Salle Pleyel - Saison 2010-2011

le 07 septembre 2010 à 15h36 , mis à jour le 21 décembre 2010 à 15h13

AFFICHE ZOOM SALLE PLEYELSaison 2010-2011 de la Salle Pleyel - Façade © Pierre-Emmanuel Rastoin

 

 

LES TEMPS FORTS DE LA SALLE PLEYEL

 

 

 

 

 

LES ORCHESTRES RESIDENTS DE LA SALLE PLEYEL

 

Orchestre de Paris

Cette saison représente un tournant dans la vie de l'Orchestre de Paris, résident permanent de la Salle Pleyel.
Après avoir été dirigée pendant dix ans par christoph Eschenbach, la phalange sera désormais placée sous la baguette de Paavo Järvi. On a déjà pu apprécier l'ouverture stylistique du chef estonien lors de concerts avec l'Orchestre de Paris depuis 2004, avec la Deutsche Kammerphilharmonie de Brême, l'Orchestre de la Radio de Francfort ou le Philharmonique de Vienne. Il est en effet capable de diriger avec autant d'intelligence des symphonies de Beethoven - nourri de l'apport de chefs comme Harnoncourt ou Gardiner - que de se lancer dans les pages les plus complexes du XXe siècle. Il reste aussi fidèle aux répertoires scandinaves et russes qui font partie de ses racines et témoigne un intérêt tout particulier pour le répertoire français qu'il souhaite explorer largement dès sa première saison.
Outre ces rendez-vous où Paavo Järvi sera en compagnie de Vadim Repin, Elisabeth Leonskaja, truls mørk, Janine Jansen, matthias Goerne ou Gidon Kremer, l'Orchestre de Paris propose une saison très riche, avec de grandes oeuvres du répertoire dirigées par d'illustres chefs comme christoph von Dohnányi, David Zinman ou Esa-Pekka Salonen. D'autres solistes d'exception marqueront la saison comme Susan Graham dans le Poème de l'amour et de la mer de Chausson, maria João Pires dans Mozart, Gil Shaham dans Prokofiev et Walton ou Daniel Barenboim dans les deux Concertos de Liszt. Sans compter les débuts à l'Orchestre de Paris de brillants jeunes chefs comme Andris Nelsons, Mikko Franck, Bertrand de Billy, Kazuki Yamada ou Jean-christophe Spinosi.

 

Orchestre Philharmonique de Radio France

Sous la baguette de son directeur musical myung-Whun chung, l'Orchestre  Philharmonique de Radio France, orchestre résident à la Salle Pleyel, se lance cette saison dans l'interprétation de monuments du répertoire symphonique. Ouverture des festivités avec la Cinquième Symphonie de Beethoven. Place ensuite à la Septième Symphonie de Bruckner, à la Première Symphonie de Brahms et au Sacre du printemps de Stravinski. Des oeuvres qui mettront à coup sûr en valeur la direction à la fois acérée et expressive du chef coréen, mais aussi la sonorité de l'orchestre, puissante et riche d'une grande variété de couleurs. Outre ces temps forts, le « Philhar' » propose l'intégrale de l'oeuvre publiée par Paul Dukas et programme également des partitions bien moins connues, comme les rares concertos pour violon de Gian Carlo Menotti (sous l'archet de la brillante Hilary Hahn) et de Samuel Barber (avec le non moins excellent nemanja Radulovic). La musique expressionniste d'Alexander von Zemlinsky sera aussi à l'honneur, avec notamment sa Symphonie lyrique, dirigée par Daniel Harding, ou la Fantaisie pour orchestre « La Petite Sirène », d'après le célèbre conte  d'Andersen, ainsi que les grands chefs d'oeuvre d'Alban Berg. Dans le domaine de la musique contemporaine, la création mondiale du Concerto pour violoncelle de Marc Monnet est très attendue, ainsi que celle du Concerto pour orchestre de Pascal Dusapin.

