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Les Garçons et Guillaume, à table !


le 24 avril 2013 à 16h40 , mis à jour le 18 novembre 2013 à 12h16.
Temps de lecture
0min

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Les Garçons et Guillaume, à table !

Note de la rédaction

Genre : 
Comédie

Nationalité : 
France

Année de production : 
2013

Sortie : 
20/11/2013

Durée : 
1h40min

Réalisateur : 
Guillaume Gallienne

Acteurs : 
Guillaume Gallienne, André Marcon, Françoise Fabian, Diane Kruger, Reda Kateb, Nanou Garcia, Charlie Anson, Götz Otto

Distributeur : 
Gaumont

Le premier souvenir que j'ai de ma mère c'est quand j'avais quatre ou cinq ans. Elle nous appelle, mes deux frères et moi, pour le dîner en disant: "Les garçons et Guillaume, à table !" et la dernière fois que je lui ai parlé au téléphone, elle raccroche en me disant: "Je t'embrasse ma chérie" ; eh bien disons qu'entre ces deux phrases, il y a quelques malentendus.

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La critique : Euphorisant double je(u)

Avec "Les garçons et Guillaume, à table !", son premier long métrage en tant que réalisateur, Guillaume Gallienne transpose son one man show de 2008, aux allures d'auto-analyse, dans lequel il racontait comment il était devenu un homme; lui qui, maniéré, se croyait femme; et explorait la relation qu'il entretenait avec sa mère, une bourgeoise aussi élégante que triviale. Le sociétaire de la Comédie française propose un double-jeu masculin/féminin, incarne son propre rôle et celui de sa mère. A dire vrai, il l'a suffisamment observée pour l'imiter à la perfection, révélant incidemment la part masculine de cette dernière jusque dans le bagout, la franchise, les expressions.
En surface, Gallienne en a tiré une comédie familiale et schizophrène s'amusant avec la psychanalyse, les apparences, le travestissement (du corps, de la réalité, des jeux). En substance, il revient sur un malentendu identitaire, montre comment on peut évoluer dans un fantasme entretenu, comment on assume une réputation que les autres ont taillé pour vous et comment la réalité loin de la cellule familiale donne la possibilité de s'en extraire, de se révéler.
Avant de parler d'homosexualité, Guillaume Gallienne traite d'une révélation et d'une libération intérieure, de la construction d'une identité, des expériences de la vie, du passage à l'âge adulte. Sans doute moins convaincant dans la mise en abyme, proche de la paraphrase (attention au théâtre filmé), n'évitant pas toujours les clichés, son coup d'essai doit beaucoup à l'énergie et à l'autodérision salutaire de son auteur, sorte de petit garçon naïf et rêveur peinant à composer avec son corps d'homme et subissant le regard des autres, de ceux qui ont décidé de sa sexualité avant lui. Le geste est gonflé, l'idée du "coming-out inversé" (l'homo qui n'avoue pas son hétérosexualité), audacieuse.
Pour évoquer les fantômes du passé, les brimades des camarades du pensionnat, l'incompréhension des hommes de sa famille (son père comme ses deux frères), le comédien-cinéaste tord l'esprit de sérieux, plaide l'humour, l'utilise comme une arme élégante. Et c'est en faisant rire qu'il parvient même à émouvoir. Le regard est bon, tendre, jamais revanchard ou cynique.
L'essentiel, surtout, c'est que, pendant une heure trente, "Les garçons et Guillaume, à table !" parvient à euphoriser une salle de cinéma. Par les temps qui courent, ce n'est pas si fréquent.
Romain LE VERN

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