Robin McKelle, le nouveau phénomène "made in USA"C'est une voix remarquable - un contralto aux inflexions soul, habité par les échos envoûtants des grands chanteurs jazz de l'après-guerre. Depuis des années, Robin McKelle s'approche chaque jour un peu plus de son rendez-vous programmé avec le succès. Après avoir partagé l'affi che avec des artistes tels que Herbie Hancock, Wayne Shorter, Terence Blanchard, Michael McDonald ou Jon Secada, la chanteuse passe aujourd'hui au premier plan avec Introducing Robin McKelle, un premier album solo qui repousse avec entrain les frontières du swing rétro. Produit par le trompettiste et arrangeur Willie Murillo (Brian Setzer Orchestra, Aimee Mann, LeAnn Rimes), Introducing Robin McKelle évoque l'esprit jazzy de l'Amérique des années 1940, tout en gardant une tonalité contemporaine en phase avec le nouveau temps de guerre que nous vivons. Parfaitement équilibré entre swing puissant et ballades n'ayant pas peur des sentiments, cet album annonce l'arrivée d'une interprète sans égal.
En effet, sur Introducing Robin McKelle, la chanteuse donne une nouvelle vie à des classiques que bien des auditeurs croyaient connaître par coeur. Elle transforme le tube enjoué des Andrew Sisters, “Bei Mir Bist Du Schoen” (1938), en accrocheuse mélodie latin- jazz, débordante de bouleversants rythmes de tango et de salsa. Avec son chant ardent aux rythmes de lindy hop et son ensorcelant break style rumba, la version énergique qu'elle donne d'un des premiers tubes de Dinah Shore “Yes, My Darling Daughter” (1940), n'est pas moins miraculeuse. La combinaison irrésistible de la voix de McKelle et des arrangements de Murillo fait mouche sur les ballades cool “Come Rain Or Come Shine” et “For All We Know”, alors que ses versions des classiques du swing comme “Something's Gotta Give” ou “Sunny Side of the Street” se démarquent par son chant assuré, des arrangements de big band explosifs et d'énergiques parties instrumentales.
“Les années quarante...” soupire McKelle, un soupçon de nostalgie bluesy dans la voix. “J'aurais dû vivre à cette époque-là, j'en suis sûre. On écoute la musique de cette époque, et on rêve à des histoires d'amour merveilleuses entre les hommes et les femmes. On imagine comment ça aurait dû être vraiment.”
Comme tout enregistrement réalisé par une vraie romantique, Introducing Robin McKelle ressemble plutôt à un disque live vintage que l'enregistrement studio qu'il est en réalité. Comme saisi sur le vif, le son riche en cuivres de cet album est un hommage à l'époque où les orchestres de jazz régnaient en maîtres sur les salons de danse et les salles de concert. D'après la chanteuse, “Notre méthode emprunte à l'ancien style, aux big bands, à l'opposé des trucs plus modernes, avec des harmonies à trois étages.
Les performances des musiciens sur ce disque m'ont vraiment permis de progresser, en me poussant à aller plus loin, comme chanteuse et comme musicienne.”
Travaillant à partir d'un répertoire qui a plus de 70 ans, McKelle et le producteur Murillo ont cherché à donner à Introducing Robin McKelle une pertinence toute moderne. A cet effet, ils ont marié techniques d'enregistrement anciennes et actuelles, tout en encourageant McKelle à parer son chant des émotions les plus intenses.
“Une jeune chanteuse de jazz n'arrive pas à comprendre les textes de l'intérieur,” dit-elle. “Il y a tellement de choses dans une chanson comme ‘For All We Know'. Il faut avoir vécu et traversé de sacrés orages si on veut chanter cette chanson et espérer toucher les gens. A vingt ans, même si on peut être amoureux, on ne peut pas encore se reposer sur l'expérience qu'on a de la vie.”
Les expériences qui ont formé Robin McKelle commencent dans sa ville natale de Rochester, dans l'état de New York. McKelle, dont le père chante à l'église, entame son parcours musical en étudiant le piano classique, avant de jouer des claviers dans un groupe de jazz au lycée. Après des études à l'Université de Miami et un diplôme de musique du prestigieux Berklee College of Music, elle part pour Los Angeles, où elle travaille comme choriste. “Après cette expérience, je me suis dit : "Maintenant je sais exactement ce que je n'ai pas envie de faire," rit-elle aujourd'hui, en se rappelant de ces tournées. “Je savais que je voulais être sur le devant de la scène.”
De retour à Boston, McKelle fonde son propre trio, puis retrouve son ancienne école, Berklee, où elle s'inscrit en classe de chant. En 2004, elle participe au prestigieux Thelonious Monk Vocal Jazz Competition à Washington, DC, où elle obtient un prix. “Cela m'a ouvert beaucoup de portes dans le monde de jazz,” dit-elle.
En effet, quelques mois à peine après sa prestation à Washington, elle est engagée par le Boston Pops Orchestra. Avec son trio, elle est invitée à New York à donner un concert privé pour le président de Blue Note Records, Bruce Lundvall. Depuis, McKelle a eu le privilège de chanter pour David Bowie, Carly Simon et Wayne Shorter lors des ‘Berklee Commencement Concerts', ainsi que pour BeBe Winans, Don Grusin et d'autres encore.
Aujourd'hui, à la sortie de ce premier album, le monde va enfi n pouvoir découvrir les nombreuses facettes de la voix de Robin McKelle, ainsi que son jazz propice aux rêveries. Comme son titre le suggère, Introducing Robin McKelle ne représente pas moins qu'un ardent désir enfin satisfait !
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