Lisette Model du 9 février au 6 juin 2010 au Jeu de Paume

Par Stéphanie GENESTAR, le 08 février 2010 à 12h09 , mis à jour le 23 mars 2010 à 10h52

affiche Lisette Model v1© The Lisette Model Foundation, Inc. (1983). Used by permission

 

"Lorsque je pointe mon objectif sur quelque chose, je pose une question, à laquelle la photographie permet t ra peut -êt re de répondre. En d'aut es termes, je ne suis pas celle qui sait ou qui veut prouver quelque chose, mais celle qui reçoit une leçon."
Dans le contexte d'une certaine photographie documentaire - la street photography qui se développe à New York pendant les années quarante avec les travaux de Weegee, Helen Levitt, Roy de Carava...-, l'oeuvre de Lisette Model est unique : pour elle, réussir une photographie c'est photographier "avec ses tripes".

Avec 120 photographies, l'exposition regroupe des extraits de l'ensemble des grandes séries de l'artiste, de ses premières photographies prises à Paris et à Nice au début des années 30, à celles du Newport Jazz Festival ou de l'hippodrome de Belmont Park prises à New York dans les années 50. Cristina Zelich, commissaire de l'exposition s'est attachée à mettre en avant les aspects les plus caractéristiques des prises de vue de Lisette Model : approche audacieuse et franchise du regard ; utilisation du gros plan ; contreplongée ; cadrages radicaux (elle n'hésitait pas à recadrer certains négatifs pour en éliminer les détails superflus, leur imprimer un certain dynamisme et conférer à l'image plus de force ou d'expressivité) ; accentuation du noir afin d'augmenter les contrastes lors du tirage des épreuves.
Les photographies sont accompagnées de vidéos et d'enregistrements sonores qui permettront de voir et d'entendre Lisette Model, ainsi que de revues originales avec lesquelles elle a collaboré (Regards, Harper's Bazaar, etc.).

 

 
 Lisette Model,
Alberta-Alberta, Hubert's 42nd Street Flea Circus, New York, c. 1945
Tirage gélatino-argentique d'époque. 49,1 x 39 5 cm
National Gallery of Canada, Ottawa, don de la Succession de Lisette Model, 1990, sous la direction de Joseph
G. Blum, New York, par l'entremise des American Friends of Canada
© The Lisette Model Foundation, Inc. (1983).


(...) Les premières photographies de Lisette Model qui nous soient parvenues ont été prises entre 1933 et 1938 à Paris et sur la Côte d'Azur. En dépit de son maigre bagage technique, elle y manifeste déjà sa marque singulière, faisant
preuve dès le départ d'un regard très personnel, extrêmement direct et à la fois respectueux des sujets photographiés.


Dès le début, elle pointa son objectif sur les pôles opposés de la société : les nantis d'un côté, les plus démunis de l'autre ; sur les solitaires, les vieilles femmes. Elle encouragea très souvent ses élèves à photographier ce qui leur faisait peur. Pour elle, photographier revenait à poser des questions, auxquelles répondaient les images. Elle ne nouait généralement aucun lien avec les personnes que captait son objectif, ce qui ne l'empêchait pas de porter sur elles un regard plein d'empathie. (...)

 

À Nice, elle réalisa sa fameuse série sur la Promenade des Anglais, en 1934. Model ne fit jamais aucune allusion au fait que certains clichés de cette série et d'autres effectués sur la Côte d'Azur étaient parus dans le magazine Regards en juin 1935, pour illustrer un article de Lise Curel extrêmement dur dans sa critique de la bourgeoisie.

 

 Promenade des Anglais
Nice, 1934
Lisette Model
Tirage gélatino-argentique d'époque. 43 x 35,5 cm
Fundación MAPFRE, Madrid
© The Lisette Model Foundation, Inc. (1983).
Used by permission

 

 
 Promenade des Anglais, Nice
C. 1934
Lisette Model
National Gallery of Canada, Ottawa, don de la Succession de Lisette Model, 1990, sous la direction de Joseph G. Blum, New York, par l'entremise des American Friends of Canada.
© The Lisette Model Foundation, Inc. (1983). Used by permission

 


Six ans plus tard, précisément en janvier 1941, alors que Model était déjà installée à New York, ses photos de la Promenade des Anglais parurent à nouveau, cette fois dans le magazine illustré PM's Weekly, une publication dirigée par Ralph Steiner. Les clichés - sept en tout, en comptant la couverture - étaient regroupés sous le titre Why France fell? (Pourquoi la France est tombée ?), et le
texte comme les légendes ne laissaient guère de marge au lecteur pour envisager ces images sous un angle autre que celui d'une accusation féroce contre toute une classe sociale, à laquelle tous les maux de la France étaient imputés. Le regard mi-amusé, mi-railleur que Lisette Model avait posé sur les personnages de la Promenade des Anglais, représentants d'une bourgeoisie européenne fortunée et oisive ayant trouvé refuge dans le Sud de la France et volontairement ignorante des bouleversements politiques et économiques qui allaient avoir lieu, une bourgeoisie qu'elle connaissait de très près puisque sa propre famille en était issue, ce regard disparaissait totalement - comme cela avait d'ailleurs déjà été le cas avec la parution dans Regards. (...)
Jusqu'en 1938, année où elle s'embarqua pour New York en compagnie de son mari Evsa Model - un peintre d'origine russe issu d'une famille juive, installé à Paris, qu'elle avait épousé en 1937 -, Model photographia non seulement le Sud de la France, mais aussi les rues de Paris.
Le choix de ses modèles laissait déjà entrevoir la tournure que prendrait son art aux États-Unis : des mendiants, des aveugles, des vieilles dames esseulées, autant de personnages anonymes rencontrés au hasard de ses déambulations en ville.

