L'idée d'Indian Palace est née de la volonté des producteurs Graham Broadbent et Peter Czernin d'adapter "Ces petites choses", un roman de Deborah Moggach. Le long-métrage est donc un nouveau chapitre de l'oeuvre littéraire pour ces sept protagonistes sex et septagénaires bien décidés à profiter du temps qu'il leur reste. Un voyage tendre et touchant doté d'une distribution prestigieuse.
Le grand personnage du long-métrage, c'est l'Inde, un pays coloré et fantasmagorique qui a déjà délivré quelques-uns de ses nombreux mystères dans les oeuvres de Mira Nair ou l'univers Bollywood. Heureusement, John Madden évite la déréalisation totale du format carte postale et le pathos surligné de la misère sociale. Il filme surtout le chaos sonore et le brouhaha d'images interceptés à la volée par des personnages qui réagissent de manière bien différente à la richesse de la contrée des slumdogs. Le cinéaste peut s'appuyer sur la crème des acteurs britanniques (Judi Dench, Bill Nighy, Tom Wilkinson et Maggie Smith aux premières loges) pour faire naître cette disparité d'émotions. Aucun des personnages n'en sortira indemme. En bout de course, à bout de souffle, ces marginaux retrouveront leur repères, même si John Madden n'évite pas quelques stéréotypes liées à l'incompréhension des nouvelles technologies... Qu'importe, le ton est juste et l'énergie retrouvée des retraités fait plaisir à voir.
Le Marigold Hotel, établissement en délabrement qui ne tient debout que grâce aux rêves d'un gosse, devient rapidement la métaphore de ces retraités en quête d'un meilleur futur. A la recherche d'un passé perdu ou d'une relation imaginaire, on admire ces anciens subissant un grand changement tout en restant les mêmes. A l'image de ces vieux os en pleine résurrection et prêts à tout pour une deuxième chance, Indian Palace prouve qu'il y a une vie après la vie.
Par Nicolas SCHIAVI