Disques et sémaphores - 20 juin-11 octobre 2010 - Musée national Fernand Léger à Biot (06)

le 21 juin 2010 à 16h00 , mis à jour le 23 juin 2010 à 16h53

ZOOM AFFICHE F LEGER 2

Disques et sémaphores
Le langage du signal chez

Léger et ses contemporains

 

 

   

 Fernand Léger (1881-1955)
La ville
1919
huile sur toile, 96,8 x 130,5 cm
New York, The Museum of Modern Art,
don de Florene May Schoenborn, 1996
© 2010. Digital image, MOMA, New
York/Scala, Florence
© Adagp Paris 2010

 

A l'occasion de son cinquantième anniversaire et deux ans après sa réouverture, le musée national Fernand Léger présente l'exposition Disques et sémaphores. Le langage du signal chez Léger et ses contemporains. A partir d'un sujet inédit élaboré par Arnauld Pierre (université Paris-Sorbonne), cette manifestation se propose de rapprocher les signes picturaux élaborés par le peintre autour de 1920 à ceux de la signalisation et de la signalétique moderne. Le développement des outils de communication, liés à l'essor des chemins de fer, des transports
maritimes et fluviaux et plus généralement à la transformation du paysage urbain, intéresse passionnément l'artiste, attentif aux mutations de son époque. Signaux, lettres et pictogrammes se retrouvent dans ses oeuvres sous forme de motifs plastiques, parfois schématisés jusqu'à l'abstraction. Le tableau fonde alors son efficacité sur les techniques de communication moderne privilégiant concision de la forme et aplat coloré.
L'exposition s'attache à retrouver l'influence et l'assimilation du code des signaux
maritimes, ferroviaires et urbains à travers de nombreuses oeuvres de Léger peintes autour de 1920, comme la Composition (Le Disque), 1918 (musée Thyssen-Bornemisza, Madrid), Le Grand Remorqueur, 1923 (musée Fernand Léger, Biot) et La Ville, 1919 (The Museum of Modern Art, New York. Florene May Schoenborn Bequest, 1996). Le matériau visuel qui leur sert de point de départ est évoqué à travers les reportages photographiques de Léon Gimpel et des acteurs de la Nouvelle Vision dans l'Entre-deux-guerres : François Kollar, Man Ray, Brassaï... Chez Léger, plus qu'un emblème du monde moderne, le signal devient prépondérant au sein de la composition, structurant la surface picturale tout entière.

 

 

Fernand Léger (1881-1955)
Composition (Le Disque)
1918
huile sur toile, 65 x 54 cm
Madrid, Museo Thyssen-Bornemisza
© museo Thyssen-Bornemisza, Madrid
fotografía: José Loren
© Adagp, Paris 2010

 

 

 

 Fernand Léger (1881-1955)
Composition sur fond vert
1929
huile sur toile, 81 x 130 cm
Paris, collection Maeght
© collection Maeght, Paris
© Adagp, Paris 2010

 

 

 Fernand Léger (1881-1955)
Le grand remorqueur
1923
huile sur toile, 125 x 190,6 cm
Biot, musée national Fernand Léger,
donation de Nadia Léger et de Georges
Bauquier en 1969
© service presse Rmn / Gérard Blot
© Adagp, Paris 2010

 

 

 Fernand Léger (1881-1955)
Projet d'affiche pour L'Inhumaine,
film de Marcel L'Herbier
1923
encre, gouache, mine de plomb sur
papier, 25 x 32,2 cm
Biot, musée national Fernand Léger
© service presse Rmn / Gérard Blot
© Adagp, Paris 2010

 