 

Ce qui au départ ne devait être qu'une simple visite de quelques semaines à la soeur de Evsa, Luba Ash, qui vivait à New York, finit par se transformer en voyage sans retour. Lisette et Evsa décidèrent de rester : la ville les fascinait, ils avaient de quoi vivre un certain temps, et, de plus, le climat de persécution antisémite et les troubles sociaux consécutifs à l'instabilité économique faisaient de l'Europe un endroit dangereux pour quiconque, et plus particulièrement pour les juifs.

Les photographies exprimant le mieux la forte impression qu'allait faire New York sur Lisette Model sont sans doute les séries "Reflections" (1939-1945) et "Running Legs" (1940-1941). Au plan stylistique également, ces images se distinguent du reste de sa production où prédomine le portrait direct.

 

 Reflections (Reflets), New York
c. 1939-1945
Lisette Model
Fundación MAPFRE, Madrid
© The Lisette Model Foundation, Inc. (1983).
Used by permission

 

 
 Running Legs, 5th Avenue [Jambes de passants, 5e avenue]
New York, c. 1940-1941
Lisette Model
Tirage gélatino-argentique moderne (1980).
49,4 x 39,4 cm
National Gallery of Canada, Ottawa, achat 1985
© The Lisette Model Foundation, Inc. (1983).
Used by permission

 

 

Dans "Reflections", Model pointe son objectif sur les devantures de magasins, sur les vitrines desquels se reflètent les allées et venues des piétons et l'architecture des gratte ciel. Sans autre intervention que le cadrage, Model superpose dans une même image plusieurs réalités physiquement éloignées les unes des autres, à la façon d'un collage : les objets exposés en vitrine se mêlent aux reflets des passants et des immeubles du trottoir d'en face, le tout sur un même plan, de façon à rendre le brouhaha, l'activité commerciale, et, en même temps, l'aspect grandiose et chaotique de la ville.


Dans "Running Legs", Model adopte un point de vue proche du sol, son objectif pointé sur les pieds des passants qui, aux heures de pointe, parcourent précipitamment les rues pour rejoindre leur lieu de travail, prendre le métro ou faire leurs courses. De sombres silhouettes, des jambes de femmes et d'hommes traversant la rue, marchant sur le trottoir ou montant des escaliers, des jambes
anonymes, sans corps, recréant parfaitement l'ambiance frénétique de la ville moderne. On trouvait déjà des cadrages de ce type dans le film documentaire The City (1939), réalisé et tourné par Ralph Steiner et Willard Van Dyke, comme un moyen de traduire le rythme inhumain imposé par la métropole.

Autre série d'images associée à cette marée humaine se déplaçant sur les trottoirs de New York, "Pedest rians" (vers 1945) regroupe des portraits de piétons extraits de la foule. Lisette Model se servait d'un appareil Rolleiflex qu'elle pouvait tenir à hauteur de taille, l'objectif levé vers les piétons qu'elle croisait. Un grand nombre de ses portraits sont ainsi pris du bas vers le haut, dans un
mouvement de contreplongée caractéristique de ses prises de vue. Les  personnages captés parmi la foule acquièrent de ce fait une allure imposante, voire hautaine, et l'ombre projetée par le bord de leur chapeau sur la plupart des visages d'hommes ne fait qu'accentuer leur air bourru. Des inconnus, jaloux de l'anonymat que confère la grande ville, étonnés de voir ce petit bout de femme, un appareil entre les mains, braquer sur eux son objectif. Ici, comme dans les portraits réalisés sur la Promenade des Anglais, l'attirance de Model pour les personnes qu'elle prenait en photo est palpable.

 

Il semble que Lisette et son époux se soient rapidement liés à des artistes et à des photographes, de nouvelles connaissances ou encore des amis européens qui, comme eux, avaient émigré aux États-Unis. Au début des années 1940, devant la diminution vertigineuse des fonds qu'elle avait réussi à ramener d'Italie en vendant quelques propriétés de son père avant d'émigrer, Model se
mit en quête d'obtenir un travail et répondit à une annonce du magaz ine PM, qui
recherchait du personnel pour son laboratoire photo. Model lui ayant soumis les images qu'elle avait prises en France, Ralph Steiner lui proposa de les publier dans son hebdomadaire. Percevant la singularité du regard de la photographe, il l'encouragea à lui soumettre de nouvelles images mais la mit également en contact avec Alexey Brodovitch, le directeur artistique du magazine Harper's
Bazaar, qui, à son tour, n'hésita pas à parler d'elle à Beaumont Newhall, directeur du tout récent Département de photographie du Museum of Modern Art de New York. Newhall, Ansel Adams et Lisette Model se réunirent en octobre 1940. Cette rencontre allait donner lieu à l'acquisition de deux photographies et au début d'une amitié sincère avec Adams - qui dirigeait depuis 1939 l'une des revues de photographie les plus cotées et les plus populaires, US Camera, où Model serait
également publiée - et avec l'épouse de Newhall, Nancy.
C'est sans doute encore Steiner qui l'introduisit au sein de la Photo League, où elle fit la connaissance de Berenice Abbott et de la critique Elizabeth McCausland, et où elle réalisa sa première exposition individuelle aux États-Unis, en mai-juin 1941.

