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L'Étrange Histoire de Benjamin Button


le 28 octobre 2009 à 00h00 , mis à jour le 04 septembre 2009 à 00h00.
Temps de lecture
0min

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L'Étrange Histoire de Benjamin Button

Note de la rédaction

Genre : 
Drame

Nationalité : 
USA

Année de production : 
2008

Sortie : 
04/02/2009

Durée : 
2h39min

Réalisateur : 
David Fincher, David Fincher

Acteurs : 
Brad Pitt, Cate Blanchett, Julia Ormond, Taraji P Henson, Elias Koteas, Jason Flemyng, Donna Duplantier, Tilda Swinton, Ed Metzger, Faune A Chambers, Taraji P. Henson, Elle Fanning, Josh Stewart, Mahershalalhashbaz Ali, Faune A. Chambers

Distributeur : 
Warner Bros Pictures France

Benjamin Button n'a pas de chance. Il naît à la fin de la première guerre mondiale avec un physique de poupon vieillard. Sa maman décède peu de temps après l'accouchement. Sous la colère, son papa se débarrasse de lui et l'abandonne sur les marches d'une maison de retraite, dirigée par une femme noire qui le prend sous son aile. Plus les années passent, plus son corps rajeunit. Jusqu'au jour où il rencontre celle qui deviendra l'amour de sa vie. Se posent alors des questions existentielles : comment aimer au-delà des apparences, des trajectoires, des années, de la vie et de la mort ?

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La critique : Yes, he can.

Benjamin Button n’a pas de chance. Il naît à la fin de la première guerre mondiale avec un physique de poupon vieillard. Sa maman décède peu de temps après l’accouchement. Sous la colère, son papa se débarrasse de lui et l’abandonne sur les marches d’une maison de retraite, dirigée par une femme noire qui le prend sous son aile. Plus les années passent, plus son corps rajeunit. Jusqu’au jour où il rencontre celle qui deviendra l’amour de sa vie. Se posent alors des questions existentielles : comment aimer au-delà des apparences, des trajectoires, des années, de la vie et de la mort ? A priori, l’argument romantique tirée d’une nouvelle écrite par F. Scott Fitzgerald en 1921 semblait taillé pour l’imagination farfelue d’un Tim Burton mais c’est David Fincher qui essaye le temps d’un long métrage de jouer les grands enchanteurs du cinéma américain. Armé d’une mise en scène classique, aux antipodes de son esthétique clinquante et publicitaire, L'étrange histoire de Benjamin Button fait figure d’étrangeté dans sa filmographie. Il n’y parle pas de lui mais de nous.


 

Sous son apparence de mélodrame nostalgique et familial, L'étrange histoire de Benjamin Button ressemble au film de toutes les surprises dans la carrière de David Fincher. C’est justement parce qu’il semble plus conventionnel que ses précédents longs métrages qu’il est singulier. Pendant près de trois heures, le récit balaie plus d’un demi-siècle d’histoire américaine du point de vue d’un personnage hors norme. La construction évoque un puzzle qu’il faut recomposer et parfaire. Dans un second temps, naît une histoire d’amour classique où les sentiments régulent l’ordre et le désordre durant une période déterminée. En réunissant deux personnages hantés par la question de l’âge, le film donne à réfléchir sur le passage du temps, les possibilités de l'espèce humaine et sa propension aux bonheurs et aux malheurs. C’est dans ce domaine qu’il excelle en utilisant des prothèses et des maquillages hallucinants pour illustrer le processus de vieillissement et de rajeunissement chez le personnage principal (Brad Pitt a l’occasion de malmener sa plastique). Le revers de la médaille, c’est que les prouesses sont si efficaces que l’attention du spectateur peut dévier et que l’émotion perce difficilement.

