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Ne le dis à personne


le 01 septembre 2009 à 19h28 , mis à jour le 01 septembre 2009 à 19h28.
Temps de lecture
0min

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Ne le dis à personne

Note de la rédaction

Genre : 
Thriller

Nationalité : 

Année de production : 
2006

Sortie : 
01/11/2006

Durée : 
2h06min

Réalisateur : 
Guillaume Canet, Guillaume Canet

Acteurs : 
François Cluzet, André Dussollier, Marie-Josée Croze, Kristin Scott Thomas, François Berléand, Gilles Lelouche, Nathalie Baye, Jean Rochefort, Florence Thomassin, Marina Hands, Olivier Marchal, Guillaume Canet

Distributeur : 
EuropaCorp Distribution

Alex et Margot forment un couple heureux et épanoui. Mais un soir, tout bascule lorsque Margot est enlevée et assassinée par un serial killer. Alex, anéanti, se réfugie dans le travail. Mais huit ans plus tard, de nouveaux éléments viennent remettre l'affaire sur le devant de la scène. Et Alex de douter. Margot a-t-elle vraiment été tuée par ce serial killer? Alors qu'il se lance à son tour dans l'enquête, il reçoit un mail étrange qui… Nous n'en dirons pas plus.

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La critique :

Pour son second film en tant que réalisateur, Guillaume Canet déjoue les pronostics, et ne nous livre pas une comédie satirique dans la lignée de son -déjà très maîtrisé- Mon Idole. En lieu et place, il jette son dévolu sur le roman six fois Million Seller de Harlan Coben, et nous livre un polar pur et dur. Mais pas seulement. Comme pour toute histoire digne d'être racontée, on trouve un thème, et un seul; au centre de celle-ci: l'amour.
Le résultat est, à tous points de vue, excellent.

COUP DE COEUR
NE LE DIS A PERSONNE
Un film de Guillaume Canet
Avec François Cluzet, André Dussollier, Marie-Josée Croze, François Berléand, Jean Rochefort, Kristin Scott-Thomas…
Durée: 2h05
Sortie le 1er novembre 2006



Alex et Margot forment un couple heureux et épanoui. Mais un soir, tout bascule lorsque Margot est enlevée et assassinée par un serial killer. Alex, anéanti, se réfugie dans le travail. Mais huit ans plus tard, de nouveaux éléments viennent remettre l'affaire sur le devant de la scène. Et Alex de douter. Margot a-t-elle vraiment été tuée par ce serial killer? Alors qu'il se lance à son tour dans l'enquête, il reçoit un mail étrange qui… Nous n'en dirons pas plus.

Telle est la plus grande force du film de Guillaume Canet: il nous raconte, avant tout, une histoire d'amour. Une grande, une belle, une de celles que l'on n'oublie pas et qui marquent l'esprit durablement. La raison en est à la fois magnifique et terriblement banale: le héros est amoureux d'une morte. L'amour de sa vie, son amie d'enfance, qu'il a finalement prise pour femme. Mais la nuit où Margot est enlevée pratiquement sous les yeux d'Alex, puis sauvagement assassinée, celui-ci s'arrête de vivre. Et le film commence.



Pas facile de fonder un polar sur de telles fondations, tant est grande la possibilité de tomber dans le larmoyant et le sentimentalisme un peu gauche. Et pourtant! Quel plaisir lorsque cela est accompli dans les règles de l'art. Quel plaisir de voir un héros dont la motivation n'est pas de sauver sa vie, de faire éclater un scandale financier ou même de coincer un assassin… mais tout simplement l'amour. Quel plaisir, enfin, lorsque tout cela s'ancre dans un film policier aux ramifications passionnantes!


Deuxième force du film: son histoire est réellement prenante. Vous vous prendrez à suivre chaque nouvelle étape des mésaventures d'Alex avec une délectation certaine, avides de connaître les tenants et aboutissants de l'affaire à mesure que les pistes se multiplient et que les personnages livrent de nouveaux secrets. Harlan Coben, l'auteur du roman, sait assurément ce qu'il fait: il manie comme un chef les moulinets de son bâton, au bout duquel est accrochée la magnifique carotte qu'est le Fin mot de l'histoire. Et en bourricot docile, le spectateur suit; autant attiré par le malicieux jeu de cache-cache auquel se livre l'ombellifère que par la perspective du festin qui ne manquera pas de clôturer le film (fin de la métaphore végétarienne). De façon moins "cryptique", mais sans trop en dire non plus -ce qui serait criminel-, disons que les différents rebondissement qui émaillent l'affaire tiennent en haleine tout du long, et que même s'il est relativement aisé de deviner l'identité du coupable, cela ne gâche en rien les surprises qui émaillent le métrage. D'aucuns pourront d'ailleurs critiquer le trop plein de coups de théâtres, ce qui ne serait pas complètement faux. Pour notre part, nous préférerons souligner une intrigue riche, qui préfère pêcher par excès que par couardise. Et servie par des acteurs qui nous feraient de toute manière avaler n'importe quoi.



