Balé de Rua au Trianon à Paris du 7 au 23 mars.| Balé de Rua Danses et percussions du Brésil Au Trianon 80, Boulevard Rochechouart - 75018 Paris (M° Anvers - Ligne 2) Du 7 au 23 mars. | Du mardi au vendredi à 20h00 Le samedi à 15h00 & 20h00 Le dimanche à 15h00 Tarifs : de 17.50 à 50 euros Location : 0892 707 507 & points de vente habituels |
Après une tournée triomphale à travers la France, Balé de Rua (ballet de la rue) revient au Trianon du 7 au 23 mars.
Issu des danses de rue nord-américaines, de la capoiera et de la samba, le langage de ses interprètes se nourrit également de leurs racines africaines et de leur quotidien, la plupart d'entre eux ayant vécu de petits métiers dans les favelas.
Sur des musiques originales composées avec Vincent Artaud et Nana Vasconcelos et certains grands airs brésiliens, les danseurs du Balé de Rua s'accompagnent eux-mêmes à grand renfort de percussions.
Doués d'une prodigieuse ingéniosité et d'une énergie communicative, ils délivrent leur message d'espoir et de joie à travers les chorégraphies de Marco Antônio Garcia.
Dans ce spectacle éponyme, crée en collaboration artistique avec le metteur en scène français Paul Desveaux, le Balé de Rua raconte une histoire afro-brésilienne, celle d'un groupe issu des quartiers populaires d'une petite ville du Minas Gerais, Uberlândia, celle d'amis qui repeignent le monde tout en couleurs, grâce à la magie du rêve et de la danse, un monde à l'image du Brésil.
Le Brésil s'installe au Trianon avec La Favela Chic ! Avant et après le spectacle, dégustation de spécialités et de cocktails brésiliens au bar du théâtre.
http://balederua.lespectacle.fr/
Historique
Fernando Narduchi, Marco Antônio Garcia et José Marciel Silva ont créé la Cie « Balé de Rua » après avoir collaboré pendant quatre ans au sein d'un grand mouvement de danse urbaine à Uberlândia, une petite ville du centre du Brésil, dans la région du Minas Gerais.
Ils dansaient chacun de leur côté au sein de différents groupes tout en développant une profonde et sincère amitié. Ils ont ensemble l'envie de trouver un nouveau style de danse, toujours urbaine mais avec une identité brésilienne marquée.
Marco Antônio était très bon interprète de break dance et de funk. N'ayant jamais suivi de cours de danse, cet autodidacte pratiquait son art dans la rue depuis l'âge de 12 ans.
Fernando Narduchi avait suivi un cursus de danse classique et contemporaine. Il était très engagé dans différents mouvements urbains, principalement dans des manifestations afro-brésiliennes.
José Marciel Silva était réputé dans son quartier depuis son jeune âge pour ses qualités de danseur de funk, hip hop et break dance.
La danse leur a permis de se découvrir en tant qu'artistes.
Originaires d'une communauté très pauvre, ils parviennent à force de travail et de persévérance à accomplir jour après jour, petit à petit, les nombreux rêves qu'ils ont fait et qu'ils continuent d'avoir pour leur compagnie à travers leurs créations, les nombreux ateliers qu'ils font au cours de leurs tournées au Brésil et à l'étranger.
Aujourd'hui ils vivent de leur art et sont fiers de représenter leur peuple et de lui permettre d'être entendu lors d'événement internationaux, même s'ils ont encore l'impression que ce qui leur arrive n'est toujours qu'un rêve.
La Cie Balé de Rua est plus qu'un groupe de danse, c'est un idéal de vie.

C/ Eric Deniset
L'histoire afro-brésilienne
Le Brésil a vécu pendant 350 ans sous un régime esclavagiste. Dès 1532, les Portugais, dans l'optique de développer le Brésil et d'y implanter la culture de la canne à sucre, ont recours à l'esclavage. Très vite, des captifs africains vont suppléer massivement la main-d'oeuvre indienne insuffisante et jugée trop indocile.
Différents peuples s'y succèdent et s'y entrecroisent (au XVIe siècle les Guinéens puis les Soudanais, au XVIIe les Bantous et au XVIIIe les Minas) apportant leur savoir-faire, leurs techniques et leur culture. L'héritage pluriel de ces esclaves est aujourd'hui omniprésent au Brésil, mêlé aux apports culturels européens et indigènes, il fait la spécificité du Brésil, le pays le plus « africain » d'Amérique.
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| c/ Eric Deniset |
Croyance présente dans la région de Minas Gerais et Rio de Janeiro, l'Umbanda née au début du XXème siècle de la fusion de plusieurs religions (Candomblé, Catholicisme et Kardécisme spiritualiste). Les « guides » ont différentes origines et qualités, en voici quelques uns : Caboclos (indiens brésiliens), Crianças (enfants) et les Pretos Velhos (vieux esclaves noirs) que l'on retrouve dans le spectacle du Balé de Rua. Esprits d'anciens esclaves africains meurtris par les blessures, ils représentent la force, la connaissance, mais aussi l'amour, la patience et la charité. Lors des cérémonies, les Pretos Velhos sont incorporés par les médiums et offrent conseil et consolation à leurs fidèles.
En 1888, lors de la promulgation de la Loi Áurea, abolissant l'esclavage au Brésil, le pays avait déporté plus de 3,5 millions d'individus, soit la plus importante opération de transfert forcé d'êtres humains de l'histoire universelle.
Libres enfin, mais laissés pour compte, aucune structure ne fût mise en place pour l'intégration de ces anciens esclaves. À la fin du XIXe siècle, les élites blanches brésiliennes vont encourager l'immigration européenne, persuadée qu'une fois libre la main d'oeuvre noire refuserait de travailler mais également dans l'objectif de blanchir la population.