 

En profondeur, il n’y a pas de lien thématique entre L'étrange histoire de Benjamin Button et les autres films de David Fincher. Le cinéaste a changé, plus sobre et moins manipulateur qu’avant. A bien regarder, la vraie rupture dans son cinéma a eu lieu après Panic Room, exercice de style Hitchcockien et avant Zodiac dans lequel il proposait une antithèse de Seven dont l’esthétique a depuis été pillée par de nombreux avatars de seconde zone et des séries télévisées. Ironiquement, Fincher ramenait son enquête dans les années 70, à l’époque des polars de William Friedkin et John Frankenheimer. On peut même affirmer sans trop se mouiller qu’il faut revenir à l’époque de Fight Club pour comprendre cette évolution, en n’oubliant pas que si le film est aujourd’hui considéré comme culte (pas nécessairement pour les bonnes raisons), il fut lynché en son temps et que son auteur ne s’en est jamais remis. Depuis, dix ans se sont écoulés. Fatigué de créer la polémique, Fincher cherche à se racheter une conduite commerciale en rendant son style moins abrasif (donc plus accessible) au profit d’un grand film populaire et fédérateur. A la manière d’un démiurge, il immobilise le temps et l’espace pour jouer avec les possibilités de la fiction. A un moment donné, il raconte comment une catastrophe aurait pu être évitée en travaillant la notion de point de vue et de hasard. C’est une manière comme une autre de montrer l’éternel retour de la chance.


Avec ce genre de procédé, L'étrange histoire de Benjamin Button atteint son troisième niveau de lecture : un film sur le cinéma, l’art de ceux qui racontent une histoire pour que l’on ait envie d’y croire. Tout est suffisamment consensuel pour séduire un large public et c’est un peu le problème du film qui s’il ne manque pas de moments brillants, reste trop policé et manque de caractère. Dans ce sens, le personnage de Benjamin Button peut également poser problème. Ostracisé par son physique, il rencontre des personnages exceptionnels et participe à des événements extraordinaires. Fantomatique, il traverse les époques sans s’impliquer comme s’il vivait par procuration et donc à travers les gens qu’il croise, lui apportant des enseignements. On peut se consoler en se disant qu’avec une telle histoire, si Fincher n’avait pas choisi cette option, il aurait trop mis en valeur l’handicap de son personnage et du coup se serait fourvoyé dans quelque chose de nauséabond, pas loin du pathos qu’il cherche à éviter. Heureusement, il n’a rien perdu de ses dons de conteur. Malgré quelques longueurs, la narration reste fluide et dynamique, nourrie d’anecdotes passionnantes (la fabrication de la grande horloge de la gare qui sert de prologue est une merveille de concision), d’idées prodigieuses et de fulgurants raccourcis. Elle se répand comme une vaste enluminure.

 

En prenant le temps nécessaire, Fincher donne la possibilité à tous les personnages secondaires, défendus par des pointures (Tilda Swinton, Elias Koteas ou Jason Fleyming) de vivre par leurs propres moyens. On peut s’amuser des retrouvailles du duo David Fincher/Brad Pitt après Fight Club. Volontairement ou non, on peut y voir une forme d’ironie. De la même façon, l’histoire est presque trop belle pour être vraie. De bout en bout, l’atmosphère reste plombée (même les couchers de soleil ont quelque chose d’artificiel et donc de désespéré). L'image apparaît comme ouatée, un léger halo clair-obscur entourant la fable édictée comme le halo autour d'un rêve. Les scènes dans l’hôpital où la fille Julia Ormond recueille les histoires de sa mère Cate Blanchett sur son père Brad Pitt sont plus ternes afin de laisser la magie aux images du passé. Comme un trompe-l’œil ou une illusion d’optique. De Abattoir 5 (George Roy Hill, 72) à The Fountain (Darren Aronofsky, 2006) en passant par L'homme sans âge (Francis Ford Coppola, 2007), le cinéma ne manque pas d’histoires d’amour dans le temps et dans l’imagination des personnages. Ici, le résultat atteint un niveau de récit imaginaire et universel en recréant l’histoire des Etats-Unis dans un espace-temps suspendu. En faisant un retour vers le passé, il devient très contemporain et possède une résonance extrêmement forte depuis l’élection de Barack Obama. C’est pour cette raison qu’il enthousiasme à ce point le public américain et que le cinéaste répond parfaitement aux aspirations de ses contemporains. Il est fini le temps du cynisme IKEA : les gens veulent de l’humain, de l’espoir et du "yes, we can" pour refaire le monde. Fincher a tout compris.

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  • -micmacs- : Le plus grand chef d'oeuvre de tout les temps.

    Le 15/02/2010 à 19h43
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