Artparis > 10ème édition

le 20 mars 2008 à 16h26 , mis à jour le 03 avril 2008 à 17h11

Du 3 au 7 avril au Grand Palais

Art Paris du 3 au 7 avril au Grand PalaisArt Paris du 3 au 7 avril au Grand Palais

 

 

Une foire de + en + contemporaine,
de + en + internationale !

 
 
Du 3 au 7 avril 2008, artparis retrouve le Grand Palais où la foire reçoit 115 galeries françaises et internationales dans une atmosphère conviviale et près de 40.000 visiteurs chaque printemps. Cette année, ils sont accueillis par une sculpturale tortue ayant pris place sur le perron du Grand Palais : il s'agit de « Searching for Utopia », une fable de bronze de Jan Fabre.
 
Depuis sa création, artparis reste fidèle à ses valeurs. Animée par un esprit d'ouverture, la foire n'a cessé d'évoluer vers une position plus contemporaine et plus internationale, représentative du marché de l'art actuel.
 
Cette année, 25 nouveaux exposants viennent ainsi élargir les rangs de la foire et les galeries d'art contemporain sont de plus en plus nombreuses à prendre place sous les verrières du Grand Palais, le temps d'artparis. Medium particulièrement plébiscité lors de l'édition 2007, la photographie contemporaine s'annonce d'ores et déjà comme l'un des points forts de cette année. Peintures, sculptures, vidéos et installations promettent aussi de belles surprises aux collectionneurs.
 
Les galeries contemporaines se trouvent aux côtés des grands noms du marché de l'art moderne qui reflètent les courants artistiques ayant marqué le XXème siècle de leur empreinte, jusqu'à nos jours. Certains mettent ainsi l'accent sur les artistes de la Figuration Narrative, en écho à l'exposition qui se tiendra dans les galeries nationales du Grand Palais à partir du 16 avril. D'autres privilégient le Pop Art, le Nouveau Réalisme ou encore les mouvements COBRA, Support/Surface, ou l'abstraction.
 
En 2008, les 115 galeries participant à artparis représentent 21 pays. Pour la première fois de son histoire, artparis compte ainsi près de 40 % d'exposants internationaux. L'Europe est bien présente, avec des galeries qui viennent d'Italie, d'Allemagne, de Belgique et de Suisse, mais aussi de Monaco, des Pays-Bas, de Grande-Bretagne, d'Espagne, d'Autriche, du Luxembourg, de Suède, de Finlande, de Hongrie et de Slovénie. Quatre galeries américaines traversent l'Atlantique pour l'occasion. Confirmant l'ouverture vers les pays arabes qui s'est concrétisée par la foire artparis-abudhabi en novembre 2007, trois galeries viennent du Moyen-Orient : de Syrie, d'Iran et de Tunisie. Et pour augurer l'exportation d'artparis en Asie en mai 2009, les organisateurs se réjouissent d'accueillir au Grand Palais une galerie chinoise, une autre coréenne.
 
Ce pont jeté vers l'Est a séduit Brahim Alaoui, historien d'art, qui conçoit pour artparis une exposition intitulée Traversées. Elle dévoile une vingtaine d'artistes, parmi lesquels Mounir Fatmi, Kader Attia et Ghada Amer. A la confluence de plusieurs courants artistiques, artparis s'affirme, via Traversées, comme un creuset culturel où chacun, artiste, galeriste, collectionneur comme visiteur moins initié trouve matière à alimenter sa passion pour l'art actuel et satisfaire sa curiosité sur l'ici et l'ailleurs.
 

artparis : 10 ans d'existence...
 
Flashback... Les organisateurs reviennent sur les origines d'artparis, 10 ans après sa création
 
Henri Faraut dirige France Conventions, la société organisatrice d'artparis. Il se souvient de ce jour, en 1998, où Caroline Clough-Lacoste et Alain Lamaignère ont poussé la porte de son bureau pour lui exposer leur projet :
 
« J'ai tout de suite cru en artparis, un salon qui allie professionnalisme et convivialité. En 2006, artparis s'installait au Grand Palais pour la réouverture de ce monument parisien, ce qui a contribué à institutionnaliser le salon sur un plan national tout en renforçant son rayonnement international. C'est avec fierté que je vois cette marque, devenue gage de qualité, s'exporter aujourd'hui hors des frontières hexagonales, comme à Abu Dhabi en novembre dernier, et bientôt à Shenzhen... »
 
