Joss Whedon est décidément l'homme à suivre. Celui à qui l'on doit Avengers fait encore l'actualité cinématograhique avec La Cabane dans les bois, cette fois en tant que scénariste. Tourné début 2009, le film a été maintes fois repoussé alors que la MGM tentait de régler ses problèmes financiers. Avec une idée de départ amusante et Chris Hemsworth (Thor) à l'affiche, le long-métrage se joue des codes de l'horreur avec un appétit pour la science-fiction et le fantastique. Un patchwork mi-figue mi-raisin, mais réjouissant dans sa dernière partie.

En désamorçant la plupart des surprises et en faisant trop confiance à son concept malicieux, La Cabane dans les bois est moins réussi qu'il ne le croit. Avec son parti pris ambitieux, le film propose un Evil Dead en forme de télé-réalité censée dynamiser les stéréotypes du genre horrifique tout en rendant hommage à ses classiques. Dommage que le public connaisse presque tout des règles du jeu dès l'instant où les cinq héros prenennt la route. Avant de participer au grand carnage final et apprécier pleinement les joies d'une fiction multi-genres, il faudra donc se satisfaire d'une chasse à l'homme bien rythmée mais pas si inventive.
L'audace du scénario écrit par Joss Whedon et Drew Goddard prend véritablement de l'ampleur dans la dernière partie du film. Avec son bestiaire échappé des pires cauchemars enfantins et la présence inattendue d'une star hollywoodienne en maîtresse de cérémonie, La Cabane dans les bois surprend enfin par sa furia sanglante et ses twists de type "Kill the Virgin. Save the world". C'est un peu tard pour un engouement total mais suffisant pour se laisser promener dans les bois.
Par Nicolas SCHIAVI