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"Dans la maison", que vaut le nouveau François Ozon avec Fabrice Luchini ?

RLV photo par
le 08 octobre 2012 à 10h59 , mis à jour le 09 octobre 2012 à 09h33.
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3min
Dans la maison, de François Ozon

Dans la maison, de François Ozon / Crédits : Mars Distribution

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News Ciné-Séries Le réalisateur de "Sous le sable" et "Potiche", passionné par les personnages paumés entre réalité et imaginaire, dirige Fabrice Luchini, Emmanuelle Seigner et Denis Menochet dans un thriller théorique et ludique.
Avec "Dans la maison", adaptation d'une pièce de théâtre de Juan Mayorga, le réalisateur François Ozon dissèque la relation trouble entre un professeur de français (Fabrice Luchini) et Claude, un jeune lycéen (Ernst Umhauer) qui s'immisce dans la maison d'un élève de sa classe, et en fait le récit dans ses rédactions. 
En fait, pour son treizième long métrage, Ozon refait le pari du thriller Hitchcockien de l'un de ses précédents films, "Swimming Pool", en reprenant exactement les mêmes ficelles : une star (Fabrice Luchini à la place de Charlotte Rampling), un personnage rabougri et endormi qui au contact d'une étrange créature réveille des sentiments endormis, une réflexion sur la création artistique (comment s'inspirer du réel pour nourrir l'imagination), un sous-texte ambigu (filiation inconsciente ou homosexualité latente ?) et une pirouette finale semant le doute. Au final, la même approche ludique / théorique.
Fabrice Luchini, plus virtuose que le film
Soutenu par un Fabrice Luchini capable d'enchaîner les tunnels de dialogue avec son éloquence coutumière, "Dans la maison" tente de rendre excitant un exercice scolaire potentiellement rébarbatif à l'écran en transformant une maison de banlieue en plateau de cinéma où les personnages deviennent des illusions. Hélas, très vite, le film tourne à vide. Tout simplement parce que le cinéaste prend des vessies pour des lanternes et que le spectateur ne partage pas réellement la fascination du professeur pour son élève - une fascination traitée ici à la Ozon, c'est-à-dire comme une relation SM cérébrale entre un maître et son disciple avant que les rôles ne s'inversent.
L'ennui au cinéma doit être ennuyeux ?
L'ennui, c'est le dénominateur commun de tous les personnages, des membres de la famille banlieusarde (Emmanuelle Seigner en fleur fanée qui fantasme une autre vie, Denis Menochet en papa beauf prisonnier de son supérieur) au jeune lycéen, strictement réduit à sa fonction d'ange exterminateur à la "Théorème" de Pasolini (comme naguère le rat catalyseur dans "Sitcom", le premier François Ozon) en passant par le couple intello (Fabrice Luchini/Kristin Scott-Thomas), artistes ratés qui s'accrochent à leurs illusions de talent et refusent de voir la vérité de leur couple rouillé en face.
Quand le récit et la dialectique réalité/fiction donnent des signes de faiblesses, Ozon compense avec ses éternels tours de petit malin ou des effets de surprise (les sœurs jumelles, jouées par une seule actrice comme dans "Social Network", de David Fincher) qui, vu le casting, se voudraient sans doute "Polanskiens"; mais les éclairs de folie qui étaient séduisants dans ses précédents films (la danse dans "Gouttes d'eau sur pierres brûlantes", le bébé Dumbo dans "Ricky") ne fonctionnent pas et la démonstration, alourdie par des clins d'œil trop voyants (la galerie du personnage de Kristin Scott-Thomas s'appelle "Le labyrinthe du minotaure", Luchini assommé avec le "Voyage au bout de la nuit") se révèle in fine bien laborieuse.
"Dans la maison", de François Ozon, sortie le 10 octobre 2012.
 
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