Caroline Clough-Lacoste rappelle le positionnement du salon, dix ans après sa création :
« Salon international d'art moderne et contemporain, artparis réunit à la fois des galeries historiques, qui apportent leur solide assise et leur fidélité, et d'autres plus récentes, insufflant à artparis la vitalité et le dynamisme qui les caractérisent. Cet heureux mélange de galeries françaises rejointes par des galeries internationales nous permet de défendre des artistes français - ou vivant en France - tout en favorisant réciproquement les échanges culturels et économiques sur un plan international. »
 
... un concept qu'Henri Jobbé-Duval, directeur artistique du salon, défend également :
« J'ai intégré l'équipe en 2002, mû par la volonté de promouvoir, à travers ce salon, des galeries remarquables pour leur exigence de qualité... ce qui n'est pas incompatible avec une certaine audace ! Et les collectionneurs ne s'y trompent pas : nombreux sont ceux qui reviennent chaque année avec un bel enthousiasme qui nous porte jusqu'au printemps suivant. »
 

 

artparis 08... d'un stand à l'autre
 
Reflet des grands mouvements artistiques des XXème et XXIème siècles
 

La Figuration Narrative
 
Les exposants d'artparis 08 sont nombreux à mettre à l'honneur les artistes de la Figuration Narrative, en écho à l'exposition qui investira les Galeries Nationales du Grand Palais dans la foulée d'artparis.
 
Ce mouvement prend corps dans les années 1960 sous des formes picturales très variées et l'impulsion de personnalités très diverses qui partagent néanmoins une vision commune et engagée de l'homme face à sa société. Près de 40 ans après, ces artistes font toujours de la résistance !
 
Le peintre Erró fut le plus virulent à dénoncer les guerres et les excès du totalitarisme, mêlant dès le départ des éléments figuratifs épars comme les photographies de presse, les bandes dessinées, les illustrations publicitaires et les chefs-d'œuvre de l'art classique. Raillant la multiplication d'images qui nous gouvernent, il répond alors par une profusion de couleurs et  d'informations qui critiquent à la fois la société de consommation, la politique, la publicité et même... l'art ! La galerie Louis Carré & Cie lui consacre un one man show, composé de petites toiles récentes. Aujourd'hui, le peintre d'origine islandaise s'amuse, du haut de ses 76 ans, à mêler les pointures de l'histoire de l'art, comme Picasso ou Fernand Léger, aux univers de la culture populaire.
 
Également co-fondateur de la Figuration Narrative en 1964, Bernard Rancillac a les honneurs d'un one man show à la galerie Lélia Mordoch. Ce parcours rétrospectif se développe des années 1960 à nos jours et permet d'appréhender les différentes séries de cet artiste né en 1931 et qui ne s'est jamais laissé enchaîner dans un style. Dès 1963, il combine une franchise graphique qui conjugue l'héritage de Cobra et les premières aspirations du Pop Art. Une des œuvres présentées sur le stand est d'ailleurs un hommage direct à Rauschenberg et une sérigraphie évoque fortement un certain ...Andy Warhol. Tout comme ces artistes américains, Rancillac puise dans la bande dessinée ou les photographies de magazine, auxquelles il ajoute à partir de 1966 des volumes de matière plastique. L'humour grinçant caractérise l'ensemble de ses œuvres jusqu'à aujourd'hui.
 
Autre héros de ce mouvement, Valerio Adami est présent chez Daniel Templon. Parti d'une figuration expressionniste et d'une facture gestuelle, il se rapprocha de la Figuration Narrative par un pop art revisité. Il développe alors une sorte de récit fantastique et humoristique sous forme de bandes dessinées qui évoque aussi des découpages cinématographiques. La couleur est apposée en aplat, sagement délimitée par des cernes noirs, dans une structure mosaïquée. L'étrangeté des scènes ne réside pas tant dans la facture de l'artiste que l'on reconnaît au premier coup d'œil, mais dans l'ambivalence narrative, toujours intacte après 40 ans de pratique. Adami  met en avant les obsessions de l'inconscient collectif, allant des thèmes mythologiques aux avatars des conditions de vie contemporaine.
 