La période la plus féconde de la carrière de Lisette Model se situe incontestablement ent re les années 1939 et 1949.
Admirée des plus grandes personnalités du milieu de la photo et sollicitée par les publications illustrées, elle reçut plusieurs commandes successives de Brodovitch pour Harper's Bazaar qui n'hésita pas à publier ses séries désormais illustres prises dans les rues du Lower East Side, du Bowery, et dans quelques-uns de leurs bars et clubs nocturnes les plus fréquentés : le Sammy's Bar, le Gallagher's ou encore le Metropole Cafe. La première photo publiée par Model, dans Harper's Bazaar, f ut Coney Island Bather, le portrait d'une baigneuse opulente et enjouée au bord de la mer.

 

 
 Coney Island Bather [Baigneuse, Coney Island]
New York, c. 1939-1941
Lisette Model
Tirage gélatino-argentique d'époque. 50,5 x 40,5 cm
Fundación MAPFRE, Madrid
© The Lisette Model Foundation, Inc. (1983).
Used by permission


En revanche, elle ne parvint pas à se faire une place dans les pages de deux autres grands magazines illustrés d'alors, Life et Look. Le contenu social, la franchise du regard et les cadrages radicaux de ses images ne faisaient pas bon
ménage avec le ton bien plus modéré de ces publications.
Dans la seconde moitié des années 1940, avec la fin de la Seconde Guerre mondiale, les commandes pour Harper's Bazaar diminuèrent progressivement en raison de la ligne plus conservatrice qui caractérisa dès lors la revue.
Model recevait de moins en moins de commandes. La situation financière du couple commença à devenir critique. Evsa ne connaîtrait jamais le succès avec ses tableaux, de sorte que les seuls revenus des Model provenaient des ateliers que le peintre organisait à son propre domicile et des travaux commandés à Lisette. De 1946 à 1949, celle-ci se rendit à plusieurs reprises sur la côte Ouest où elle réalisa les port rait s d'intellectuels, d'art istes et de photographes - Henry Miller, Dorothea Lange, Edward Weston, Imogen Cunningham, entre autres - et réalisa l'une de ses séries les plus percutantes en photographiant le public de l'Opéra de San Francisco. Par le truchement d'Ansel Adams, elle obtint de donner des cours à la California School of Fine Art s. Ce fut sa première expérience didactique, avant qu'elle se décide à donner des cours particuliers pour gagner sa vie et qu'elle accepte l'invitation de Berenice Abbot t à venir t ravailler à la New York School for Social Research de New York, en 1951.
 

Si l'on en croit les déclarations de Lisette Model, plusieurs années plus tard, concernant ses débuts dans l'enseignement de la photographie, ces derniers n'ont pas dû être faciles : "J'ai été propulsée dans la photographie sans savoir de quoi il s'agissait. J'ai été publiée et mise sur un piédestal sans même savoir ce que j'avais fait. [...] Puis Ansel Adams m'a poussée vers l'enseignement alors
que je n'avais pas la moindre préparation. [...] Et enseigner, enseigner, enseigner, et la peur d'enseigner, et le trac".

Au début des années 1950, Lisette Model continuait de photographier parallèlement à ses cours - c'est de cette époque que datent les images du Fest ival de Jazz de New York ou les photos de courses hippiques -, jusqu'à ce que sa carrière d'enseignante prenne tout à fait le pas.
Ainsi que le souligne Ann Thomas, sa prise de distance vis-à-vis de la production photographique est peut -être due au fait qu'elle était surveillée par le FBI depuis 1952. Bien qu'elle ne fût jamais accusée d'activités antiaméricaines, la pression et le sentiment de ne pas pouvoir photographier librement ses sujets de prédilection eurent finalement raison d'elle.



