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Dans la maison


le 21 décembre 2011 à 17h40 , mis à jour le 10 octobre 2012 à 09h59.
Temps de lecture
0min

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Dans la maison

Note de la rédaction

Genre : 
Comédie dramatique

Nationalité : 
France

Année de production : 
2012

Sortie : 
10/10/2012

Durée : 
1h45min

Réalisateur : 
François Ozon

Acteurs : 
Fabrice Luchini, Kristin Scott Thomas, Ernst Umhauer, Denis Menochet, Emmanuelle Seigner, Catherine Davenier, Kristin Scott-Thomas, Bastien Ughetto, Jean-François Balmer, Yolande Moreau

Distributeur : 
Mars Distribution

Un garçon de 16 ans s'immisce dans la maison d'un élève de sa classe, et en fait le récit dans ses rédactions à son professeur de français. Ce dernier, face à cet élève doué et différent, reprend goût à l'enseignement, mais cette intrusion va déclencher une série d'événements incontrôlables.

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La critique : Swimming Pool au masculin

Dans cette adaptation d'une pièce de théâtre de Juan Mayorga, François Ozon dissèque la relation trouble entre un professeur de français (Fabrice Luchini) et Claude, un jeune lycéen (Ernst Umhauer) qui s'immisce dans la maison d'un élève de sa classe, et en fait le récit dans ses rédactions. En fait, pour son treizième long métrage, Ozon refait le pari du thriller Hitchcockien de "Swimming Pool", en reprenant exactement les mêmes ficelles : une star (Fabrice Luchini à la place de Charlotte Rampling), un personnage rabougri et endormi qui au contact d'une étrange créature réveille des sentiments endormis, une réflexion sur la création artistique (comment s'inspirer du réel pour nourrir l'imagination), un sous-texte ambigu (filiation inconsciente ou homosexualité latente ?) et une pirouette finale semant le doute. Au final, la même approche ludique / théorique.
Ozon tente de rendre excitant un exercice scolaire potentiellement rébarbatif à l'écran en transformant une maison de banlieue en plateau de cinéma où les personnages deviennent des illusions. Hélas, très vite, le film tourne à vide. Tout simplement parce que le cinéaste prend des vessies pour des lanternes et que le spectateur ne partage pas réellement la fascination du professeur pour son élève - une fascination traitée ici à la Ozon, c'est-à-dire comme une relation SM cérébrale entre un maître et son disciple avant que les rôles ne s'inversent - le sujet de quasiment tous ses films, en particulier "Gouttes d'eau sur pierres brûlantes" qui était déjà l'adaptation d'une pièce de théâtre.
L'ennui, c'est le dénominateur commun de tous les personnages, des membres de la famille banlieusarde (Emmanuelle Seigneren fleur fanée qui fantasme une autre vie, Denis Menochet en papa beauf prisonnier de son supérieur) au jeune lycéen, strictement réduit à sa fonction d'ange exterminateur à la "Théorème" de Pasolini, (comme naguère le rat catalyseur dans "Sitcom", le premier François Ozon) ou le couple intello (Fabrice Luchini/Kristin Scott-Thomas), artistes ratés qui s'accrochent à leurs illusions de talent pour éviter d'admettre la vérité sur leur couple rouillé.
Quand le récit et la dialectique réalité/fiction donnent des signes de faiblesses, Ozon compense avec ses éternels tours de petit malin ou des effets de surprise (les sœurs jumelles, jouées par une seule actrice comme dans "Social Network", de David Fincher) qui, vu le casting, se voudraient sans doute "Polanskiens"; mais les éclairs de folie qui étaient séduisants dans ses précédents films (la danse dans "Gouttes d'eau sur pierres brûlantes", le bébé Dumbo dans "Ricky") ne fonctionnent pas et la démonstration, alourdie par des clins d'œil trop voyants (la galerie du personnage de Kristin Scott-Thomas s'appelle "Le labyrinthe du minotaure", Luchini assommé avec le "Voyage au bout de la nuit") se révèle in fine bien laborieuse.
Romain LE VERN
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