Louise Bourgeois

le 21 février 2008 à 16h00 , mis à jour le 11 mars 2008 à 18h28

Du 5 mars au 2 juin 2008 au Centre Pompidou.

Louise Bourgeois, du 5 mars au 2 juin 2008 au Centre PompidouLouise Bourgeois, du 5 mars au 2 juin 2008 au Centre Pompidou © ADAGP, Paris, 2008

 

5 MARS - 2 JUIN 2008

L'exposition événement de l'oeuvre de Louise Bourgeois, organisée avec la Tate Modern de Londres, rassemble dans trois espaces du Centre Pompidou près de deux cent oeuvres (peintures, sculptures, dessins, gravures) de 1938 à 2007.

Cette rétrospective commence dès le Forum avec une araignée géante en bronze  et acier, jamais montrée en Europe.

En Galerie 2, sur plus de 900m2, un parcours chronologique permet de découvrir  les principales oeuvres de Louise Bourgeois tout en donnant une large place  aux dix dernières années de création de l'artiste qui, à 96 ans, ne cesse de renouveler  son langage artistique.

La Galerie d'art graphique propose « Tendres compulsions », une exposition plus  intime, conçue à la manière d'un cabinet de curiosités.

Ce riche ensemble permet de découvrir le lien profond qui existe entre ces différents  moyens d'expression, de révéler la permanence de certains thèmes obsessionnels  déclinés avec desmatériaux variés tout au long de la vie de Louise Bougeois,  et de découvrir ses oeuvres sur papier les plus récentes, caractéristiques de son  «style tardif».

«Je m'appelle Louise Joséphine Bourgeois. Je suis née le 25 décembre 1911 à Paris. Tout mon  travail des cinquante dernières années, tous les sujets, trouvent leur source dans mon enfance

« Mon enfance n'a jamais perdu samagie, elle n'a jamais perdu sonmystère, ni sa dimension dramatique. »

L'oeuvre de Louise Bourgeois, singulière à plus d'un titre, échappant à toute classification esthétique, oscille entre géométrie abstraite et réalité organique: l'artiste use de toutes les formes et de  tous les matériaux au gré de ses besoins d'expression. Elle passe ainsi de la rigidité du bois dans  les années 50 à la liquidité du plâtre et du latex dans les années 60, pour se consacrer au marbre  et au bronze dans les années 70-80. À partir des années 90, elle constitue des environnements intitulés  Cellules, composés d'objets trouvés et suggérant des émotions, des sensations ou des souvenirs  d'enfance. Depuis le milieu des années 90, elle a recours au tissu, aux vêtements, pour fabriquer  d'étranges figurines, des couples enlacés, des colonnes et des têtes.

Fille de restaurateurs de tapisseries anciennes, les motifs de la couture, du fil, de l'aiguille sont  présents tout au long de son oeuvre et aboutissent à la figure maternelle et protectrice de la grande  fileuse que représente pour elle l'Araignée. Une version monumentale de l'araignée, intitulée Maman, 1999, sera présentée dans le jardin des Tuileries. Ses thèmes de prédilection sont la maternité, le couple, l'enfance, le corps, la sexualité, l'ambivalence féminin-masculin: autant de problématiques d'ordre intime et autobiographique qui en font une référence majeure pour l'art contemporain.

L'art et la vie sont pour Louise Bourgeois indissociables: « Ma sculpture est mon corps, Mon corps est  ma sculpture ». La création artistique est une façon de revivre ses émotions, de leur donner forme,  de les exorciser. « Il faut abandonner le passé tous les jours ou bien l'accepter. Et si on n'y arrive pas,  on devient sculpteur ».

Louise Bourgeois est l'une des artistes les plus importantes du XXème siècle. Longtemps confidentielle,  son oeuvre fit l'objet d'une reconnaissance internationale à partir de 1982, date à laquelle le Moma de New-York lui consacre une rétrospective. Exposée en France en 1985, à Maeght Lelong à Paris, en 1989 à la galerie Lelong, puis au Musée d'art contemporain de Lyon en 1990, elle fera l'objet de deux expositions à Paris en 1995: au Centre Pompidou, galerie d'art graphique (Pensées-plumes, les dessins de Louise Bourgeois) et au Musée d'art moderne de la Ville de Paris. En 1998, le capcmusée de Bordeaux présente ses oeuvres récentes.

Louise Bourgeois a été présentée depuis les années 90 dans les grandes manifestations internationales, Biennale de Venise, Lion d'Or, en 1999, Documenta, etc. Sa dernière grande exposition rétrospective était à Madrid au Reina Sofia, en 1999 mais il faut citer également l'Ermitage de Saint Petersbourg en 2001 et Bregenz en 2002.


 

TENDRES COMPULSIONS

Dessins, gravures, petites sculptures (1938 - 2007)

5 MARS - 2 JUIN 2008

L'exposition «Tendres compulsions», qui se tient à la Galerie d'art graphique, se place en regard du parcours chronologique afin de mettre en évidence la force d'oeuvres a priori plus discrètes, plus intimes. Certaines figurines en bois, en latex ou en tissu au caractère hybride, souvent percées d'aiguilles, témoignent de la démarche fétichiste de l'artiste qui a recours à de véritables pratiques d'exorcisme, issues de ses affinités avec le primitivisme.

Une salle consacrée à la confrontation entre dessins et sculptures met en perspective le thème de la femme-maison, de la maternité, de l'araignée, de la femme-couteau, de la femme-pieu, du couple.

L'espace central est dédié à la présentation des sculptures de petit format qui reprennent ces mêmes thèmes traduits dans le plâtre, le marbre, le latex, le bronze. La seconde salle est dédiée à un ensemble inédit d'oeuvres sur papier qui associent estampes rehaussées à la main et textes manuscrits sur le thème du corps, EXTRÊME-TENSION (2007).