Model se consacra à l'enseignement jusqu'à sa mort , en 1983. On trouve au nombre de ses élèves Helen Gee - fondatrice de la Limelight Gallery à New York -, Diane Arbus - qui commença ses études avec elle en 1957, et avec qui elle resta très liée -, Larry Fink ou Rosalind Solomon. Les témoignages de certains d'entre eux sur leur expérience aux côtés de Lisette Model évoquent une personne ayant réussi à leur transmettre une façon de comprendre la photographie : photographier ce par quoi l'on est passionné au lieu de se demander comment les images seront perçues, s'approcher de son sujet, s'intéresser à son environnement, rompre avec les conventions, la routine qui rend aveugle et empêche de voir la plupart des images qui nous entourent, vivre au présent et réagir à la fraîcheur de l'instant. (...)
Les photographies de Lisette Model possèdent une qualité étrange : elles happent le spectateur et font de lui un acteur de la scène. On a beaucoup de mal à garder ses distances, comme si l'on était soudainement gagné par l'immense curiosité guidant le regard de l'artiste, qui s'est approchée comme personne auparavant des sujets visés avec son appareil.
Le recours au flash lui permettait de figer l'instant - pour Model, "la photographie est l'art de la fract ion de seconde" -, de faire ressortir et d'exalter le sujet photographié. Une image datée de 1949 place même le reflet du flash au centre de la photo, entre les têtes de deux femmes prises sur le vif tournant leur regard vers l'appareil, ou vers le spectateur ébloui à son tour par ce même flash, pris lui aussi dans ce jeu de miroirs.


Model n'hésitait pas à recadrer ses négatifs pour en éliminer les détails superflus, leur imprimer un certain dynamisme et conférer à l'image plus de force ou d'expressivité. Sa perception du négatif comme une matrice à retravailler en vue de composer l'image finale rend ainsi extrêmement intéressante l'analyse des éléments inclus dans le cadrage. L'un de ces éléments, jouant visiblement un rôle essentiel dans beaucoup de ses clichés, sont les mains : des mains au premier plan montrant du doigt, des mains gantées, des mains élégantes et baguées, des mains qui caressent ou qui aggripent. Des mains apparemment autonomes, composant une subtile chorégraphie de gestes.

 

 

 

 Nick's
New York, c. 1940-1944
Lisette Model
Tirage gélatino-argentique d'époque. 25 x 34,7 cm
National Gallery of Canada, Ottawa, don de la Succession de Lisette Model, 1990, sous la direction de Joseph G. Blum, New York, par l'entremise des American Friends of Canada
© The Lisette Model Foundation, Inc. (1983).
Used by permission
 
 

 

Model ne sera jamais experte en techniques de laboratoire, et ne semble d'ailleurs pas s'en être trop soucié. Ses propres tirages se différencient de ceux qu'imprimèrent d'autres tireurs en suivant ses indications, en ce qu'ils sont beaucoup plus gris et moins contrastés. C'est sans doute Brodovitch qui lui apprit l'efficacité des noirs intenses et l'importance des lumières hautes. La proximité, inhérente au travail de Model, vis-à-vis de ses sujets, que ce soit à la sortie de l'Opéra ou dans le brouhaha du Sammy's Bar ou du Nick's, se manifeste clairement dans ses clichés.
Grâce à elle, en un sens, le spectateur peut ressentir la présence physique des
personnages photographiés ; l'on peut presque entendre la musique et la rumeur
des conversations, sentir la fumée des cigarettes ou les haleines chargées d'alcool, toucher la douceur des manteaux de fourrure, percevoir le léger crissement des robes en taffetas. C'est par la proximité, mais aussi par le point de vue - presque toujours en contreplongée - que Model parvient à rendre encore plus imposants certains de ces personnages immenses se dirigeant vers l'objectif.
L'attirance pour les volumes importants est encore une manière de traduire la dimension physique de ces rencontres fortuites dans les rues du Lower East Side. (...)


Les rues et les bars furent les thèmes de prédilect ion de Model, mais aussi d'autres photographes qui comme elle appartenaient au milieu de la Photo League ou de la revue PM's Weekly. L'on citera parmi eux Rebecca Lepkoff  et Weegee, qui par ailleurs étaient nés dans le quartier. Le photographe Gjon Mili, principalement connu pour son utilisation du flash stroboscopique, était lui aussi un habitué des clubs nocturnes. Mais tandis que Lepkoff brosse à travers ses photographies un portrait aimable et choral du quotidien des rues de l'East Lower Side, Weegee, qui s'était plusieurs fois retrouvé nez-à-nez avec Model dans les mêmes bars où elle avait l'habitude de travailler, livre quant à lui une vision sans concession, extrêmement crue et brutale de ce monde.

On a là, assurément, trois visions complémentaires, puisque sans détourner son objectif de la misère qu'elle rencontrait dans les rues, Model sut aussi voir l'humanité des gens qui habitaient le quartier ou fréquentaient le Sammy's Bar, à la recherche d'un peu de chaleur humaine - cette chaleur humaine qu'elle a su capter avec tant d'habileté dans ses images.
Le monde du spectacle et ses personnages éveillèrent aussi fortement la curiosité et l'admiration de Model. Comment oublier ses photographies d'artistes travestis tel, par exemple, Albert/Alberta, celles de la danseuse noire Pearl Primus, et surtout les portraits totalement expressionistes de son amie, l'actrice Valeska Gert, évoquant les jeux d'ombres et de lumières d'un des plus grands maîtres du
cinéma expressionniste, également viennois : Fritz Lang. Au milieu des années 1940, elle réalisa une série d'images de cirque, en prenant de loin les évolutions de funambules et de trapézistes surgissant de l'obscurité dans le faisceau de lumière des projecteurs - images, extrêmement graphiques, elles constituent une sorte de parenthèse dans son oeuvre.