 

London Symphony Orchestra

Outre sa participation à l'intégrale des symphonies de Mahler dirigée par Valery Gergiev, le London Symphony Orchestra propose trois programmes au cours de la
saison de la Salle Pleyel. Les deux premiers sont clairement à dominante romantique. Sir colin Davis dirige la Symphonie n° 3 « Écossaise » de Mendelssohn et le Concerto pour violon de Brahms (avec nikolaj Znaider), tandis que Bernard Haitink réunit Schumann (le Concerto pour piano, avec murray Perahia) et Bruckner (la Quatrième Symphonie). Ces deux chefs de tradition, intimement liés à l'histoire du London Symphony Orchestra, ont en commun d'interpréter la musique du XIXe siècle avec pudeur et sensibilité. Le troisième programme est plus atypique, s'inscrivant dans le cadre des actions pédagogiques de la formation londonienne. Le projet « Take a bow! » réunit ainsi les musiciens du LSO et des élèves d'établissements scolaires et de conservatoires franciliens qui travaillent avec eux pendant six mois. Une expérience unique pour ces musiciens en herbe.

 

Orchestre du concertgebouw d'Asterdam

Élu « meilleur orchestre du monde » en 2008 par le magazine Grammophon, l'Orchestre Royal du Concertgebouw d'Amsterdam donnera un concert particulièrement attendu à la Salle Pleyel. La formation légendaire, fondée en 1888, est en osmose totale avec mariss Jansons, le nouveau chef letton à la direction exigeante et habitée. Le programme de leur concert parisien s'ouvre avec le Concerto pour piano n° 24 de Mozart (avec Leif Ove andsnes) - un répertoire que l'Orchestre a beaucoup travaillé avec Nikolaus Harnoncourt. La Symphonie n° 7 de Bruckner rappellera ensuite que Mariss Jansons est aujourd'hui l'un des meilleurs dompteurs d'orchestre dans la musique postromantique, dont il maîtrise parfaitement l'architecture et le phrasé.

 

 

LES ORCHESTRES AMERICAINS A PARIS

 

Trois formations américaines de premier plan traversent l'Atlantique pour se produire cette saison à la Salle Pleyel. Pour la première fois, les mélomanes pourront y entendre le San Francisco Symphony dirigée par michael tilson thomas, un disciple de Leonard Bernstein, qui n'hésite pas à prendre des risques en
proposant au public parisien deux chevaux de bataille du répertoire : la Cinquième Symphonie de Beethoven et la Deuxième Symphonie « Résurrection » de Mahler. Une autre phalange de la côte ouest est à l'affiche de la Salle Pleyel : le Los angeles Philharmonic. Depuis 2009, cet orchestre est dirigé par le bouillonnant chef vénézuélien Gustavo Dudamel, figure de proue du fameux « Sistema ». Là encore, on pourra entendre une symphonie de Beethoven (la Septième) et une autre de Mahler (la Neuvième), mais également des pièces
made in USA de Bernstein (Symphonie n° 1 « Jeremiah ») et du minimaliste John Adams (Slonimsky's Earbox). Nommé depuis moins d'un an, Alan Gilbert préside quant à lui aux destinées du new York Philharmonic. On a déjà pu apprécier la saison dernière la clarté de sa gestique, particulièrement efficace. Cette fois-ci, il dirigera un programme mêlant Richard Strauss (Don Juan), Stravinsky (L'Oiseau de feu) et Brahms (Symphonie n° 4).


Autres orchestres partenaires de la Salle Pleyel
Staatskapelle Berlin (Daniel Barenboim)
Gewandhausorchester Leipzig (Riccardo Chailly)
Rundfunk-Sinfonieorchester Berlin (Marek Janowski)
Budapest Festival Orchestra (Iván Fischer)

 

 

EVENEMENTS ORCHESTRES

Lucerne Festival Orchestra / abbado
West-Eastern Divan Orchestra / Barenboim
Ensemble modern Orchestra (créations) / Pierre Boulez
Orchestre de chambre d'Europe / Haitink