L'exposition s'intéresse aussi au cadre urbain comme le lieu privilégié de cette communication visuelle abstraite. Pendant l'Entre-deux-guerres, la grande ville apparaît comme une vaste imbrication d'images schématiques - enseignes, affiches, signalisation, plaques et panneaux.
Les oeuvres de Léger sur ce thème reflètent une expérience de la réalité urbaine placée sous le signe de la fragmentation et de la décomposition du mouvement. Pictogrammes figuratifs (contours de silhouettes humaines), schématiques (flèches directionnelles) ou symboliques (fragments de grilles ou de poutrelles métalliques) apparaissent comme autant de composantes d'une langue visuelle, à la fois élémentaire et universelle. L'écrit entre aussi dans ce projet de schématisation. Lettres et fragments de mots stylisés annoncent les recherches postérieures de Josef Albers au Bauhaus ou de Wladyslaw Strzeminski en Pologne sur la réduction des lettres à un seuil minimal de reconnaissance. La réduction pictographique est un autre aspect de la peinture héraldique de Léger, illustré par des oeuvres, proches de l'esthétique de l'enseigne, comme l'Hommage à la danse de 1925 (collection particulière). Elle trouve une descendance chez les progressistes de Cologne, Franz-Wilhelm Seiwert ou Gert Arntz,
l'un des inventeurs de l'isotype et de la pictographie moderne
.

 

 Fernand Léger (1881-1955)
Le transport des forces
1937
gouache et mine de plomb sur papier
rigide, 50,9 x 100 cm
Biot, musée national Fernand Léger,
donation de Nadia Léger et de Georges
Bauquier en 1969
© service presse Rmn / Gérard Blot
© Adagp, Paris 2010

 

 

 Marcel-Louis Baugniet (1896-1995)
L'homme du rail
1923, huile sur carton
85,2 x 67,8 cm
Dunkerque, musée d'art contemporain,
Direction des musées, LAAC, donation
de l'association de l'Art
Contemporain, 1996
© Direction des musées LAAC -
Dunkerque, photo Jacques Quecq
d'Henripret
© Adagp, Paris 2010

 

 

 Laslo Moholy-Nagy (1895-1946)
Schwarze Hieroglyphen (Hiéroglyphes
noirs)
1921
encre de chine et papier peint sur
papier calque, 23,9 x 33,5 cm
musée de Grenoble
© musée de Grenoble
© Adagp, Paris 2010

 

 

 Brassaï (Gyula Halasz, dit)
(1899-1984)
Gare St Lazare
1930-1932
épreuve gélatino-argentique,
17,3 x 23 cm
Paris, Centre Georges Pompidou,
musée national d'Art moderne / centre
de création industrielle, achat 1997
© collection Centre Pompidou,
dist. Rmn / Adam Rzepka

 

Le parcours s'achève par une évocation de l'« Exposition internationale des Arts et Techniques » de 1937, à Paris. L'esthétique du signal y atteint son apogée dans les décors du Palais des Chemins de fer, issus de la collaboration des époux Delaunay, de Félix Aublet et de Pierre Hodé. Alors que son influence sur certains grands décors de 1937 est manifeste, Fernand Léger soumet au comité d'organisation plusieurs projets d'animation de la Tour Eiffel qui, s'ils avaient été acceptés, auraient constitué un des temps forts de cette esthétique du signal. L'exposition de 1937 marque durablement la jeune génération d'artistes, dont Nicolas Schöffer, qui dix ans plus tard, tire ce langage de la signalétique du côté de la cybernétique, la science du traitement du signal.

 

 

 Franz Wilhem Seiwert (1894-1933)
Stadt und Land
1932, huile sur bois
70,6 x 80,7 cm
Cologne, Museum Ludwig
© Museum Ludwig, Cologne
© droits réservés

 

 

 Augustin Tschinkel (1905-1983)
La grève
1935, huile sur toile
45 x 35 cm
collection particulière
© droits réservés

 

 

 Gerd Arntz (1900-1988)
Isotypes
classeur n°5 : Menschen-groepen
(personnes-groupes), n°1991 sq.
années 1930, linogravures sur papier
découpées et entrecollées sur carton,
29,5 x 23 cm
La Haye, Gemeentemuseum
© Gemeentemusuem
© Adagp, Paris 2010

 

 

Musée national Fernand Léger
Chemin du Val de Pome
06410 Biot

Horaires
Ouvert tous les jours, sauf le mardi, les 25 décembre, 1er janvier et 1er mai.
1er  juin  - 31 octobre de 10h à 18 h
1er Novembre - 31 mai de 10h à 17 h

le 21 juin 2010 à 16:00
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