Une dizaine d'années après la trilogie du "Seigneur des Anneaux", Peter Jackson nous propose un retour dans les paysages de la Comté avec l'adaptation du "Hobbit" de J.R.R. Tolkien. Le réalisateur nous embarque soixante ans avant que Frodon Sacquet et sa communauté n'aillent détruire l'anneau maléfique. Cette fois, place à treize nains bien décidés à reprendre leur Royaume perdu avec l'aide de Gandalf et Bilbon Sacquet.
Il ne faut pas se tromper : si "Le Hobbit" est considéré comme un livre pour enfants, l'adaptation du cinéaste s'avère aussi fidèle que transcendante. Il n'y a pas plus d'humour que dans "Le Seigneur des Anneaux" et il n'y a pas moins d'aventures, ni de violence. Malgré une introduction qui s'étire, le film mêle habilement moments d'émotion et séquences d'action et devient une quête impressionnante grandissant crescendo jusqu'à un climax feu follet qui repousse la bataille finale à une autre fois. Si les effets spéciaux sont réussis, on regrettera simplement que les ennemis, numériques, ne soient plus faits de chair et de sang avec de vrais acteurs dans les costumes. La fureur dégagée par les affrontements physiques de la première trilogie laissent donc place à des combats moins viscéraux mais tout aussi intenses.
Il ne manque rien au "Hobbit" et certainement pas les apparitions distillées des acteurs emblématiques de la franchise (Ian Holm, Elijah Wood, Hugo Weaving, Cate Blanchett, Christopher Lee). En créant du lien entre ses oeuvres précédentes avec subtilité, le cinéaste néo-zélandais trouve un juste équilibre entre références, clins d'oeil et liberté de ton. Une fois de plus magnifiée par la partition d'Howard Shore, cette oeuvre parfaitement rythmée bénéficie surtout de la présence de Gollum (Andy Serkis), l'esprit le plus torturé de la Terre du Milieu. Sa scène avec Bilbon (la meilleure du film ?), est un modèle d'angoisse et d'humour, deux facettes qui symbolisent à merveille cet épisode emmené par la fraîcheur de Martin Freeman et la classe de Ian McKellen.
Ce qu'on retiendra surtout de ce très long-métrage, c'est la virtuosité d'un metteur en scène qui parvient à rendre fluide et passionnant un récit d'une grande densité. Peter Jackson reste l'un des grands conteurs du septième art et sa nouvelle trilogie porte toutes les promesses d'un nouvel enchantement majeur.