votes enregistrés. Le second tour de ce vote aura lieu du mercredi 7 février 2007 au jeudi 29 mars 2007. Les internautes voteront alors pour élire le meilleur livre d'économie 2006.
La remise du prix aura lieu le samedi 31 mars 2007, au Sénat, dans le cadre des 3ème Rendez-vous Citoyens du Sénat Economie. La plateforme technologique de vote en ligne mise en place par le Sénat a permis une parfaite accessibilité : présentation de l'ensemble des ouvrages, interviews audiovisuelles des auteurs, fiches descriptives, le vote s'effectuait en cochant une simple case.
Comment nous avons ruiné nos enfants, de Patrick Artus et Marie-Paule Virard
La Découverte
Les mouvements sociaux de 2005 et 2006 ont révélé une crise profonde : les nouvelles générations sont plongées dans un grand désarroi et leur soutien au système se délite progressivement. Les jeunes de banlieues constatent qu'ils n'ont rien à en attendre, les étudiants que leurs diplômes ne leur garantissent pas l'emploi, les trentenaires que l'ascenseur social est en panne. Tout se passe comme si la France avait sacrifié sa jeunesse pour préserver coûte que côute son " modèle social ", lequel profite essentiellement aux baby boomers. Comment en est-on arrivé là ? C'est à cette question que répondent, sans préjugés ni tabous, Patrick Artus et Marie-Paule Virard dans ce livre incisif.
Depuis les années 1970, les politiques économiques menées en France, marquées par l'obsession du court terme et les postures idéologiques, n'ont pas préparé l'avenir. D'où le noir aujourd'hui : productivité déclinante et vieillissement démographique, permanence du chômage de masse, déséquilibres structurels des systèmes de protection sociale, repli de l'industrie dans la compétition internationale, argent public consacré au financement des priorités du passé dans un contexte de déficits et d'endettement élevés...
La génération au pouvoir n'a-t-elle pas, par égoïsme et imprévoyance collective, "ruiné" l'avenir de ses enfants ? À partir d'une analyse décapante, les auteurs montrent pourquoi le statu quo n'est plus possible face aux défis actuels - en particulier le " boom " économique chinois, dont les conséquences sont trop souvent sous-estimées. Et ils proposent des pistes de réflexion susceptibles de redonner espoir aux jeunes générations. Mais qui constituent aussi une interpellation difficile à ignorer pour les responsables politiques, de quelque bord qu'ils soient.
Patrick Artus
Patrick Artus est directeur de la recherche de Ixis-CIB, professeur à l'École polytechnique et professeur associé à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne. Il est l'auteur de " La Nouvelle économie", La Découverte (2001) et de "Le Capitalisme est en train de s'autodétruire", avec Marie-Paule Virard, La Découverte (2005)
Marie-Paule Virard
Rédactrice en chef du magazine Enjeux-Les Échos, elle est l'auteur de "Le Capitalisme est en train de s'autodétruire", avec Patrick Artus, La Découverte (2005).
La pratique de la Chine
d'André Chieng - Grasset
Une tentative foncièrement nouvelle d'aborder la Chine, entre l'économie et le savoir. " Dans les séminaires de dirigeants d'entreprises que j'anime sur la Chine, quelques questions reviennent de façon inéluctable : " les Chinois sont-ils fiables ? ", " quelles sont donc leurs valeurs ? ", " auraient-ils donc une autre façon de penser et d'opérer ? ", " comment espérer alors nouer des relations d'affaires et gérer avec eux ? "
La Chine acquiert de jour en jour plus d'importance dans le monde contemporain. Néanmoins, les Occidentaux continuent d'hésiter entre deux attitudes à son égard : la séduction de l'exotisme (l' " Orient " de la sagesse) et la peur de l'envahissement (le " péril jaune "). Ils oscillent entre fascination et diabolisation.
Du moins ont-ils le sentiment qu'avec les habitants de ce si lointain, si vieux et de nouveau si puissant pays, on ne saurait se comporter tout à fait comme avec les autres habitants de la planète. En quoi sans doute ils ont raison. Mais alors comment s'y prendre ? Autrement dit, comment entrer en Chine ?
Je crois que, pour nouer des rapports, y compris d'affaires, avec les Chinois, il faut d'abord rouvrir notre pensée : non pas chercher à devenir chinois, mais comprendre que les Chinois puissent avoir d'autres façons de procéder que celles auxquelles on s'attend d'ordinaire en Europe ; et que ces procédures - à la fois d'agir et de penser, les deux sont conjoints - loin d'être incongrues, étranges ou mystérieuses, sont également intelligibles. Les Chinois peuvent avoir effectivement un autre rapport à la vérité, au discours, à l'efficacité, que celui qui s'est façonné si continûment en Occident qu'il paraît souvent désormais aux Occidentaux comme allant de soi, au point que cette "évidence" n'est plus réfléchie. Si le culturel se joint ici à l'économique, ce n'est donc pas comme un vernis ajouté au prosaïsme des affaires ; mais parce que le second ne peut se concevoir sans le premier. On ne peut dissocier gestion et réflexion : c'est ce que j'ai choisi d'appeler ici, à l'articulation des deux, la " pratique " de la Chine. "
André Chieng
Né en 1953 à Marseille de parents chinois, André Chieng a reçu une éducation chinoise en famille et française à l'école. Il est ancien élève de l'école Polytechnique. Depuis 2001, André Chieng s'est installé à Pékin, il est conseiller de la province du Hebei, membre d'honneur du Conseil chinois pour la promotion du Commerce International et viceprésident du Comité France-Chine. En 1987, il a co-écrit le livre Les Nouvelles Routes de la Soie , publié aux éditions Economica.
Trois leçons sur la société post industrielle
Daniel Cohen - Seuil
Qu'est-ce qui a changé dans le capitalisme ces trente dernières années ? Comment eston sorti de l'économie industrielle et comment décrire le nouveau monde qui s'ouvre devant nous ? C'est à ces questions que répond Daniel Cohen dans ce livre.
Mais une autre interrogation traverse ces trois leçons : comment enrayer la dynamique de dissociation qui éloigne progressivement la sphère économique et la sphère sociale ? La " société industrielle " avait apporté ses propres solutions à ce problème. La " société post-industrielle " cherche encore les siennes.
Daniel Cohen
Daniel Cohen est économiste, professeur de sciences économiques à l'École normale supérieure. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont Richesse du monde, pauvreté des Nations (Flammarion 1997, traduit en 12 langues) et plus récemment de La Mondialisation et ses ennemis (Grasset 2004).
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