Dans tous ses clichés datés des années 1950, que ce soit les images de plusieurs éditions du Festival de Jazz de New York ou la série réalisée à l'hypodrome de Belmont Park, Model restera fidèle aux lignes de force de sa carrière de photographe : la façon directe et sans préjugés d'envisager une réalité qui l'intrigue et la captive ; les prises de vue en contreplongée pour faire ressortir les volumes, sur un mode quasi caricatural ; son refus instinctif de se contenter de l'évidence, cherchant toujours les détails ou les situations  marginales ; cette capacité à percevoir et à traduire en images la solitude et la fragilité, au-delà des apparences. Lors des concours hippiques, elle dirige son objectif sur les spectateurs attentifs aux résultats, pari en main ; elle ne donne pas des vues d'ensemble, mais au contraire des plans rapprochés, de façon à rendre palpable pour le spectateur la tension qui habite les personnages.

 

 

 

 Valeska Gert
c. 1940
Lisette Model
Tirage gélatino-argentique d'époque. 34,6 x 27,7 cm
National Gallery of Canada, Ottawa, don de la Succession de Lisette Model, 1990, sous la direction de Joseph G. Blum, New York, par l'entremise des American Friends of Canada
© The Lisette Model Foundation, Inc. (1983).
Used by permission

 

 

Biographie
Extraite du catalogue de l'exposition


1901 : Lisette Model naît à Vienne au sein d'une famille bourgeoise aisée. Son père, Victor Stern, rattaché au corps médical de l'armée impériale, est un homme cultivé, passionné de musique et grand lecteur. Il posséde des propriétés en Italie, héritées de sa mère. Victor Stern a épousé Félicie Picus, une jeune Française catholique qui s'est rendue à Vienne pour servir à la Cour, à moins que ce ne soit pour apprendre l'allemand. Lisette est baptisée Élise Amélie Félicie Stern.


1903 : Devant l'antisémitisme qui commençe à gagner l'Autriche, Victor Stern décide de substituer à son patronyme celui de Seybert afin d'occulter son ascendance juive.


1918 : Lisette commence son éducation musicale en prenant des cours de piano avec Eduard Steuermann.

1920 : Elle apprend l'harmonie, l'analyse, le contrepoint et l'interprétation auprès d'Arnold Schönberg à l'école Schwarzwald.


1924 : Victor Seybert meurt.
Elle commence des études de chant avec la cantatrice d'opéra Marie Gutheil-Schoder. Lisette Model se lie d'amitié avec Trudi Schönberg, la fille du compositeur, qu'elle a connu à l'école Schwarzwald. Une amitié qui va lui ouvrir les portes d'un milieu culturel, et l'initier à des idées et une musique différentes de ce qu'elle a connu jusqu'alors dans son cercle familial.


1926 : La mère de Lisette décide de quitter l'Autriche, et de revenir en France. Elle s'installe à Nice, où la famille posséde un appartement.
Lisette Model choisit de s'installer à Paris où elle prend des leçons de chant avec Marya Freund, célèbre cantatrice d'origine polonaise, naturalisée française, qui interprétait les chansons des musiciens modernes : Poulenc, Schönberg (elle chanta la version française de Pierrot Lunaire et fut l'ambassadrice du compositeur en France), Debussy, Ravel et Falla, entre autres.
Lisette fait appel à sa soeur Olga et à quelques-unes des amies avec lesquelles elle s'est liée à Paris - Rogi-André et Florence Henri - afin d'acquérir quelques connaissances sur la technique photographique, notamment les opérations de laboratoire.


1933 : Des motifs encore non élucidés à ce jour la poussent à abandonner définitivement la musique. Elle se met à la peinture, et s'intéresse à la photographie sous l'influence de sa soeur Olga.
Des raisons strictement économiques lui font abandonner la peinture pour la photographie dans le but de devenir technicienne de laboratoire. Elle achète son premier appareil photo, ainsi qu'un agrandisseur.
Son amie Rogi-André, photographe et première épouse d'André Kertész, lui apprend à manier son Rolleiflex. Alors qu'elles parcourent Paris, elles prennent leurs premières photographies, et Lisette reçoit de Rogi-André l'unique leçon de photographie qu'elle ait jamais admise : "Ne prends jamais ce qui ne te passionne pas."
Elle se lie d'amitié avec la photographe Florence Henri.


De 1933 à 1938, Lisette Model photographie à Paris et sur la Côte d'Azur.

1934 : Elle commence à Nice sa première série, la "Promenade des Anglais". Il s'agit de portraits de la bourgeoisie décadente et oisive de la Côte d'Azur.
Elle rencontre Evsa Model, un artiste constructiviste, d'origine russe, issu d'une famille juive et ancien propriétaire de la librairie L'Esthétique à Paris, où se donnaient rendez-vous artistes et intellectuels. À l'instar de Piet Mondrian et de Michel Seuphor, Evsa Model fit partie du mouvement parisien Cercle et Carré.


1935 : Publication d'extraits de sa "Promenade des Anglais" dans la revue Regards, d'affiliation communiste.
Elle commence à se rendre fréquemment en Italie, où elle possède des propriétés, héritées de son père.


