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Jack Reacher


le 05 juillet 2012 à 10h04 , mis à jour le 28 décembre 2012 à 10h47.
Temps de lecture
0min

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Jack Reacher

Note de la rédaction

Genre : 
Action

Nationalité : 
Etats-Unis

Année de production : 
2012

Sortie : 
26/12/2012

Durée : 
2h10min

Réalisateur : 
Christopher Mcquarrie

Acteurs : 
Tom Cruise, Rosamund Pike, Robert Duvall, Jai Courtney, Richard Jenkins, David Oyelowo, Werner Herzog

Distributeur : 
Paramount Pictures France

Six balles, cinq morts : une foule de preuves désigne rapidement un suspect idéal. Interrogé, le sniper n'a qu'un mot : "Trouvez Jack Reacher." Commence alors une haletante course à la vérité, qui va conduire Jack Reacher, ancien enquêteur de l'armée, à affronter un ennemi bien plus puissant que lui, dont il partage un secret hautement explosif...

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La critique : Une sorte de chef-d'oeuvre

Autant l'avouer : la longue introduction de "Jack Reacher" (environ dix minutes) met sous tension comme rarement. Un sniper s'apprête à tirer sur cinq personnes, prises au hasard. On aperçoit dans le viseur les victimes potentielles, à mille lieux de se douter de la menace, et l'on entend le souffle rauque du tueur. Pas un mot prononcé, juste une succession d'événements angoissants et signifiants que le spectateur doit disséquer avec beaucoup d'attention. Un conseil : ce sera utile pour la suite.
On le comprend assez vite : ce film, avec son faux rythme étrange, ne ressemblera pas aux autres, pas aux énièmes objets fétichistes qui enchaînent les morceaux de bravoure formalistes. Vous pensiez avoir affaire à un nouveau "Mission Impossible" ? Oubliez. Porté par un esprit indépendant et une ambition cinématographique hors du commun, surtout aujourd'hui, "Jack Reacher" prend les atours d'un écheveau manipulateur de grande classe, en forme de poupées gigognes, qui va prendre tout son temps pour développer les enjeux et révéler au fond une vérité connue, simple et inusable : les apparences sont trompeuses !
Dans un écrin de mégapole urbaine et d'agonie collective, surgit Jack Reacher qui n'a rien d'un super-héros. Un personnage fantomatique, ambigu et solitaire, comme en son temps "Le Samouraï" alias Alain Delon chez Melville qui rumine un passé tourmenté et fait montre de méthodes aussi expéditives que douteuses. Il vient en aide à une avocate téméraire (Rosamund Pike, exceptionnelle), seule contre tous, pour décrypter une enquête délicieusement tordue, pleine d'alliances, de complots, de révélations, de faux-semblants et d'illusions.
En adaptant les aventures d'un héros méconnu chez nous, réputé aux États-Unis, issu de l'imagination de Jim Grant (alias Lee Child, son nom de plume), Christopher McQuarrie, scénariste doué ("Usual Suspects", "Walkyrie") et réalisateur sous-estimé ("Way of The Gun"), soutenu haut et fort par Tom Cruise, renoue avec le grand cinéma américain des années 70. Comme Nicolas Winding Refn avec "Drive".
A dire vrai, Christopher McQuarrie et Tom Cruise, de la même façon que Nicolas Winding Refn et Ryan Gosling, ont fait un "film hold-up" qui déjoue les attentes, méprise les conventions, trompe sur la marchandise, impose un style et un tempo uniques. Le spectateur a beau être malmené, il comprend tout. Peu importe au fond de connaître le coupable, le plaisir réside ailleurs, notamment dans la manière dont les protagonistes évoluent dans les ténèbres et se débattent avec leurs obsessions.
Il y a bien une course-poursuite nocturne, tour de force virtuose entre Walter Hll et William Friedkin qui devrait faire tomber le spectateur de son siège. Mais Christopher McQuarrie n'en abusera pas. Pas d'effets poseurs ni de surenchère de petit malin. Pas d'efficacité bourrine ni de pyrotechnie poudre aux yeux. Le cinéaste privilégie l'atmosphère anxiogène, la mélancolie urbaine, la suspension de l'incrédulité, les digressions angoissées, l'impression de cauchemar éveillé. Peu étonnant donc que "Jack Reacher" évoque les thrillers paranoïaques d'Alan Pakula ("Klute"), de Don Siegel ("L'inspecteur Harry"), d'Arthur Penn ("La Fugue") et de Francis Ford Coppola ("Conversation secrète").
Pour toutes ces raisons, ce divertissement à la fois accessible et pointu semble nous provenir d'une autre époque. Une époque plus encline à bousculer la morale, ouverte aux transgressions, aux défis cinéphiles et aux prises de risques. Une époque où les stars défendaient les réalisateurs et où lesdits réalisateurs étaient mus par une totale liberté, inscrivaient l'action dans la durée et pouvaient s'autoriser quelques audaces comme par exemple offrir un rôle de méchant parodique à Werner Herzog, réalisateur allemand toqué et immense, responsable d'une poignée de classiques ("Aguirre", "Nosferatu").
Pour que cet artiste exigeant ait accepté de figurer dans un vigilante amoral déguisé en superproduction et donc en cadeau de Noël, la raison devait être bonne. Et Herzog ne s'est pas trompé. N'ayons pas peur des mots : "Jack Reacher" est une sorte de chef-d'œuvre dont on n'a pas fini d'épuiser les beautés.
Romain LE VERN
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