La galeriste Sonia Zannettacci défend pour sa part depuis des années l'œuvre de Jacques Monory. Sa dernière série renoue avec sa couleur bleue fétiche et prend pour thème les voitures, la Californie, l'univers du polar et l'homme au chapeau totalement autobiographique... Le peintre né en 1936 n'a finalement pas quitté ses premières amours et nous plonge au cœur des années 1960. Monory part d'images photographiques et les toiles de ce grand cinéphile fonctionnent comme un écran. Là, il s'interroge sur le temps, le devenir, et donc sur la mort, qui confère une inquiétude sourde à ses images.
 
Un autre compère de la Figuration Narrative, Peter Klasen, est représenté par la galerie italienne San Carlo. Ce peintre allemand né en 1935 donne aussi une vision du quotidien glacée et clinique, à l'aide d'une facture lisse, impeccable, quasi-photographique. Il créa, ce que certains critiques nommèrent à l'époque, des « blasons modernes, emblèmes sans code. » Ses compositions simplifiées mettent en général en scène deux éléments de la réalité qui se détruisent mutuellement. Objets fonctionnels comme lavabos, téléphones, interrupteurs, rasoirs et marteaux sont associés à des emblèmes érotiques tels que le cuir, les ceintures, les bandages ou un bout de sein qui symbolisent la femme-objet ou la cover-girl. Mais Klasen n'est pas cruel ; il se révèle menaçant parce que menacé.
 
Sous couverts de couleurs vives symbolisant faussement une joie de vivre, les travaux de ces plasticiens dénotent ainsi une inquiétude au monde toujours prégnante.
 

Le Pop Art

De la Figuration Narrative au Pop Art, il n'y a qu'un pas, aisément franchi par de nombreuses galeries. Né aux Etats-Unis dans les années 1960, le « Pop Art » dérive de popular culture et se veut en étroite relation avec la culture de masse. Les emblèmes de la société américaine de consommation, les références à la bande dessinée et les emprunts à la publicité se font légion. Les compositions sont simples et les couleurs éclatent, valorisant un monde joyeux, ludique, économiquement fort et ouvert à tous les plaisirs sensuels...
 
Décédé en 2004, Tom Wesselmann est aujourd'hui adoubé des marchands. Son œuvre se divise en deux séries majeures : de grands nus féminins et des natures mortes conçues à partir d'objets trouvés et d'images découpées dans des magazines. La genèse de sa carrière se met en place dès les années 1960 et demeurera identique jusqu'aux derniers tableaux, même s'il évolue au niveau de la technique. L'image de l'Amérique des sixties qui ressort de ces figures lascives et éléments du quotidien est peut-être faussement idéalisée, mais elle n'en marqua pas moins les générations. La galerie Pascal Lansberg propose un exemplaire de nature morte de Wesselmann avec rose et cigarette datant de 1969.
 
Quant à Laurent Strouk, il a intitulé son stand USA. Un nu érotique de Wesselmann y mène la danse, en bonne compagnie d'Andy Warhol, peut-être le plus célèbre auteur du mouvement, ici symbolisé par la représentation du dollar ! Amusant, quand on sait que plus de vingt ans après sa mort, cet artiste bat encore des records en maison de vente. Robert Indiana, créateur de la fameuse sculpture Love et qui travailla beaucoup sur la lettre et l'immédiateté de la symétrie des couleurs et des formes, et Keith Haring, chantre du graphisme et des pictogrammes, sont aussi de la fête. Ces artistes voulaient dès le départ s'adresser à un large public, à travers un langage et des thèmes simples et universels, qu'ils touchent encore aujourd'hui.
 
Une autre figure emblématique du Pop Art, Mel Ramos, est présenté à la fois par la galerie Rive Gauche, la galerie allemande Levy et Patrice Trigano. Né en 1935 en Californie, il s'inspire en début de carrière de l'imagerie des comics américains et dépeint les effigies de Batman ou de Flash Gordon. Il aborde ensuite le thème des pin-up dont il ne se départira pas. Il les combine à des articles de consommation divers ou des cigares... et les propose en peinture ou en sculpture, tout en volume... Féministes s'abstenir !
 
 

Le Nouveau Réalisme
 
Retour en France avec la galerie Christophe Gaillard qui consacre son stand aux Nouveaux Réalistes, que l'on appelle parfois les Pop artistes français. Des œuvres historiques d'Arman, de César, de Christo, de Deschamps ou de Villeglé permettent de revenir sur ce mouvement créé en 1960 par Pierre Restany. Les œuvres de ces artistes ont en commun l'omniprésence de certains éléments de la vie urbaine : affiches, palissades, terrains vagues, détritus, voitures ou sigles de la circulation, qui ont déterminé ce que Restany baptisa « la poésie d'une civilisation urbaine. »
 
 

COBRA
 
Dans un tout autre style, le mouvement Cobra fut historiquement court mais fort influent. Fondé en 1948 et achevé -officiellement- en 1951, il est constitué des premières lettres de COpenhague, BRuxelles et Amsterdam, capitales des pays dont les principaux artistes étaient originaires : parmi lesquels Corneille, Karel Appel et Alechinsky, trio gagnant dont les œuvres parent les murs du stand de la galerie belge André Simoens.
 