1937 : Bref apprentissage auprès de Florence Henri.
Lisette Model épouse Evsa Model au mois de septembre.


1938 : En septembre, sa photographie Famous Gambler paraît dans la revue Liliput.
En octobre, elle se rend à New York avec Evsa. Elle laisse à Paris les clichés réalisés lors de ses voyages en Italie - matériel qui sera finalement perdu.
En décembre, les Model s'installent 310, Riverside Drive West 103rd St., dans le building art déco Master Apartments.


1939 : Elle se met à photographier différents lieux de la ville, comme Wall Street ou Battery Park.
Premières images de la série "Reflections".


1940 : En cherchant du travail comme technicien de laboratoire, Lisette Model fait la connaissance de Ralph Steiner, rédacteur en chef du magazine PM's Weekly. Steiner décide de publier des images de la "Promenade des Anglais", et l'engage comme photographe. Le Museum of Modern Art de New York crée le premier département de photographies, et achète quelques-unes de ses oeuvres.
En décembre, la revue Cue publie plusieurs clichés de la série "Reflections".
Le 31 décembre, est inaugurée au MoMa l'exposition " Sixty Photographs: A Survey of Camera Aesthetics", comprenant une photographie de la "Promenade des Anglais", ainsi que des oeuvres de Helen Levitt, Berenice Abbott, Ansel Adams, Man Ray, Dorothea Lange, Alfred Stieglitz et Paul Strand.


Commence alors l'époque la plus prolifique de sa vie (1940-1947), pendant laquelle elle exécute ses séries les plus connues.


1941 : Elle photographie Valeska Gert (mime, danseuse et vedette de cabaret), la propriétaire du Beggar's Bar, avec qui elle noue une amitié étroite.
Elle présente sa première exposition individuelle à la Photo League, une coopérative de photographes professionnels et amateurs qui défendent la dimension de document social de la photographie. Elle expose des images des séries "Promenade des Anglais", "Reflections", "Running Legs", ainsi qu'un portrait de Valeska Gert.
Elle collabore avec la revue Harper's Bazaar, alors dirigée par Alexey Brodovitch. Coney Island Bather, son célèbre portrait d'une femme obèse en maillot de bain, est le fruit de la première commande de la revue pour illustrer l'article "How Coney Island Got That Way".


1942 : La guerre rend plus difficile la communication avec sa famille en Europe.
Elizabeth McCausland écrit le premier texte critique analysant en profondeur l'oeuvre de Model.
Elle commence à photographier le Lower East Side.

1943 : Les Model élisent domicile dans l'East Village.
Lisette se rend à Washington pour photographier l'effervescence de la capitale en temps de guerre.
Elle rencontre Roy Stryker et Edward Steichen.
Elle expose à l'Art Institute of Chicago.


1944 : Evsa et Lisette obtiennent la citoyenneté américaine. Le nom Lisette remplace définitivement celui d'Élise.
Sa mère meurt le 21 octobre.


1945 : Evsa commence à donner des cours de peinture à la maison. Les Model font la connaissance du commissaire d'expositions Douglas MacAgy, qui invite Evsa à animer un atelier d'été à la California School of Fine Arts (CSFA).
Lisette prend en photo des vitrines reflétant le deuil des Américains après le décès de Franklin D. Roosevelt.


1946 : Elle photographie le Westminster Kennel Club Dog Show au Madison Square Garden.
Premier séjour à San Francisco. Rencontre avec les MacAgy. Elle découvre le Département de photographie de la CSFA fraîchement créé par Ansel Adams, où elle entre en contact avec la communauté des photographes de San Francisco.
Jermayne MacAgy présente des oeuvres de Lisette au California Palace of the Legion of Honour.
Les photographies sont exposées sur des lignes de couleurs primaires tracées à même le mur. Les titres des images sont inscrits sur des morceaux de journal.
Elle réalise une série de portraits de personnalités telles que Robert Oppenheimer, Salvador Dalí, Roger Sessions, Edward Weston, Imogen Cunningham, Dorothea Lange ou Ansel Adams.


1947 : Certains des portraits effectués à San Francisco paraissent dans Harper's Bazaar, sous le titre "The Intellectual Climate of San Francisco".


1949 : La Fondation Guggenheim lui refuse une bourse pour le projet "New York, ses habitants et son environnement".
John Morris, du magazine Ladies Home Journal, la charge d'illustrer l'article "How America Lives".
Elle se rend à Reno, où elle photographie des sujets aussi divers que des joueurs dans un casino, des rodéos ou des femmes en instance de divorce.
Publication de The History of Photography par Beaumont Newhall, où figure l'une de ses photographies.
L'exposition collective "Leading Photographers", produite par le MoMa, comprend quinze de ses oeuvres.
En août, les Model retournent en Californie, où ils sont reçus par Ansel Adams. Ce dernier propose à Lisette d'assurer le cours de Photographie documentaire à la CSFA. Elle ne quittera plus l'enseignement.