C'est la troisième force de Ne le dis à personne: une interprétation réellement au-dessus du panier. Un rapide listing des têtes d'affiche vaut tous les argumentaires du monde: Jean Rochefort en membre de la Haute et propriétaire d'un centre hippique, François Berléand en flic débonnaire et maniaque, Marie-Josée Croze (Munich) pour incarner le rôle clé et empathique de Margot, Kristin Scott-Thomas en meilleure amie d'Alex -et accessoirement petite amie de la sœur d'icelui-, André Dussollier en beau-père et gendarme de son état, Nathalie Baye en avocate à qui on ne la fait pas… et même Olivier Marchal et Gilles Lellouche, respectivement réalisateurs de 36, quai des orfèvres et Narco, dans le rôle de deux crapules. Des personnages pourtant pas faciles à faire exister sans risquer de sombrer dans le ridicule, surtout pour le deuxième.

Bref, on l'aura compris: Guillaume Canet (qui s'est réservé un petit rôle, celui du fils de Jean Rochefort) a préféré s'entourer de Ferraris plutôt que de mobylettes. Bien nous en prend. Mais la vraie surprise du film, celui qui sait rendre crédible une histoire pourtant par essence rocambolesque, c'est l'homme qui évolue dans l'œil du cyclone: François Cluzet. C'est là une véritable redécouverte: son interprétation du personnage d'Alex porte littéralement le film, qui n'en avait pourtant pas besoin. Loin du héros à la mâchoire serrée en quête de vérité à tout prix, Cluzet se montre faillible, humain, sobre et dévasté à la fois. Du grand art, tout simplement. Et la performance est maintenue jusqu'aux scènes les plus physiques, ce qui n'allait pas forcément sans dire, même si le travail est il est vrai mâché par une réalisation au diapason.



Ce qui nous amène au quatrième et dernier (?) point fort du film: la mise en scène de Guillaume Canet, qui confirme les espoirs que l'on plaçait en lui après Mon Idole sur ce point. C'est bien simple: le bonhomme a tout compris à la façon de raconter une histoire.


Ce n'est pas pour autant que Canet réinvente le Cinéma à chaque plan : rien dans Ne le dis à personne ne relève foncièrement de l'inédit, ou du révolutionnaire en terme de narration filmique. Simplement, le réalisateur utilise à bon escient quelques vieilles recettes parfaitement digérées, tout en en injectant de nouvelles lorsque la situation s'y prête. C'est ainsi que les scènes les plus "intimistes", où la mise en scène s'efface en faveur du jeu brut des acteurs -à l'exception de quelques travellings toujours opportuns-, alternent avec les scènes de poursuite filmées presque exclusivement à l'épaule.



Il en résulte un dynamisme certain, qui rappelle par moments les meilleures heures du cinéma US brut de décoffrage où la violence est sèche et les effets de manche des films d'action, proscrits. Certes, ce n'est pas encore French Connection (le sujet ne s'y prêtait de toute façon pas), mais certaines scènes titillent suffisamment pour que l'on s'en rapproche… et que l'on soit confiant pour la suite de la carrière de réalisateur de Guillaume Canet. Tout juste pourra-t-on lui reprocher l'usage un peu systématique des flash-backs explicatifs lors des diverses révélations, mais là encore, la cause est noble: privilégier la clarté de l'intrigue plutôt que son emballage. On souscrit.



Tel est Ne le dis à personne : un va-et-vient constant entre des passages nerveux où le suspense est roi et le mystère premier ministre (ou Grand Chambellan, on n'est pas sectaires), alternant avec des scènes à l'émotion pure et sincère, qui savent laisser leurs personnages exister (cela ne va pas de soi dans les films policiers), et qui se muent occasionnellement en pépites sur pellicule comme on en voit encore trop rarement. Le meilleur ambassadeur du film est d'ailleurs sa dernière scène -dont nous vous tairons la teneur, rassurez-vous-, un passage bouleversant qui devrait serrer beaucoup de gorges. Le rappel que parfois, les images parlent mieux que les mots. Du grand et bon cinéma, tout simplement.

Cédric Muffat

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