Depuis quelques années, la vie symphonique internationale s'est enrichie d'orchestres « alternatifs ». Composées de musiciens non permanents, ces formations se distinguent par leur souplesse et leur enthousiasme. Dans le cadre du Festival de Lucerne, claudio abbado a ainsi fondé un orchestre réunissant l'élite des musiciens européens (on y trouve le flûtiste Emmanuel Pahud, la clarinettiste Sabine Meyer...). Depuis sa création, cette phalange se spécialise
dans l'interprétation des symphonies de Mahler. Cette saison, place à la Neuvième Symphonie, dont le maestro italien saura mieux que quiconque révéler la douloureuse fragilité.
D'un effectif instrumental plus restreint, le chamber Orchestra of Europe fait le pari d'interpréter le répertoire symphonique avec l'effectif et l'esprit complice d'un
ensemble de musique de chambre. Sous la houlette de Bernard Haitink, la formation anglaise interprètera à la Salle Pleyel deux programmes consacrés à Beethoven.
Le maître de Bonn est également à l'affiche du concert donné par le West-Eastern Divan Orchestra de Daniel Barenboim, réunissant de jeunes musiciens arabes et
israéliens. Plus de dix ans après sa fondation, le symbole résonne toujours avec autant de force dans l'actualité proche-orientale. Ce sera sa deuxième venue de l'orchestre à la Salle Pleyel. Dans un tout autre répertoire, l'Ensemble modern Orchestra fera entendre la musique de notre temps. En formation « orchestrale », la phalange allemande, célèbre pour ses apparitions avec effectif réduit, interprète, sous la direction de Pierre Boulez, pas moins de trois créations, signées Bruno mantovani, Johannes maria Staud et Jens Joneleit.
Trois jeunes compositeurs qui, chacun avec leur propre esthétique, témoignent de la vitalité de la création contemporaine européenne.

 

 

ORCHESTRES DE REGION

 

Sous la direction de Yoel Levi, l'Orchestre national d'Île-de-France proposera cette saison à Pleyel des programmes à la fois originaux et ambitieux. On pourra notamment entendre la version rarement donnée d'Egmont de Beethoven avec récitant ou les délicieuses Escales de Jacques Ibert. On soulignera aussi l'important travail réalisé par cette formation dans le domaine pédagogique, qui a valu à l'Ondif d'être cité dans la presse internationale comme l'un des « 10 most inspiring orchestras ». Également investi dans le domaine éducatif, l'Orchestre  national de Lille poursuit depuis plus de trente ans son aventure avec Jeanclaude
casadesus. À la Salle Pleyel, les musiciens lillois accompagneront la soprano anne Schwanewilms dans les Quatre Derniers Lieder de Strauss.
Cela fait en revanche à peine deux ans que le jeune tugan Sokhiev a été nommé directeur musical de l'Orchestre national du capitole de toulouse. Mais le maestro, un Ossète comme Valery Gergiev, a déjà réussi à imprimer son exigeante personnalité à l'orchestre. On pourra en juger avec les Tableaux d'une exposition de Moussorgski, dans l'arrangement de Ravel, et avec une version de concert du Samson et Dalila de Saint-Saëns (rappelons que cet orchestre joue aussi régulièrement dans la fosse de l'Opéra de Toulouse).
Autre chef nommé récemment : Marc Albrecht, qui conduit l'Orchestre Philharmonique de Strasbourg depuis 2006. Ce grand spécialiste du répertoire germanique du XXe siècle, et notamment de la Seconde École de Vienne, s'attaquera à une oeuvre hors norme : les Gurrelieder de Schönberg.

 

 

INTEGRALE MAHLER / GERGIEV

 

L'un des temps forts de la saison 2009/2010 de la Salle Pleyel fut assurément l'intégrale des symphonies de Tchaïkovski dirigée par Valery Gergiev avec l'Orchestre du Théâtre Mariinsky. D'un défi l'autre : le chef russe s'attaque cette saison à celle des symphonies de Mahler. Un véritable marathon que le maestro mène non seulement avec son Orchestre du théâtre mariinsky de Saint-Pétersbourg mais aussi avec le London Symphony Orchestra, dont il est le chef principal depuis 2007. C'est d'ailleurs avec la phalange britannique que le maestro grave actuellement une intégrale discographique des symphonies mahlériennes. Il est peu de dire que Valery Gergiev l'oeuvre du compositeur autrichien, avec son ancrage populaire et son souffle épique, convient parfaitement à la direction instinctive, et même tellurique, de Gergiev. On se réjouit également de pouvoir comparer les interprétations de ce même chef avec des orchestres différents.
L'Orchestre du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, devenue une formation « fidèle » de la Salle Pleyel, se distingue par la couleur profonde, voire sombre des cordes, associées à des cuivres opulents et toujours précis.
D'une remarquable souplesse, le London Symphony
Orchestra possède pour sa part une palette de dynamiques
hors du commun.