1950 : Elle échange son Rolleiflex contre un Leica 35 mm.
Le 20 octobre, elle participe au colloque organisé par Edward Steichen au MoMa : "Qu'est-ce que la photographie moderne ?".
Jacob Deschin, chroniqueur au New York Times, lui offre sa colonne pour coucher par écrit ses idées sur la photo et l'enseignement. Dans cet article, intitulé "Pictures as Art", Model rompt avec les schémas habituels sur la photographie d'art et la photographie documentaire.
Elle se lie d'amitié avec le photographe Minor White, qu'elle aide en montrant son travail à Brodovitch, Steichen et John Morris.
La revue Flair refuse ses photographies. Harper's Bazaar est désormais la seule publication qui continue à l'employer.

1951 : Au printemps, elle intègre le corps enseignant de la New School for Social Research de l'Université de Columbia, un poste qu'elle conservera jusqu'à la fin de sa vie. Alexey Brodovitch, Josef Breitenbach et Berenice Abbott sont parmi ses collègues.
Elle commence à donner des cours particuliers.
Ses premières leçons s'intitulent "Fonction actuelle de l'appareil petit format en photographie" et "Photographier New York et ses habitants". Model associe cours théoriques et travail sur le terrain, et s'appuie sur des ouvrages de photographes qu'elle admire comme August Sander ou plus tard Josef Koudelka.Parmi ses élèves, l'on citera Diane Arbus, Peter Hujar, Bruce Weber, Larry Fink ou encore Rosalind Salomon.
Sous le maccarthysme, la Photo League est dissoute lorsqu'elle est qualifiée d'organisation subversive par la Commission des activités anti-américaines.


1952 : En avril, lancement de la revue Aperture avec un article de Minor White, "Exploratory Camera: A Rationale for the Miniature Camera", dans lequel l'auteur reconnaît sa dette intellectuelle envers Lisette Model.
Elle commence à caresser l'idée d'un livre consacré aux musiciens de jazz, avec des poèmes de Langston Hughes et un texte de Rudi Blesch. Elle y travaillera jusqu'en 1956, mais, faute de financement, le livre ne verra jamais le jour.


1953 : Ses difficultés financières l'obligent à se rendre en Italie pour récupérer une propriété. À Rome, elle prend près de mille négatifs 35 mm d'oeuvres et de monuments.
Durant son séjour en Europe, elle fait l'objet d'une enquête de la Commission des activités antiaméricaines.


1954 : Elle séjourne au Venezuela, où elle photographie les populations autochtones et des personnalités de la société de Caracas, dont l'artiste Armando Reverón.
Elle photographie les interprètes du Newport Jazz Festival lors des éditions 1954, 1955 et 1956.
Ouverture à New York de la Limelight Gallery par son ancienne élève, Helen Gee. La galerie devient le lieu de rendez-vous, d'accueil et d'exposition des photographes de l'époque.


1955 : Fin de sa collaboration avec Harper's Bazaar.
L'une de ses oeuvres est présentée au MoMa dans l'exposition "The Family of Man", dont Edward Steichen est le commissaire.


1956 : Publication de ses deux dernières commandes : "Armando Reverón: Famous Venezuelan Painter Shown for the First Time in the US", dans le magazine Vogue, et "Camera at the Race Track" dans Cosmopolitan.
Bien qu'elle continue à photographier, elle cesse de développer et de tirer ses images. Elle ne reprendra ses activités normales de développement et d'agrandissement qu'après sa rencontre avec Gerd Sander, en 1975.


1957 : Diane Arbus devient son élève. Une riche amitié se noue entre elles.

1960 : Lisette Model reprend l'atelier de niveau supérieur, assuré jusque-là par Berenice Abbott à la New School for Social Research.


1962 : Elle recommande Diane Arbus pour une bourse de la Guggenheim Foundation.

1964 : Encouragée par Diane Arbus, elle sollicite une bourse Guggenheim pour réaliser une série sur le thème "Glamour, l'image de notre image" (Glamour: The Image of Our Image), dans le cadre d'un projet plus vaste qu'elle intitule "Photographic studies of the social and artistic history of our time" ("Études photographiques de l'histoire sociale et artistique de notre temps").


1965 : La Guggenheim Foundation lui accorde une bourse de 5 000 dollars pour une période d'un an.


1966 : Elle photographie le danseur d'origine britannique Hugh Laing.
Elle se rend à Las Vegas et à Los Angeles pour poursuivre le projet financé par la Guggenheim Foundation. Les résultats ne sont pas concluants, puisqu'on lui interdit de photographier à l'intérieur des casinos, et qu'elle trouve Hollywood quelconque.


1967 : En octobre, elle se rend en Italie pour photographier des oeuvres exposées dans différents musées. Un problème de santé l'oblige à regagner New York.


1968 : Elle est nommée membre d'honneur de l'American Association of Magazine Photographers.


1970 : Dans les dernières années de sa vie, elle continue à prendre des photos, notamment lors de ses voyages, mais laissera un nombre considérable de négatifs non tirés.
Elle fait appel à d'autres photographes pour faire des tirages de ses précédents travaux.
Elle sollicite une bourse à l'Ingram Merril Foundation pour poursuivre son "Étude photographique de l'histoire sociale et artistique des temps modernes". Elle obtient 2 000 dollars.


