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Ciné-Club 07 : "Mulholland Drive", de David Lynch

RLV photo par
le 19 septembre 2012 à 23h00 , mis à jour le 20 septembre 2012 à 15h39.
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3min
Mulholland Drive, de David Lynch, un joyau noir et troublant

Mulholland Drive, de David Lynch, un joyau noir et troublant / Crédits : Studio Canal

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A Hollywood, durant la nuit, Rita, une jeune femme, devient amnésique suite à un accident de voiture sur la route de Mulholland Drive. Elle fait la rencontre de Betty Elms, une actrice en devenir qui vient juste de débarquer à Los Angeles. Aidée par celle-ci, Rita tente de retrouver la mémoire ainsi que son identité.

"Muholland Drive" est une longue route sinueuse, bordée par les montagnes californiennes des environs de Los Angeles. D'Hollywood aux canyons de Bel Air, elle offre un panorama imprenable sur Beverly Hills ainsi que sur tous les studios mythiques du cinéma américain. Le film qui porte son nom ressemble à un aboutissement dans la carrière du réalisateur David Lynch ("Twin Peaks") en même temps qu'il s'agit d'un hommage déguisé d'un classique du cinéma américain : "Boulevard du crépuscule" (Sunset Boulevard ou Sunset Blvd.), réalisé en 1950 par Billy Wilder, l'un des premiers films à avoir célébré la face sombre d'Hollywood.

A l'origine conçu comme le pilote d'une série télévisée, cet idéal de cinéma tient de la peinture d'une usine à rêves régie comme une mafia, d'un songe qui se transforme en cauchemar et d'une histoire d'amour tragique.

Les personnages principaux appartiennent à des archétypes cinématographiques qui ont tous connu le revers de la médaille en fonction des modes. Le cowboy que l'on voit à plusieurs reprises représente le western tombé en désuétude. La blonde Betty (Naomi Watts) est une héroïne Hitchcockienne, du feu sous la glace. Le couple de vieux qui ouvre et clôt son parcours symbolise l'innocence trompeuse des mirages. La brune Rita (Laura Harring) renvoie à Gilda - son prénom est d'ailleurs emprunté à l'actrice Rita Hayworth.

La première partie de "Mulholland Drive" charrie différents états allant de l'érotisme (la fusion sexuelle entre Betty et Laura) à la comédie (le réalisateur impuissant dans son univers professionnel où il n'a aucune liberté et dans sa vie sentimentale où il est cocufié) en passant par l'émotion brute (l'audition) et l'angoisse (le secret de l'arrière-cour, découlant d'un cauchemar fait la veille).

Cette succession de moments virtuoses annonce une mise en abyme, la naissance d'un «film dans le film» et donc la matérialisation d'un rêve. C'est ce qui se passe dans la seconde partie où Naomi Watts change de personnalité : elle n'incarne plus Betty, la naïve, mais Diane, celle qui s'est suicidée par amour pour Camilla, désormais interprétée par Laura Harring. Elles deviennent elles-mêmes les actrices d'une autre histoire.

La boîte bleue et la clé pour en déflorer le secret déterminent le changement (les objets pour traduire les idées). Au lieu d'avancer, la narration repart en arrière pour expliquer le passé. L'impression de déjà-vu que les personnages ressentent en fréquentant le même café (l'homme qui raconte sa vision de cauchemar, le dialogue avec le tueur à gages) rappelle juste que toutes les histoires (surtout les histoires d'amour) se répètent, aussi éphémères que la gloire.

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