 

 

LE GRAND BAROQUE

 

La musique sur instruments d'époque se porte à merveille et ne cesse de diversifier ses explorations, comme en témoigne la riche programmation qui lui est dédiée à la Salle Pleyel. Les ensembles français se partagent entre répertoires baroque et classique. Les arts Florissants de William christie et Le concert des nations de Jordi Savall se consacrent entièrement à Rameau, tandis que Le
concert Spirituel d'Hervé niquet s'attaque à La Création de Haydn. Ces formations ont en commun le même souci philologique et le même jeu investi, témoins d'une
passion restée intacte depuis le début de ce mouvement.
Pionnier de la révolution baroque, le concentus musicus de Vienne de nikolaus Harnoncourt se lance dans La Résurrection de Haendel. Nul doute que cette version confirmera les partis pris esthétiques toujours aussi novateurs du chef autrichien, notamment en matière de tempo, de phrasé et d'articulation. Également familier du style Harnoncourt, l'ensemble La Scintilla de l'Opéra de Zürich accompagnera sans chef le récital de Cecilia Bartoli, permettant ainsi une complicité totale entre la chanteuse et les instrumentistes.
Autre formation germanique, le Freiburger barockorchester poursuit sa collaboration avec René Jacobs pour les opéras de Mozart. Place cette saison à
Così fan tutte avec un casting vocal prométeur.
Venu d'outre-Manche, l'English concert, toujours efficace sous la houlette d'Harry Bicket, accompagnera les voix d'Anna Caterina Antonacci et de Sara Mingardo dans le bouleversant Stabat Mater de Pergolèse.

 

 

LES GRANDS INTERPRETES RUSSES

 

Qu'ont en commun les musiciens russes ? On serait tenté de mettre en avant leur rapport au son, à la fois riche et profond, et leur brillante virtuosité. Mais le meilleur moyen de savoir s'il existe toujours une école russe dans la musique classique est de comparer les différents programmes donnés à la Salle Pleyel,
notamment lors du week-end russe.

 

Orchestres

Dans le domaine symphonique, trois formations viennent cette saison de Russie. Outre l'Orchestre du théâtre mariinsky de Saint-Pétersbourg de Valery Gergiev, on pourra entendre le tchaïkovski Symphony Orchestra dirigé par le remarquable Vladimir Fedoseyev et le Russian national Orchestra sous la baguette de Mikhaïl Pletnev, également réputé comme pianiste. Ces deux orchestres interpréteront les grands « classiques » de la musique russe, de la Belle au bois dormant de Tchaïkovski à la Symphonie n° 9 de Chostakovitch en passant par l'universel Pierre et le Loup de Prokofiev.
Le concert du Russian National Orchestra est organisé dans le cadre de l'Année France-Russie 2010.

 

Solistes

Elève du grand Zakhar Bron, comme Maxim Vengerov, Vadim Repin est assurément l'un des meilleurs représentants de l'école russe de violon. On pourra l'entendre cette saison à la fois en récital (avec le pianiste Boris Berezovsky) et avec orchestre (dans le Deuxième Concerto de Prokofiev).
Enfin, il ne faudra pas oublier le récital du toujours aussi prodigieux Evgeny Kissin, dans Chopin et Schumann.

 

 

LES PROJETS AUTOUR D'UN ARTISTE

 

Lang Lang

Lang Lang, la star chinoise du piano, est cette saison à l'affiche de plusieurs concerts de la Salle Pleyel. Celui qui a joué pour l'inauguration des Jeux Olympiques de Pékin, qui a déjà signé son autobiographie (il n'a que 27 ans !), est l'un des phénomènes majeurs du monde de la musique classique. Lang Lang est un pianiste au geste libre, inventif, au toucher virtuose certes, mais toujours magnétique. Preuve de son éclectisme musical, on le retrouve à Pleyel dans différentes formes de concert : en récital de piano solo, avec l'Orchestre de Paris, en duo avec le ténor Roberto Alagna, ou encore dans un programme mi-classique mi-jazz avec l'immense Herbie Hancock. Puis à la cité de la musique pour un concert de musique de chambre et un concert pour le jeune public. Le portrait d'un artiste complet.

 

Patti Smith

Chanteuse engagée, poétesse intransigeante, voix de la colère ou de l'intimité : Patti Smith est tout cela et bien plus. Dans le cadre du Domaine privé que la cité de la musique lui consacre du 17 au 22 janvier 2010, l'artiste américaine viendra deux fois à la Salle Pleyel.
D'abord, elle rendra hommage à Allen Ginsberg (1926-1997), emblème de la beat generation, accompagnée par Philip Glass au piano. Patti Smith lira des poèmes
de Ginsberg, ainsi que ses propres oeuvres que le poète a manifestement inspirées. Le lendemain, Patti Smith rejouera Horses, album culte (1975) qui eut une influence décisive pour la naissance du mouvement punk-rock. Depuis, le disque n'a pas pris une ride et, lorsque la chanteuse le fait revivre sur scène plus de trente-cinq ans après, ses titres brillent de tous leurs feux, irradiant une énergie intacte, comme au premier jour.

