Sur le point de convoler avec un bel apollon déniché sur son île grecque, la blonde Sophie tombe sur le journal intime de sa mère et découvre qu’avant sa naissance, celle-ci a eu une vie amoureuse particulièrement agitée. Désireuse d’élucider le mystère de ses origines, elle envoie une invitation anonyme à ses trois amants successifs de l’époque, l’un d’eux étant nécessairement ce père qu’elle n’a jamais connu et à qui elle demandera de la conduire à l’autel. Ce qu’elle n’a pas prévu, c’est que les trois séducteurs s’entendraient comme larrons en foire et qu’une fois l’effet de surprise digéré, sa mère ne serait pas nécessairement insensible à leur soudaine intrusion.
MAMMA MIA !Un film de Phyllida Lloyd
Avec Meryl Streep, Pierce Brosnan, Colin Firth, Stellan Skarsgård, Julie Walters, Dominic Cooper, Amanda Seyfried, Christine Baranski, Hemi Yeroham, Norma Atallah
Durée : 1h48
Sortie cinéma France : 10 Septembre 2008
Certains cinéphiles particulièrement sagaces reconnaîtront peut-être là l’argument d’un mélodrame intitulé
Buona sera, Mrs. Campbell dans lequel Gina Lollobrigida se retrouvait elle aussi confrontée à ses amours passées.
Mamma Mia ! le film est un tour de force narratif, s'inspirant lui-même d’un spectacle bâti autour d’une vingtaine des chansons les plus célèbres du groupe suédois Abba, lesquelles n’ont jamais été conçues dans ce but, leurs paroles ayant d’ailleurs nettement moins marqué les esprits que leur musique. L’adaptation et la réalisation du film tiré de cette comédie musicale ont été confiées à la scénariste Catherine Johnson et à Phylllida Lloyd, metteuse en scène qui s’efface prudemment derrière son sujet et confie à un chef opérateur grec le soin de donner à cette île paradisiaque un glamour de carte postale.

On est loin de l’invention de Hair de Milos Forman voire The Wall d’Alan Parker, mais la musique compense largement cette petite frustration.
Mamma Mia ! le film n’entend pas, en effet, révolutionner un genre déjà riche de monuments. Sa chorégraphie, tout juste passable, risque d’ailleurs d’outrer les admirateurs de Busby Berkeley ou de
West Side Story, tant certains ballets collectifs semblent approximatifs, le montage étant chargé d’imposer le rythme. Plus modestement, ce film sans autre prétention que de distraire est la restitution enthousiasmante d’un pur moment de bonheur qui ne peut s’apprécier que si l’on a gardé une tendresse particulière pour ces folles années soixante-dix où toutes les excentricités semblaient encore possibles.
Le film repose sur deux atouts maîtres : une succession ininterrompue de tubes qui font aujourd’hui partie de notre mémoire collective et une distribution exceptionnelle constituée de deux trios infernaux. Côté femmes, Meryl Streep mène la danse sans bouder son plaisir. On se remémore à cette occasion sa prestation de chanteuse de country dans
The Last Show de Robert Altman et l’on en vient à regretter que Madonna lui ait été préférée dans le rôle titre d’
Evita pour lequel elle s’est longtemps battue à une époque où sa carrière se trouvait, il est vrai, dans le creux de la vague. Regonflée à bloc par sa composition dans Le diable s’habille en Prada, Meryl Streep est éblouissante sur un registre radicalement différent de féministe baba sur le retour. Elle se trouve en outre épaulée par deux comédiennes qui sont mieux que des faire-valoir : la Jacqueline Maillan britannique, Julie Walters, révélée naguère par
L’éducation de Rita, et surtout l'explosive Christine Baranski qui mériterait la même renommée au cinéma que sur scène. Du coup, la jeune première incarnée par la minaudante Amanda Seyfried pâtit de la comparaison avec ses augustes aînées.

Côté messieurs, le film associe trois comédiens qu’on n’imaginait pas nécessairement se trémoussant en veste à paillettes et pantalon à pattes d’éph’ : le très British Colin Firth, l’ex-James Bond Pierce Brosnan et l’acteur suédois Stellan Skarsgård. Ils sont eux aussi impeccables en pères de la mariée poussant la chansonnette. Il y a dans
Mamma Mia ! le film cette insouciance qui fait tout le charme de la comédie musicale. Surtout quand c'est Pierce Brosnan qui susurre "S.O.S.". Au point qu’au générique de fin, quand Meryl Streep interpelle les spectateurs en leur demandant s’ils en veulent encore, les cris jaillissent spontanément de la salle et on a droit en bonus à une chanson incasable dans le scénario : “Waterloo”, le Grand Prix de l’Eurovision par lequel tout a commencé pour le groupe suédois le plus célèbre de la planète pop. Oubliez
Disco et son vilain service rendu aux Seventies. La seule invitation au Revival authentique, la voici !
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