Avec le temps, les films d'animation en 3D réalisés par les studios Disney se sont bonifiés. En 2009, "Volt, star malgré lui" avait ravivé la flamme après des années de disette avant que "Raiponce" n'enfonce le clou. La bande à Mickey était de retour et le prouve encore aujourd'hui avec "Les Mondes de Ralph", nouveau dessin animé 3D mis en scène par Rich Moore, à qui l'on doit plusieurs épisodes des "Simpson" et de "Futurama". Méchant mal aimé d'un jeu vidéo culte des années 80, Ralph la casse voudrait lui aussi remporter une médaille et être aimé de tous. Son rêve va le mener à travers différents mondes d'une salle d'arcade, à combattre une armée d'insectes robotisés et rencontrer Vaneloppe Van Schweetz, le bug de la course automobile Sugar Rush, avec qui il va se lier d'amitié.
De loin, "Les Mondes de Ralph" ressemble à un long-métrage Pixar et la fusion entre les deux studios semblent plus que jamais enterinée. Son sujet, original, et son univers, hérité du meilleur de "Toy Story", n'aurait pas déplu à Pete Docter ("Monstres et Cie", "Là-haut") ou Brad Bird ("Les Indestructibles", "Ratatouille"). Pourtant, il manque à ce Disney de Noël 2012, un grain de folie poétique pour atteindre la maestria du studio à la lampe. Ceci étant dit, le long-métrage est diablement entraînant.
"Les Mondes de Ralph" peut surtout compter sur un duo gagnant : la paire Ralph la casse / Vaneloppe Van Schweetz dépote autant au niveau de l'action que de l'humour. Après des débuts prometteurs, ce divertissement compte surtout sur la relation entre les deux personnages pour amuser les foules avec une pointe d'émotions. La deuxième réussite de ce film frénétique, c'est son côté spectaculaire. Les stéréotypes inhérents au genre (l'amitié malgré tout, la réalisation des rêves) et les effets de mode (les vilains sont les héros) laissent place à un déferlement d'action mené tambours battants. En exploitant les ressorts humoristiques de l'univers des jeux vidéo sans larguer les non initiés, les auteurs parviennent à donner plusieurs parfums à leur oeuvre avec une passion communicative. D'univers en univers, ce dessin animé très énergique et ultra-coloré ressemble à une friandise acidulée. Il confirme également une nouvelle philosophie : ce que tu ne détruis pas, te rends plus fort.
Par Nicolas SCHIAVI