 

MUSIQUE DE CHAMBRE

 

Comme lors de ses précédentes saisons (musique de chambre de Brahms par les Capuçon ou de Schuman par Éric Lesage et ses amis) la Salle Pleyel accorde cette saison une belle place à la musique de chambre.
À commencer par un week-end entièrement consacré à la musique de chambre française avec de magnifiques artistes de la jeune génération réunis autour du pianiste éric Le Sage : Paul Meyer, le quatuor ébène, Francis Salque....
Si l'on connaît surtout les Berliner Philharmoniker pour leurs prestations symphoniques, il ne faut pas oublier qu'ils sont aussi de remarquables solistes et des chambristes confirmés, comme en témoignent les nombreux ensembles formés dans leurs rangs. Avec la pianiste chinoise Yuja Wang, ils interprètent les quatre grands quintettes du répertoire : Brahms, Dvorák,
Schubert et Mozart. Un programme classico-romantique idoine pour ces musiciens au jeu particulièrement engagé (citons le violon sensible de Guy Braunstein ou
la contrebasse de nabil Shehata, l'un des meilleurs représentants de cet instrument au monde). Le violon sera également mis sur un piédestal cette saison, avec des récitals de jeunes talents de l'archet (Janine Jansen, Hilary Hahn), d'une figure incontournable de l'école russe (Vadim Repin, en duo avec son compatriote Boris Berezovsky) et d'un monstre sacré (Itzhak Perlman).

 

 

LE PIANO

 

La saison 2010 | 2011 offre l'occasion de commémorer trois compositeurs nés il y a deux cents ans : Chopin, Schumann et Liszt. Trois génies qui ont livré une oeuvre pianistique capitale. Les récitals programmés à Pleyel leur feront naturellement la part belle, à commencer par Chopin, à qui maurizo Pollini et Yundi Li consacrent entièrement leur concert. On pourra ainsi confronter deux touchers distincts : profond et structuré pour le premier, brillant et nuancé chez le second. Compatriote de Yundi Li, la jeune chinoise Yuja Wang s'attaquera quant à elle aux 24 Préludes, tandis que les célèbres Quatre Ballades seront à l'affiche du récital d'Evgeny Kissin. À ne pas manquer, enfin, les quatre Mazurkas et la Polonaise par Rafal Blechaz, qui a remporté en 2005 le Concours Chopin de Varsovie.
De son côté, Schumann sera au menu du récital du pianiste roumain Radu Lupu. La Phantasiestücke et la Toccata seront pour leur part programmées par Evgeny
Kissin. Quant à la musique de Liszt, elle sera donnée sous les doigts toujours sensibles de Nelson Freire, qui s'attaquera notamment à la Deuxième Ballade. Outre ces rendez-vous « anniversaires », tous les styles pianistiques sont représentés, de l'école russe (avec Boris Berezovsky et arcadi Volodos) à la grande tradition classique (Stephen Kovacevich et murray Perahia).

 

 

L'ART DE LA VOIX

 

En matière de voix, il y en aura cette saison pour tous les goûts. Ceux qui aiment la virtuosité la plus étincelante associée à une expression toujours théâtrale réserveront leur place pour « La Bartoli », qui interprète différents airs de Haendel. Les amateurs de voix plus intimes et sensibles à l'intelligence du texte ne manqueront pas le programme mozartien concocté par le baryton-basse thomas quasthoff. Pour ceux qui cherchent le grain chaud des voix de femmes, le rendezvous à ne pas manquer sera le récital « Gypsy » d'Elina Garanca dédié notamment à Bizet et De Falla.
Autre figure charismatique invitée Roberto Alagna, dont la projection toujours brillante est au service d'une musicalité impeccable.
La palme du programme le plus étonnant revient cependant à anna netrebko, dont on a souvent loué les interprétations des opéras romantiques. Changement
de répertoire : la diva russe, au legato de velours, se lance dans un programme entièrement baroque, avec notamment des oeuvres de Pergolèse.
Enfin, tandis qu'Olga Borodina et Ben Heppner interpréteront Samson et Dalila de Camille Saint-Saëns, Bryn terfel interprètera les personnages maléfiques de
l'opéra dans Bad Boys of the opera (Scarpia / Tosca de Puccini - Sporting Life / Porgy & Bess de Gershwin - Méphistophélès / Faust de Gounod - Iago / Otello de
Verdi - Macky The Knife / L'Opéra de quat'sous de Weill).

