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Chris Marker, réalisateur de La Jetée, est mort

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le 30 juillet 2012 à 12h09 , mis à jour le 30 juillet 2012 à 14h42.
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4min
Image extraite du film "La jetée", de Chris Marker (16 février 1962)

Image extraite du film "La jetée", de Chris Marker (16 février 1962) / Crédits : Chris Marker / Argos Films

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News Ciné-Séries Chris Marker, artiste complet et réalisateur de documentaires, est décédé à 91 ans. Il est l'auteur d'oeuvres majeures comme Sans Soleil, Le Joli Mai ou encore La Jetée dont s'était inspiré Terry Gilliam pour L'Armée des Douze singes.

Le cinéaste et intellectuel français Chris Marker, auteur d'une cinquantaine de films documentaires et intraitable "explorateur" de son temps, est décédé dimanche à Paris à l'âge de 91 ans. Né Christian-François Bouche-Villeneuve en 1921, Chris Marker s'est illustré dans de nombreuses disciplines artistiques tout au long de sa vie. Tour à tour philosophe, écrivain, photographe, poète ou essayiste, il s'est distingué en réalisant plusieurs films, pour la plupart des documentaires, devenus cultes depuis. Mais au-delà des oeuvres qu'il a lui-même signées, Chris Marker a collaboré avec de nombreux artistes parmi lesquels Alain Resnais, Yves Montand ou encore Costa-Gavras. Pendant 60 ans, il a voyagé, écrit, réfléchit sur ses thémes de prédilection qu'étaient la mémoire, le souvenir et la nostalgie du passé. Des travaux qui ont influencé de nombreux artistes et notamment Terry Gilliam s'était librement inspiré de "La Jetée" (1962) pour réaliser "L'Armée des Douze Singes" en 1995.
 
Le président du festival de Cannes Gilles Jacob a été l'un des premiers à rendre hommage à cet "esprit curieux, cinéaste infatigable, poète amoureux des chats, vidéaste, personnage secret, immense talent", dans un tweet où il ajoute: "sommes orphelins de Chris Marker". Pour le critique de cinéma Jean-Michel Frodon, Chris Marker était "quelqu'un d'immensément important pour tous les gens qui tentent de réfléchir au cinéma et à l'image, ainsi qu'au monde contemporain". Il évoque avec émotion un "explorateur dans tous les sens du terme, à la conscience politique et à l'engagement très forts".
 
L'hommage du monde du cinéma
 
"Chris Marker était un artiste génial, poète et visionnaire, inventif et tellement bouleversant", réagit Véronique Cayla, présidente d'Arte, ancienne directrice générale du CNC et ancienne directrice du festival de Cannes. "Je pense bien sûr à la Jetée, et aussi au merveilleux portrait-hommage qu'il a fait d'Agnès Varda pour son dernier film", ajoute-t-elle.
 
Chris Marker est "l'auteur d'une cinquantaine de films documentaires qui ont profondément marqué et influencé le cinéma mondial", a souligné la Cinémathèque Française dans un communiqué, rendant hommage à son "ton inédit", qui a créé "un style et une manière inconnue de regarder le monde et d'en rendre compte, un art du montage poétique". "Son oeuvre a suivi et épousé la deuxième moitié du XXe siècle en se tenant à la bonne distance des événements historiques qui ont bousculé le monde: Cuba, le communisme soviétique et chinois, la guerre du Vietnam, Mai 68 en France, le Chili, les luttes ouvrières, les combats pour l'émancipation et l'indépendance", ajoutent Serge Toubiana et Costa Gavras, à la tête de la Cinémathèque, dans leur communiqué.
 
C'est sur les JO d'Helsinki que Chris Marker a réalisé en 1952 son premier film ("Olympia 1952") avec de modestes moyens, après avoir publié son premier roman, "Le coeur net", en 1949, dont le personnage central est un aviateur. "Lettre de Sibérie", un documentaire où il interroge l'image et le propos, sort en 1958. Suivent la Jetée (1962) et sa période militante (1967-1977) - "Cuba si", "Loin du Vietnam"... - dont il tire le bilan avec "Le fond de l'air est rouge". Il filme Paris après les accords d'Evian dans "Le Joli mai" (1963), où son texte est lu par Yves Montand, auquel il consacrera en 1974 un reportage, "La solitude du chanteur de fond". En 1966, il raconte ses voyages dans 26 pays dans "Si j'avais quatre dromadaires". Il tourne ensuite "Sans soleil" (1982), souvent considéré comme son chef d'oeuvre, ou "Level Five" (1996) et explore les possibilités de la création audiovisuelle et des nouvelles technologies. En 1997, il publie "Immemory", un CD-Rom utilisant toutes les ressources du multimédia. Il diffuse sur internet son dernier court-métrage, réalisé en 2007, "Leila Attacks".

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