
Le Musée du Luxembourg présente la première exposition monographique consacrée au célèbre créateur américain Louis Comfort Tiffany en France depuis l'Exposition Universelle de 1900, conçue par le Musée des beaux-arts de Montréal.
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Louis C. Tiffany |
Louis Comfort Tiffany (1848-1933), fils de Charles Lewis Tiffany, fondateur de la célèbre maison Tiffany & Co. à New York, figure incontestablement parmi les plus talentueux créateurs américains de tous les temps. Son regard de peintre en matière de couleur et de composition, sa passion pour l'exotisme et ses innovations dans le domaine du verre font de lui, dès 1900, un chef de file du design américain dont la réputation s'étend jusque dans les grandes capitales européennes : il rivalise avec les grands verriers européens de la fin du XIXe siècle.
L'ornementation somptueuse, le travail soigné, les effets spectaculaires et originaux de lumière et de couleurs qui caractérisent sa production verrière (vases en verre soufflé, vitraux, lampes et objets) le placent au coeur de nombreux mouvements artistiques de son époque, de l'Arts & Crafts et le Mouvement esthétique américain jusqu'à l'Art nouveau et le Symbolisme.
L'exposition rassemblera environ 160 oeuvres (vitraux, vases, luminaires, objets, bijoux et mosaïques, dessins, aquarelles et photos d'époque) qui révèleront la remarquable contribution de ce créateur, tant à l'industrie du verre qu'à l'ensemble des arts décoratifs.
Les visiteurs auront l'occasion d'admirer un ensemble exceptionnel de vitraux de Tiffany dont 4 en provenance du Musée des beaux-arts de Montréal qui ont été spécialement démontés, étudiés, restaurés et transportés pour cette exposition. La présentation de ces vitraux à Paris relève d'une prouesse technique et logistique.
Divisée en six thèmes, l'exposition abordera les débuts de la carrière de Tiffany: ses séjours en Europe (en particulier à Paris où il étudie la peinture dans l'atelier de Léon-Charles Bailly) puis son intérêt croissant pour l'art du verre; son travail de décorateur d'intérieur pour d'influents clients américains; ses relations avec le marchand d'art parisien Siegfried Bing qui contribue à la diffusion et au succès de ses créations en Europe; les vitraux, un aspect essentiel et pourtant méconnu de sa production; les vases en verre Favrile, aux formes organiques et aux remarquables contrastes de couleurs; enfin l'expansion de l'entreprise reposant, entre autres, sur le commerce des lampes et d'objets décoratifs qui contribue à asseoir son immense popularité.
De prestigieux musées internationaux, parmi lesquels le Chrysler Museum of Art, le Virginia Museum of Fine Arts, le Metropolitan Museum of Art (avec plus de 30 pièces), le musée de l'Ermitage, le musée des Arts décoratifs, le musée du Petit Palais et le Musée d'Orsay à Paris (qui prête, à cette occasion, 4 vases ayant appartenu au Musée du Luxembourg ainsi qu'un vitrail créé par Tiffany d'après un dessin de Toulouse-Lautrec) ont consenti d'importants prêts. L'exposition inclut également des oeuvres majeures et inédites provenant de collections privées.
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Louis C. Tiffany | Louis C. Tiffany Encrier, c.1900-1903 Verre, argent Newark, The Newark Museum Don de Mr. And Mrs. Ethan D. Alyea, 1967 ©Photo : The Newark Museum |
POINTS FORTS DE L'EXPOSITION
Cette première exposition rétrospective consacrée à Louis Comfort Tiffany en France rassemblera les meilleurs exemples de sa production verrière et artistique, et permettra de faire découvrir et apprécier toute l'étendue de sa créativité grâce aux prêts de près de quarante institutions, en provenance de sept pays (Chrysler Museum of Art Norfolk, les archives Tiffany & Co., Detroit Institute of Art, Corning Museum of Glass ; les musées des Arts décoratifs, d'Orsay, et du Petit Palais, Paris ; le musée des Arts décoratifs , Copenhague...).