 

 

JAZZ ET MUSIQUES ACTUELLES

 

John cale proposera une relecture de son album Paris 1919 qui renaîtra ici avec la complicité de l'Ondif pour ressusciter l'intemporalité de sa beauté.
Sylvain Luc et son ami Biréli Lagrène croiseront leurs guitares pour rejouer Stevie Wonder, George Brassens, John Coltrane ou Baden Powell. Puis le guitariste bayonnais se présentera en trio avec le batteur Steve Gadd et le bassiste Richard Bona.
Revisiter un univers, il en sera également question entre Richard Galliano et Wynton marsalis qui uniront leur sémantique au service de deux grandes écorchées vives, touchantes et majestueuses : Billie Holiday et Edith Piaf.
Michel Portal, lui aussi, a toujours aimé oser les rencontres improbables. Le clarinettiste embarquera son nouveau sextet (ambrose akinmusire, Bojan Z, Scott colley, Jack DeJohnette, Lionel Loueke) dans une embardée improvisée et explosive.
Henri texier offrira deux angles de sa vision kaléidoscopique du jazz. Tout d'abord en trio, avec les baguettes impressionnistes d'aldo Romano et les vents agités de Louis Sclavis. Ensuite avec le transatlantik quartet, reformé pour l'occasion, avec Joe Lovano, Steve Swallow et toujours le batteur italien pour un discours post-free.
Avoir été le pianiste de John Coltrane est une chose. Être un génie de l'instrument en est une autre. À 70 ans passés, Mccoy Tyner, qui n'a strictement plus rien à prouver, se fait certes plaisir, mais cherche encore la note bleue pour notre plaisir...
Yaron Herman, véritable ovni de la planète jazz né à Tel Aviv il y a à peine 30 ans, pianiste funambule, défie les lois de l'apesanteur et marche aujourd'hui sur les traces de ses maîtres Bill Evans, Keith Jarrett ou Bud Powell.
Dave Holland revient avec sa nouvelle formation, Overtone quartet. Aucune volonté de sa part de prendre un quelconque leadership, juste l'envie de converser avec les brillants Chris Potter et Jason Moran comme il l'a toujours fait tout au long de sa riche carrière.
Si les hommages à Django Reinhardt sont légion, le projet Django Drom est unique. Conçu et mis en scène par Tony Gatlif, ce spectacle mêlant projections et musique dépasse la simple évocation du mythique guitariste pour se pencher plus globalement sur la vie du peuple tsigane. Sur scène, Didier Lockwood, Biréli Lagrène et Stochelo Rosenberg, ainsi qu'une dizaine de musiciens, allumeront la flamme du swing manouche.

 

 

MUSIQUES DU MONDE

 

Avec In The Mood For Love, Wong Kar-Wai rappela à ceux  qui l'avaient oublié que Nat King Cole était capable de briller aussi dans la langue de Cervantès... C'est cette facette du génial pianiste crooner que la grande Omara Portuando honorera à la Salle Pleyel. Entourée par le cuban Ensemble du saxophoniste David murray, la diva cubaine du Buena Vista Social Club fera revivre Quizas, Quizas, Quizas et quelques autres pépites hispanisantes du roi Cole. Cuba toujours et encore avec l'Orquesta aragón, maître étalon du charanga depuis plus de sept décennies, l'élégance à l'état pur.
Une autre sorte d'élégance se dégagera du Ballet Royal du Cambodge qui donnera sa vision de La Légende de l'Apsara Méra. Comme dans les effluves d'un fado sombre et beau porté à bout de voix par mariza, ambassadrice majeure de cette musique aux langueurs mélancoliques qui sait prendre ses distances avec la tradition sans jamais la renier.
Goran Bregovic et son Orchestre des mariages et Enterrements revisiteront la partition composée pour La Reine Margot de Patrice Chéreau.
Youssou n'Dour, porte-parole essentiel du continent africain se remet régulièrement en question ; ce qu'il fera à la Salle  Pleyel en mixant le mbalax sénégalais au reggae jamaïcain.
L'enfance d'Andrés Marín fut sévillane. Logique donc que la star montante de la danse flamenca enracine sa nouvelle création dans ce berceau. Épure magnifiée par le chant de Carmen Linares, l'une des plus grande voix du flamenco contemporain.
Ajoy Chakraborty, Rashid Khan et ulhas Kashalkar. Trois voix masculines parmi les plus grandes actuelles du chant hindoustani dans la grande tradition des chants thumri et khyal. Pendant plus de quatre heures de concert, ces grands maîtres de l'Inde du Nord mettent en valeur les styles de différentes écoles traditionnelles.
Avec Smadj, le oud semble l'instrument de tous les possibles, ce que le musicien français d'origine tunisienne aura l'occasion de rappeler à travers une nuit du oud où on entendra cette richesse en compagnie de musiciens issus de la scène électro.
Icône de la poésie palestinienne disparu en 2008, Mahmoud Darwish fut l'un des plus grands poètes de langue arabe.
Marcel Khalifé a choisi de rendre hommage à son ami lors de cette soirée intitulée « Dans la présence de l'absence ».
 

