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Habemus Papam


le 15 avril 2011 à 14h23 , mis à jour le 06 juillet 2011 à 17h42.
Temps de lecture
0min

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Habemus Papam

Note de la rédaction

Genre : 
Comédie dramatique

Nationalité : 
Italie

Année de production : 
2011

Sortie : 
07/09/2011

Durée : 
1h44min

Réalisateur : 
Nanni Moretti

Acteurs : 
Michel Piccoli, Nanni Moretti, Jerzy Stuhr, Franco Graziosi, Roberto Nobile, Margherita Buy, Renato Scarpa, Dario Cantarelli

Distributeur : 
Le Pacte

Après la mort du Pape, le Conclave se réunit afin d'élire son successeur. Plusieurs votes sont nécessaires avant que ne s'élève la fumée blanche. Enfin, un cardinal est élu ! Mais les fidèles massés sur la place Saint-Pierre attendent en vain l'apparition au balcon du nouveau souverain pontife. Ce dernier ne semble pas prêt à supporter le poids d'une telle responsabilité. Angoisse ? Dépression ? Peur de ne pas se sentir à la hauteur ? Le monde entier est bientôt en proie à l'inquiétude tandis qu'au Vatican, on cherche des solutions pour surmonter la crise...

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La critique : Une crise de foi à la fois farceuse et tragique.

Comme Marco Bellocchio avec Le sourire de ma mère, Nanni Moretti reprend la célèbre phrase de Luis Buñuel («Dieu merci, je suis athée !») pour raconter la crise de foi d'un pape. Une première réunion du Conclave (chaque cardinal prie secrètement pour ne pas être l'élu) annonce la couleur hilarante. Lorsque le nouveau Pape s'apprête à faire son premier discours, il pousse un cri d'effroi dans la coulisse, comme s'il venait de voir le diable. Incapable d'assurer ses fonctions, il s'évade dans Rome en pleine fugue métaphysique. Pendant ce temps, le secrétaire fait croire aux médias et aux cardinaux que le pape prie dans ses appartements. Comme acteur, Nanni Moretti s'octroie le rôle du psychanalyste qui démolit l'esprit de sérieux et conseille les cardinaux qui prennent des antidépresseurs, dansent amusément sur de la musique ou jouent au volley-ball. Comme réalisateur, il invite le pape Piccoli à errer dans les rues, à la rencontre du monde et à la recherche de l'essentiel, loin de ses conseillers et de sa tour d'Ivoire.

 

Habemus Papam de Nanni Moretti

 

A un moment donné, le Saint-Père tombe sur une troupe de théâtre qui joue Tchekov. C'est autant une médiation sur les apparences, comme Antonioni pouvait en proposer dans Blow Up (1969), pour déterminer la limite entre l'art et la réalité, la folie et la raison, qu'un hommage secret à Piccoli-acteur-homme, pour son jeu et son épaisseur humaine, de la dernière race de ces grands acteurs en voie d'extinction. Il y a aussi du Fellini dans cette farce où Moretti se moque de lui-même (a-t-il encore la foi en ce qu'il raconte, comme cinéaste?) et parle de la religion comme de la mort du monde du spectacle. Il ne faut pas en mésestimer le versant tragique: une réflexion plus profonde qu'il n'y paraît sur la perte de la spiritualité dans un monde où chacun essaye de dominer, de prendre le pouvoir, de se vendre ou de passer pour une référence sans en avoir les compétences. C'est en tout cas ce que traduit la dernière scène, sorte de climax très intense qui donne une réponse définitive, désespérée et presque émouvante aux questions que chacun se pose.


Romain LE VERN

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