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Dossier : Les Films De Sous-marins [page 5]

Edité par
le 26 juin 2006 à 12h01
Temps de lecture
3min
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News dossier
Das Boot
Wolfgang Petersen, 1981 (1997 pour la director's cut)




Un petit bond dans le temps nous amène à ce qui reste, à ce jour, comme le chef-d'œuvre absolu du film de sous-marins, ainsi que comme un chef d'œuvre du film de guerre tout court. La raison? Das Boot ne parle pas d'un bateau qu'il faut couler, de grenades sous-marines à éviter ou d'un détroit à traverser. Il ne parle pas non plus d'un sous-marin abîmé qu'il faut remettre à flots avant que son oxygène ne soit épuisé. Das Boot parle d'hommes. Jamais auparavant la mission n'avait eu si peu d'importance en regard du vrai drame se jouant à l'écran: un drame humain, le seul digne, au fond, d'être raconté. Les personnages du film de Wolfgang Petersen ne s'y trompent pas, puisque la guerre en tant qu'issue politique est le cadet de leurs soucis. Leur seul préoccupation: rentrer au bercail en vie. Le fait que l'équipage et le sous-marin soient tous deux allemands n'est certainement pas étranger à l'intérêt que le film est en droit de susciter. Comme nous le rappelle un carton en début de film, les sous-mariniers allemands ont payé un très lourd tribut en vies humaines durant la bataille de l'Atlantique. Non content d'humaniser une partie adverse qui en avait bien besoin -beaucoup de films de guerre des décennies précédentes ayant tendance à oublier ou à passer sous silence le fait que tous les allemands n'étaient pas des nazis-, Das Boot offre de plus à l'univers sous-marinier la reconstitution scrupuleuse qu'il méritait. Wolfgang Petersen et son équipe ont fait leurs devoirs, et cela se sent jusqu'à la dernière aiguille du plus petit bathymètre. Point d'uniformes bien repassés ou de coupes au carré façon Destination Tokyo: ici, les hommes sont des gamins dont la barbe poussera durant le voyage, les toilettes servent à entreposer des vivres, quant aux douches ou à l'air conditionné; mieux vaut faire une croix dessus. Un réalisme forcené dont le seul effet secondaire néfaste est de donner un sérieux coup de vieux aux précédents films du genre, et qui ne sert qu'un simple propos: nous faire toucher du doigt le calvaire que devait représenter la vie à bord d'un sous-marin allemand durant la deuxième guerre mondiale.



Pas de duel psychologique ou de super-destroyer à couler ici: les marins ne sont face qu'à eux-mêmes, et le véritable ennemi est la peur. La peur, et l'attente de la grenade qui passera un peu trop près. Un exposé suffisamment convaincant pour que l'on tremble pour la vie des marins quand le submersible subit une attaque. ("Ne sont-ils pas pourtant dans le camp des méchants? " Nous dit une petite voix lointaine.)



Parce que les films qui brouillent les frontières naturelles et nous amènent à réfléchir sur ce que l'on tenait pour acquit sont rares et précieux, parce que les films jetant un regard sur la guerre du point de vue de l'autre camp sont encore plus rare, parce qu'enfin Wolfgang Petersen a poussé le réalisme dans ses derniers retranchements, quitte à privilégier l'attente et l'ennui à l'action, il faut voir Das Boot.

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