Entre 1871 et 1920, poussés par les guerres et les pénuries économiques, près de 4 millions d'immigrants s'installent au Brésil. Italiens, Allemands, Portugais, Libanais, Japonais, Polonais, Ukrainiens viennent enfler les villes du Sud du pays et s'ajouter au melting pot brésilien.
Le Minas Gerais (Etat dont est originaire Balé de Rua) a connu un véritable essor au début du XVIIIe siècle après la découverte de mines d'or et d'argent. Avec l'exploitation de ces mines, qui survient au moment où s'amorce le déclin du commerce du sucre dans le Nordeste, le nombre d'esclaves va tripler. La ville d'Ouro Preto (de l'« Or noir ») va devenir le point de convergence de cette ruée vers l'or et le symbole de la prospérité de la capitainerie. Au cours du XIXe, le filon se tarit peu à peu c'est la fin de l'âge d'or et l'essor de la caféiculture.
A titre indicatif, en 2006 l'état de Minas Gerais était composé de 46% de blancs, 46,3% de métisses, 7,5% de noirs et 0,1% d'indiens ou d'asiatiques. En fait, le critère utilisé par le IBGE (Institut Brésilien de Géographie et Statistique) est basé sur l'auto déclaration, ce qui génère quelques distorsions du point de vue statistique, étant donné les préjugés existants encore aujourd'hui envers les descendants africains. Nombreux sont les noirs à se déclarer « métisses » et les métisses à se déclarer « blancs ».
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En effet, le mythe de « paradis racial » autour duquel s'est construit l'identité nationale du Brésil est à relativiser. Le concept de démocratie raciale élaboré par des intellectuels (comme Gilberto Freyre) dans les années 30 et repris par les différents gouvernements successifs imprègne les principales manifestations culturelles du pays. Toutefois dans les années 70, des mouvements noirs se sont élevés contre cette vision idéalisée des rapports interraciaux.
Réélu en 2006, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva (dit Lula) s'engage à mettre le pays sur le bon chemin, en jetant les bases nécessaires à une longue période de développement économique, de justice sociale et d'approfondissement de la démocratie. Avec le plan « faim zéro » l'état met en place des programmes de revenu minimum, d'assurance chômage, et élargit, entre autres, les systèmes de sécurité sociale et de retraite. À la suite de son premier mandat, on estime à 7 millions de personnes le nombre de brésiliens sortis de la misère. Mais le chemin est encore long, car près de 30% de la population totale (190 millions d'habitants), vit encore sous le seuil de pauvreté.
Sur le plan culturel, le Ministre de la Culture, Giberto Gil, lance en 2005 le programme Cultura Viva dans le but de faciliter l'accès à la formation, à la création et à la diffusion envisageant la culture comme instrument d'intégration sociale.
Son objectif principal consiste à diffuser la culture dans les coins les plus reculés du Brésil, mais aussi à faire connaître les différentes expressions culturelles de l'intérieur du pays en les promouvant dans les grands centres urbains.
En mai 2007, le Balé de Rua a inauguré son propre Centre Culturel, le seul de la ville d'Uberlandia (500 000 habitants), et l'un des premiers Pontos de Cultura de ce programme gouvernemental.
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| c/ Eric Deniset |
En quelques dates...
1992 : création de la Cia Balé de Rua
2000 : professionnalisation des danseurs de la compagnie qui cessent leurs "petits métiers"
2002 : révélation de la Biennale de la Danse de Lyon
2005 : le spectacle « O Corpo Negro na Dança » est l'une des 6 créations brésiliennes retenues pour être financée par la Fundação Vitae. Représente le Brésil lors de l'Année du Brésil en France.
2006 : Succès du spectacle éponyme de danse et percussions, Balé de Rua, au théâtre Mogador, à Paris. La compagnie est soutenue par la Kellog Fondation.
Mai 2007 : inauguration du Centre Culturel Balé de Rua (le seul théâtre dans une ville de 500 000 habitants), qui est l'un des 200 premiers points culturels brésiliens mis en place par le programme lancé par Lula "Ponto de Cultura através do Programa Cultura Viva do Ministério da Cultura".
www.cultura.gov.br/sys/skins/cultura_viva_capa/
img/cartilha_cultura_viva_pt-br.pdf
La Cia Balé de Rua s'occupe actuellement de former à la danse 8 groupes représentant environ 160 jeunes issus des différents quartiers d'Uberlandia. Certains des danseurs actuels de la compagnie proviennent de cette formation
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| c/ Eric Deniset |
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Chorégraphie : Marco Antônio Garcia
Musiques originales : Naná Vasconcelos et Vincent Artaud
Collaboration artistique : Paul Desveaux assisté de Amaya Lainez
Conception lumières, assistant scénographie : Nicolas Simonin
Direction artistique et préparateur physique : Fernando Narduchi
Direction Balé de Rua : Marco Antônio Garcia, José Marciel Silva et Fernando Narduchi
Responsable technique Balé de Rua : Marcio Antônio Garcia
Les danseurs:
Alexandre Bento da Silva
Denner Moreira Rodrigues
Diorge Marlon dos Santos
Edson Sirley Quintiliano
Guilherme Nascimento de Souza
Jardel Santos Silva
Jhony Marcos Cardoso Rodrigues
José Marciel Silva
Júlio Cesar Ferreira
Marcos Paulo Bertoldo
Paulo Augusto Carmo dos Santos
Paulo Edson Cardoso Silva
Robledo Barbosa Silva
Sandra Mara Silva Gabriel
Wisney Gomes Mendonça
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