Parmi les points forts de l'exposition figurent :
- une importante sélection de vitraux de Tiffany dont un ensemble exceptionnellement démonté, étudié, restauré et transporté à l'occasion de cette exposition. Appartenant à la collection du Musée des beaux-arts de Montréal, la présentation de ces quatre vitraux monumentaux à Paris relève d'une grande complexité technique et logistique ;
- un vitrail provenant de la collection du musée de l'Ermitage de Saint- Pétersbourg, de retour pour la première fois en France depuis sa présentation à l'Exposition Universelle de Paris de 1900 ;
- un magnifique vitrail réalisé par Tiffany d'après un dessin de Toulouse-Lautrec, aujourd'hui conservé au Musée d'Orsay ;
- un ensemble de plus de trente pièces prêtées par le Metropolitan Museum of Art, New York, et un autre tout aussi important provenant du Virginia Museum of Fine Arts, Richmond, tout deux particulièrement représentatifs du type d'objets produits par Tiffany tout au long de sa carrière, de la variété des procédés techniques et du riche répertoire de motifs qui caractérisent sa production;
- quatre des six vases ayant appartenu au Musée du Luxembourg (jusqu'en 1937) ;
- un nombre important d'oeuvres inédites provenant de collections privées.
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| Louis C. Tiffany Vase, c.1897 Verre Favrile New York, The Metropolitan Museum of Art ©Photo: The Metropolitan Museum of Art | Louis C. Tiffany Lampe " Glycines", c.1901 Verre Favrile, plomb, bronze Richmond, The Virginia Museum of Fine Arts Don de Sydney et Frances Lewis ©Photo : Katherine Wetzel |
THEMES DE L'EXPOSITION
L'exposition est divisée en six thèmes principaux :
1. LES DÉBUTS
Tiffany s'est souvent rendu en Europe au début de sa carrière, d'abord pour un séjour de cinq mois en 1865-66, puis, en 1868-69, pour étudier la peinture dans l'atelier parisien de Léon-Charles Bailly. Dès cette époque, puis au cours de ses autres voyages en Europe, il s'intéresse aux vitraux et à l'art du verre. Cet intérêt l'amènera petit à petit à se tourner vers le design du verre et sa production. Il reviendra souvent à Paris. En 1894, il commencera à y exposer ses vases en verre dans la galerie du marchand Siegfried Bing.
L'exposition explorera les influences qui se sont d'abord exercées sur les goûts et les créations de Tiffany, ainsi que ses premiers liens avec l'entreprise paternelle, Tiffany & Co. Elle montrera également la connaissance que l'artiste avait de la verrerie française et anglaise contemporaines ainsi que des techniques traditionnelles du verre italien, qui ont constitué la base de ses expériences de verrier, et ont contribué à l'élaboration d'un style personnel.
2. INTÉRIEURS
Tiffany s'est d'abord fait connaître comme décorateur d'intérieur, devenant dans les années 1880 et au début des années 1890 l'un des décorateurs américains les plus recherchés. Son entreprise a meublé quelques-unes des plus riches demeures des États-Unis, fournissant vitraux, tentures en velours et mobilier.
Maîtrisant parfaitement la publicité, il avait compris l'importance d'avoir une clientèle influente. Les intérieurs qu'il a conçus pour des personnalités comme le magnat du sucre Henry O. Havemeyer, l'écrivain Mark Twain et le président Chester Arthur à la Maison Blanche lui vaudront d'innombrables louanges.
Ces projets illustrent l'approche nouvelle de Tiffany, consistant à incorporer le verre dans le décor intérieur sous forme de vitraux, de lampes, de carreaux pour manteaux de cheminée, de rampes en métal et en verre et de mosaïques.
L'intégration d'éléments en verre constituera l'une des caractéristiques les plus originales des intérieurs de Tiffany et encouragera l'artiste à pousser plus avant l'exploration de ce matériau.