Sont également présentés ODE À LA BIÈVRE (2002), un livre composé d'un patchwork de tissus aux motifs abstraits et un ensemble de gravures rehaussées à la gouache rouge, 10 AM IS WHEN YOU COME (2007), allusion à l'arrivée quotidienne de Jerry Gorovoy, son assistant, chez l'artiste.

Louise Bourgeois continue d'écrire des textes à caractère autobiographique et poétique sur tous les supports à sa disposition, comme ce cahier de partitions musicales sur lesquelles elle dessine ses souvenirs de Paris: PARIS TOUJOURS PARIS.
Cette exposition apparait comme un complément essentiel de la rétrospective en permettant de pénétrer dans le laboratoire de la création, dans les mécanismes inconscients de l'artiste, dans ces Tendres Compulsions qui donnent naissance à des oeuvres à la forte charge émotive. 
 
 

AUTOUR DE L'EXPOSITION


CINÉMA
Films de Brigitte Cornand

Chère Louise, 1995, 50min

C'est le murmure de l'eau qui chante, 2002, 92min

La Rivière gentille, 2007, 1h40

LUNDI 5 MAI 2008 : 18H, CINÉMA 1

JEUDI 22 MAI, VENDREDI 30 MAI 2008 : 18H, CINÉMA 2

PROJECTION PRESSE MARDI 4 MARS 2008 À 10H30
réservation: dorothee.mireux@centrepompidou.fr

UN DIMANCHE UNE OEUVRE

Louise Bourgeois, Precious Liquids, 1992

DIMANCHE 13 AVRIL 2008 : PETITE SALLE, 11H30

4,50 euros, tarif réduit, 3,50 euros, gratuit pour les adhérents

Un artiste, un conservateur, un écrivain, un historien ou un critique d'art propose un regard singulier sur une oeuvre des collections du Musée national d'art moderne. Dans le cadre de l'exposition Louise Bourgeois, Elisabeth Lebovici, critique d'art, co-auteur de Femmes artistes/Artistes femmes, éd. Hazan, 2007 et Marie-Laure Bernadac, conservateur général du patrimoine, co-commissaire de l'exposition présenteront l'oeuvre Precious Liquids.

En 1992, Louise Bourgeois présente, à la Documenta IX de Cassel, Precious Liquids, oeuvre monumentale, acquise par le musée en 1993. Il s'agit d'un espace cylindrique, obscur, reconstituant le volume d'un ancien réservoir de toit new-yorkais. Mais les «liquides précieux» sont ici, pour Louise Bourgeois, les humeurs émises par le corps : le sang, l'urine, le lait, le sperme, les larmes, tout ce qui s'écoule, fluide, sous le coup d'un choc émotionnel, l'amour, la peur, le plaisir ou la souffrance. La question morale que pose cette oeuvre, emblématique du travail de l'artiste, est gravée sur le bandeau de métal qui cercle le réservoir à l'entrée de l'installation: «Art is a guarantee of sanity» [L'art est une garantie de santé mentale], question qui sera au coeur de ce dialogue.

REVUE PARLÉE LOUISE BOURGEOIS

MERCREDI 16 AVRIL

15H, PETITE SALLE, ENTRÉE LIBRE

«Les Français savent si bien parler», disait Louise Bourgeois en 1989, à la veille de sa première grande exposition en France. «De ce point de vue, je suis moins française que mes compatriotes. Je me méfie des mots. Ils ne m'intéressent pas, ils ne me satisfont pas. Je souffre de la façon dont les mots s'épuisent. Je me méfie des Lacan et des Bossuet, parce qu'ils se gargarisent avec les mots. Je suis une femme très terre à terre. Les formes sont tout.» Difficile pourtant de ne pas parler de Louise Bourgeois, une des artistes les plus importantes du 20e siècle, qui n'a jamais séparé l'art de sa vie, ni la sculpture du corps, et dont l'oeuvre ne cesse de déjouer l'analyse.

Colloque organisé à l'occasion de l'exposition «Louise Bourgeois».

Avec

Mieke Bal : Eye contact.

Marie-Laure Bernadac : Tendres compulsions, les écrits de Louise Bourgeois.

Jean Frémon: Louise Bourgeois Femme Maison.

Jonas Storsve: L. B. au crayon.

Gérard Wajcman: L'issue comique de la psychanalyse

 

QUELQUES VISUELS DE L'EXPOSITION:

 
Les mains de Louise Bourgeois placées au-dessus d'une gravure en 2003
Les mains de Louise Bourgeois placées au-dessus d'une gravure en 2003, Felix Harlan, ADAGP, Paris, 2008
 
Cumul I, 1969, Marbre, Bois, c/ Louise Bourgeois, c/ ADAGP, Paris, 2008
Cumul I, 1969, Marbre, Bois, c/ Louise Bourgeois, c/ ADAGP, Paris, 2008
 
Precious Liquid, 1962, c/ Louise Bourgeois
Precious Liquid, 1962, c/ Louise Bourgeois, ADAGP, Paris 2008
 
Louise Bourgeois, 2007
Louise Bourgeois, 2007, Photo : Dimitris Yeros, ADAGP, Paris, 2008
 
Seven in Bed, 2001, Etoffe, acier inoxydable, verre et bois
Seven in Bed, 2001, Etoffe, acier inoxydable, verre et bois, c/ Louise Bourgeois, ADAGP, Paris, 2008
 
Extrême tension (détail), 2007, gravure, encre et crayon sur papier
Extrême tension (détail), 2007, gravure, encre et crayon sur papier, ADAGP, Paris, 2008
  
  

 

 

 

le 21 février 2008 à 16:00
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