 

CONCERTS EN FAMILLE

 

La Salle Pleyel développe une programmation pédagogique particulièrement ambitieuse. L'un des projets emblématiques dans ce domaine est assurément « take a bow! », mené par le London Symphony Orchestra, en résidence à la Salle Pleyel. Les musiciens anglais convient dans cette opération unique de jeunes violonistes, altistes ou violoncellistes - voire de réels débutants - issus d'établissements scolaires, d'associations et de conservatoires d'Île-de-France. Un brassage prometteur, qui rappelle combien la musique offre aux élèves, parfois en difficulté, une échappée indispensable.
L'orchestre Les Siècles de François-Xavier Roth poursuit cette saison sa série de concerts éducatifs.
À l'instar des fameux « Young People's Concerts » de Leonard Bernstein - le modèle en matière de pédagogie de la musique - ces programmes proposent à chaque fois des thématiques bien précises. Par exemple : « Le concerto grosso, de Bach à aujourd'hui » ou « Les mythes, contes et légendes dans la musique
française ». Les extraits d'oeuvres, joués rappelons-le sur instruments anciens, sont commentés par Pierre Charvet avec un esprit ludique proche de l'émission télévisée Presto !, qu'il anime.
Les orchestres parisiens proposent quant à eux des concerts en famille. D'une durée plus courte que les concerts traditionnels et accompagnés d'un présentateur, ces rendez-vous permettent à tous d'avoir accès aux grandes oeuvres du répertoire. C'est ainsi que l'Orchestre de Paris, sous la baguette de
Philippe aïche - qui n'est autre que son violon solo - interprètera des extraits de Peer Gynt de Grieg ou la Quatrième Symphonie de Beethoven. La présentation en sera assurée par Richard McNicol, un spécialiste des projets éducatifs. C'est notamment lui qui a créé le programme pédagogique du Philharmonique de Berlin avec Simon Rattle.
Les enfants sont aussi sensibles aux formes atypiques de concert qui  dépoussièrent le rituel classique, parfois inhibant. Sous la direction d'alan Gilbert,
l'Orchestre Philharmonique de Radio France donne ainsi Pelléas et Mélisande de Schönberg avec mise en lumière. La saison dernière, c'était le choeur de chambre Accentus qui proposait un éclairage spécifique pour son interprétation du Paradis et la Péri de Schumann.
L'Orchestre national d'Île-de-France choisit lui de programmer des oeuvres en lien avec l'enfance. Sous la direction de Jean-François Verdier, la formation joue ainsi l'Histoire de Babar de Poulenc et La Première Fois que je suis née de marc-Olivier Dupin, l'ancien directeur de l'Ondif, dont on connaît l'engagement sur les questions pédagogiques. Encore plus ambitieux : la formation francilienne s'associe à un orchestre de jeunes et à un choeur d'enfants et d'adultes amateurs pour interpréter L'Enfant et les Sortilèges de Ravel, une oeuvre en l'occurrence bien nommée... Autrefois reléguée en bas du cahier des charges, l'action pédagogique est aujourd'hui au coeur des missions des orchestres symphoniques. Une évolution salutaire, qui permettra peut-être ensuite aux enfants d'amener leurs parents aux concerts.

 

 

Salle Pleyel
252, rue du faubourg Saint-Honoré
75008 Paris
le 07 septembre 2010 à 15:36
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