Si Bella, l'héroïne de la saga "Twilight", est devenue vampire, cela ne change en rien le positionnement du cinquième et dernier film. L'épopée ne bascule pas pour autant dans le gore, loin de là, on reste dans l'univers très fleur bleue à l'aune de ce que nous avons connu tout au long des quatre films précédents.
Il est toujours compliqué de juger ce genre de production, faite pour plaire au plus grand nombre mais à la fois segmentée pour un public particulier. Les plus exigeants, qui de toutes manières passeront certainement leur chemin, trouveront le résultat mièvre, gnangnan, faussement rebelle et finalement fondamentalement conservateur dans le traitement de son histoire. Mais rien de nouveau dans ce constat. C'est l'essence même de "Twilight" dès le départ et force est de constater que cela fonctionne. Les quatre précédents films ont rapporté plus de 2,5 milliards de dollars à travers le monde. Ce nouveau film ne déroge pas donc pas à la règle et devrait ravir les adeptes voire peut-être même les surprendre.
On ne pourra pas reprocher au film d'être à l'image du quatrième livre, scindé en deux pour le cinéma : inégal, longuet et parfois ennuyeux. Mais tout n'est pas à jeter, on peut saluer une mise en scène plutôt dynamique, un casting riche et varié, avec quelques talents prometteurs de la jeune génération, et ce qui restera comme la scène d'anthologie de la saga : le combat entre le clan Cullen et celui des puissants Volturi. Les scénaristes ont imaginé un affrontement spectaculaire mais aussi surprenant (à en juger les réactions dans la salle) mettant en scène toute une panoplie de vampires venus du monde entier. Seulement, pour y assister, il faudra attendre presque la fin du film.
Si, au final, on ne doit retenir qu'une chose de la saga "Twilight" au cinéma, c'est certainement sa capacité, durant près de quatre ans, à mettre en avant toute une nouvelle génération d'acteurs. Kristen Stewart, Robert Pattinson et Taylor Lautner semblent être promis à de belles carrières et pourraient, comme d'autres membres du casting, faire partie de ceux dont il faudra compter dans les années à venir à Hollywood. C'est d'ailleurs sur l'ensemble du casting depuis le premier épisode que Bill Condon a choisi de conclure son film.