La galerie Lasés montre un exemple de la production de Corneille de 1949. A cette époque, il se libère de ses influences picassiennes qui ont accompagné ses débuts pour aller vers un dessin plus libre. Les tons sont encore sourds, mais évolueront vers des nuances de plus en plus chaudes.
 
Du même auteur et toujours des années 1940, Die galerie, exposant de Francfort, propose La Ville. Œuvre d'autant plus rare car l'on voit davantage sur le marché les productions postérieures dans lesquelles le peintre belge se caractérise par l'emploi de la femme, l'oiseau, le chien et le chat. Cette même galerie met en avant des Personnages de Karel Appel, peintre néerlandais qui développa à ses débuts une écriture sommaire, inspirée par les dessins d'enfants et menée par des tons agressifs. Ses toiles sont toujours animées d'une touche expressive et violente, riche en matière, avec parfois un motif quasi-dissout pour ne laisser place qu'au dynamisme du pinceau. Une œuvre récente du Belge Alechinsky, intitulée Terril, complète l'ensemble. Pierre Alechinsky fut le plus jeune membre du groupe et combina dans sa pratique, depuis l'origine, peinture et gravure. Il mêle souvent une abstraction libre, constituée de grands signes qu'il entoure de petites scènes beaucoup plus figuratives nommées des « remarques marginales ». Ces scénettes évoquent la bande dessinée, d'autant plus qu'il y joint un humour sarcastique qui lui est propre dans le groupe.
 
 

Support/Surface
 
Enfin, deux galeristes décident de rendre hommage au groupe Support/Surface, un mouvement créé en 1970 qui questionne la matérialité même de la peinture.
 
Bernard Ceysson est installé à Saint-Étienne et représente la plupart des membres fondateurs de ce mouvement, dont Claude Viallat fait partie. N'ayant d'autres sujets que la peinture elle-même, ce dernier développe une critique pratique et théorique du tableau traditionnel. Il emploie ainsi au départ des toiles non tendues, des fils, des cordes, des nœuds, tandis que sa couleur s'organise à partir d'empreintes répétées de formes ; un travail qui vise à mettre en évidence la démarche du peintre. L'image ne renvoie qu'à elle-même et ne brigue aucun autre sens. On reconnaît très vite dans son travail sa forme fétiche, sorte de haricot issu des mailles de ses filets, qu'il appose sur divers supports.
 
La galerie Hélène Trintignan, de Montpellier, en donne aussi plusieurs exemples. Elle complète sa présentation par des œuvres récentes de Daniel Dezeuze. Né en 1942, il s'est focalisé sur le problème du châssis et a expérimenté de nombreux matériaux tout au long de sa carrière : brou de noix, tarlatane, terres cuite ... où le vide gagne autant d'importance que le plein. Il en donne encore une fois une démonstration avec une Peinture qui perle, composée de grillage, fil de fer, et perles sur résine souple...

 

Un avant-goût de l'exposition...

 

René et Radka, « Come and play with us! for ever and ever... », 2007, photographie argentique, 125 x 125 cm
 René et Radka, « Come and play with us! for ever and ever... »
 2007, photographie argentique, 125 x 125 cm

 

Eró, Série « playback », 2006, peinture glycérophtalique sur toile
 Eró, Série « playback », 2006

peinture glycérophtalique sur toile

 

Kar el Appel, « Witmessing the Dawn », 1987
Kar el Appel, « Witmessing the Dawn », 1987

 

Eró, « Consultation especial », 2007, huile sur toile, 162 x 114 cm.
Eró, « Consultation especial », 2007, huile sur toile, 162 x 114 cm.

 

Giancarlo Botti, « Romy Schneider », 1974, tirage baryté de 2007, 80 x 100.
 Giancarlo Botti, « Romy Schneider »
 1974, tirage baryté de 2007, 80 x 100

 

le 20 mars 2008 à 16:26
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