1971 : La Floating Foundation of Photography présente des photographies de Lisette Model dans l'exposition collective "The People, Yes!". Elle participera à d'autres expositions de la fondation au cours des années 1970.


1973 : Elle reçoit une aide de 2 500 dollars du Creative Artists Public Service Program. Elle dirige un atelier d'été à Berkeley, où elle photographie le monde hippie et étudiant.


1974 : Elle se lance dans la conception d'un portfolio de douze photos avec le soutien de Harry Lunn, de Graphics International.

1975 : Elle rencontre Gerd Sander, le petit-fils du photographe August Sander, qui devient son galeriste et son homme de confiance au laboratoire, et qui sera chargé du tirage de ses oeuvres.
Elle fait partie de l'exposition collective "Women on Photography. A Historical Survey", organisée au San Francisco Museum of Modern Art.


1976 : En janvier, victime d'un infarctus, Evsa est placé sous surveillance médicale constante. Il décède le 19 octobre.


1977 : Publication du portfolio de Graphics International. Les tirages sont l'oeuvre de Richard Benson et de Gerd Sander.
Aperture envisage la publication d'une monographie de Lisette Model.
Elle s'inscrit en faux contre l'essai de Susan Sontag, Sur la photographie. Elle ne partage pas ses idées et la critique ouvertement pendant ses cours.
Une série d'ateliers magistraux sont inscrits au programme de la New School. Lisette Model est chargée de deux d'entre eux, pour le niveau supérieur.
À l'automne, elle se rend à Lucerne pour travailler avec Allan Porter, rédacteur en chef de la revue Camera, à un numéro spécial consacré à son oeuvre. Ils choisissent 24 clichés pour la publication, qui voit le jour en décembre.


1978 : Elle donne des cours à l'International Center of Photography à New York.
Elle est invitée d'honneur, avec Izis et William Klein, des Rencontres Internationales de la Photographie d'Arles.


1979 : Publication de la monographie d'Aperture consacrée à Lisette Model ; la conception graphique est de Marvin Israel, le texte de Berenice Abbott.


1980 : Elle expose à Venise, Tokyo, Amsterdam et Ottawa.

1981 : Ouverture de l'exposition "Lisette Model: A Retrospective" au Museum of Art de La Nouvelle-Orléans, exposition qui a lieu l'année suivante au Folkwang Museum d'Essen en Allemagne.
Elle est faite docteur honoris causa de la New School for Social Research, en même temps que sa grande amie Berenice Abbott.


1982 : Le 5 avril, la médaille de la Ville de Paris lui est décernée.

1983 : Le 4 mars, à l'occasion d'une exposition à la Comfort Gallery du Haventford College, qui présente ses photographies aux côtés de celles de Weegee et de Diane Arbus, William Earle Williams, le directeur de la galerie, l'invite à donner ce qui sera son dernier cours magistral.
Le 30 mars, elle s'éteint dans un hôpital new-yorkais à l'âge de 82 ans.


1990 : La National Gallery of Canada à Ottawa lui consacre une grande rétrospective, sous la houlette d'Ann Thomas.

 

 Louis Armstrong
c. 1954-1956
Lisette Model
Tirage gélatino-argentique d'époque. 27,2 x 34,8 cm
National Gallery of Canada, Ottawa, don de la Succession de Lisette Model, 1990, sous la direction de Joseph G. Blum, New York, par l'entremise des American Friends of Canada
© The Lisette Model Foundation, Inc. (1983).
Used by permission

 

 

 Reflection [Reflet]
New York, c. 1939-1945
Lisette Model
Tirage gélatino-argentique d'époque. 42 x 34,5 cm
National Gallery of Canada, Ottawa, don de la Succession de Lisette Model, 1990, sous la direction de Joseph G. Blum, New York, par l'entremise des American Friends of Canada
© The Lisette Model Foundation, Inc. (1983).
Used by permission

 

Jeu de Paume
1, place de la Concorde
75008 Paris
Métro : Concorde (lignes 1, 8, 12)
Bus : 24, 42, 72, 73, 84, 94
Renseignements : 01 47 03 12 50
ou info@jeudepaume.org

Accès par le jardin des Tuileries,
escaliers côté rue de Rivoli.
Accès aux personnes handicapées,
par l'entrée principale place de la Concorde,

HORAIRES
Mardi (nocturne)
: 12h à 21h
Mercredi à vendredi : 12h à 19h
Samedi et dimanche : 10h à 19h
Fermeture le lundi
Fermeture des caisses 30 minutes avant la fermeture du bâtiment
Fermeture des salles 5 minutes avant la fermeture du bâtiment

 

TARIFS
Entrée : 7 €
Tarif réduit : 5 €
Accès libre aux expositions de la programmation Satellite
Les "mardis jeunes" : entrée gratuite pour les étudiants et les moins de 26 ans le dernier mardi du mois, de 17h à 21h
La vente des billets se termine une demi-heure
avant la fermeture des espaces d'expositions.

 

Par Stéphanie GENESTAR le 08 février 2010 à 12:09
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