3. TIFFANY ET SIEGFRIED BING, PARIS
Le marchand d'art parisien Siegfried Bing visita les Studios Tiffany à New York en 1894, et devint le distributeur exclusif du verre Tiffany en Europe. Bing commanda des vitraux à Tiffany d'après les dessins de onze artistes français connus, parmi lesquels Pierre Bonnard, Toulouse-Lautrec et Édouard Vuillard. Ces vitraux furent exposés à Paris en avril 1895, au Salon de la Société nationale des beaux-arts. On remarquera tout particulièrement l'un d'entre eux réalisé d'après un dessin de Toulouse-Lautrec, Au nouveau cirque, Papa Chrysanthème, l'un des trois vitraux de la commande d'origine qui existent encore et aujourd'hui conservés au Musée d'Orsay.
En décembre 1895, Bing ouvrit la galerie L'Art Nouveau, qui donnera son nom à toute une époque. Il exposa non seulement les créations en verre Favrile de Tiffany dans sa galerie mais il entreprit également de proposer ses oeuvres à des musées et à des clients dans d'autres villes européennes. Des oeuvres de Tiffany achetées chez Bing par des musées français au cours de cette période (y compris le Musée du Luxembourg) seront présentées dans cette section.
4. VITRAUX
Le vitrail représentait un élément architectural important dans les demeures et les établissements culturels de l'époque. Une partie des vitraux commandés pour l'église presbytérienne américaine de Montréal et réalisés entre 1897 et 1902 constitueront l'un des points forts de cette section de l'exposition. La décoration d'églises était l'une des principales activités de l'entreprise de Louis C. Tiffany. Ses ateliers produisirent des vitraux aussi bien religieux que profanes pour des clients dans toute l'Amérique du Nord.
Peu de recherches ont été effectuées jusqu'ici sur cet élément - pourtant essentiel - de la production de Tiffany. L'exposition offrira une occasion unique d'évaluer l'importance des commandes et d'apprécier la maîtrise technique de son atelier dans ce domaine. Elle comprendra également des dessins et d'autres documents originaux illustrant cet aspect méconnu de la carrière de Tiffany.
5. VASES
Parallèlement à la production de vitraux, les ateliers Tiffany expérimentaient le verre en fusion, travaillé, étiré et soufflé de façon à obtenir des formes organiques, et à partir duquel de spectaculaires contrastes de couleur étaient créés pour des pièces que Tiffany commercialisa sous le nom de « Favrile » (du latin fabriles qui signifie « fait à la main »). Fort de son regard d'artiste, il supervisait les formes et le mariage des couleurs dans ses vitraux, ses vases et ses lampes. Ses sources d' inspiration étaient multiples : les surfaces marbrées et irisées des vases anciens en verre, les lignes courbes des plantes et des fleurs, les bleus et les verts éblouissants des plumes du paon, ainsi que les motifs abstraits obtenus en coulant le verre en fusion coloré. Il était fasciné par le verre et par la façon dont ce matériau reflète les couleurs et la lumière.
6. LUMINAIRES ET OBJETS DÉCORATIFS
Tiffany a su tirer profit de la nouvelle technologie de l'éclairage électrique pour mettre en valeur l'éclat et la transparence de ses abat-jour en verre sertis dans le plomb. La popularité de ses lampes en verre et en bronze sera telle que la marque Tiffany deviendra un nom générique. Dès 1902, l'entreprise propose près de trois cents modèles de lampes; pour satisfaire à la demande, elle adopte un mode de production en série. La malléabilité du bronze utilisé pour les pieds de lampe permettait de créer une infinité de formes organiques - enroulement de tiges, étalement de racines, etc. - inspirées du style Art nouveau. L'exposition présentera une large sélection de ces impressionnantes lampes Tiffany avec leur célèbre décor de glycines ou de magnolias. La passion de Tiffany pour le verre l'amènera à produire des mosaïques en verre irisé et des bijoux intégrant le verre Favrile dont quelques exemples figureront également dans l'exposition.
Louis C. Tiffany |
Louis C. Tiffany |
Musée du Luxembourg
19 rue de Vaugirard - 75006 Paris
http://www.museeduluxembourg.fr/
Réservations
www.billet-coupe-file.com (site de réservation du musée)
Tel : 08 92 684 694 (0,34 €/mn)
www.fnac.com / http://www.ticketnet.fr/
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