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Mort d'"Emmanuelle" : flash-back sur le phénomène Sylvia Kristel

RLV photo par
le 18 octobre 2012 à 11h49 , mis à jour le 18 octobre 2012 à 16h20.
Temps de lecture
4min
Sylvia Kristel dans le film Emmanuelle
News Ciné-Séries Réalisé en 1974, "Emmanuelle" fit date, sortant en pleine révolution des moeurs, entre "Le dernier tango à Paris", de Bernardo Bertolucci et "Les Valseuses", de Bertrand Blier. Son succès, il le doit à Sylvia Kristel, inoubliable icône sexuelle, décédée le 18 octobre 2012.

"Emmanuelle" sort au milieu des années 70, au moment où les Français élisent Valérie Giscard d'Estaing Président de la République et souhaitent mettre fin à seize ans de Gaullisme. Le nouveau ministre de la culture, Michel Guy, qui a bien compris le message, veut abolir la censure mise en place par son prédécesseur Maurice Druon. C'est lui qui, contre l'avis de la commission de classification des oeuvres cinématographiques, autorise la sortie de ce film érotique sur les écrans français, avec une simple interdiction aux moins de 16 ans. Une exception notable car un an après, il provoque la création de la loi instituant le classement X.
 
L'histoire est simple : une bourgeoise libertine (Sylvia Kristel), mariée à une philosophe très ouvert d'esprit (Alain Cuny) s'envole pour Bangkok, en quête d'aventures exotiques et d'expériences sexuelles. C'est l'adaptation du roman vaguement autobiographique d'une romancière française d'origine thaïlandaise, Emmanuelle Arsan, écrit et publié en 1959, dont le producteur Yves Rousset Rouard va acquérir les droits pour une bouchée de pain.

Au départ, il était question que le photographe David Hamilton l'illustre. Le choix se portera finalement sur Just Jaeckin, fer-de-lance du porno soft (on lui doit "Histoire d'O" ou "L'Amant de Lady Chatterley"), le premier à repérer Sylvia Kristel lors d'un concours Miss TV Europe alors qu'elle se destinait à une carrière de sage secrétaire, le premier aussi à la déshabiller au cinéma.
 
Sylvia Kristel, en route vers les étoiles

En France, les spectateurs s'entichent d'"Emmanuelle", titillés par la curiosité et leurs hormones, et s'autorisent à aller voir un film ouvertement érotique qui passe pour du cinéma d'art et d'essai. (Emmanuelle a changé votre vie ? Témoignez sur TF1News) Le "phénomène" touche Paris, puis la France avant d'atteindre le monde entier, malgré une classification X (notamment aux Etats-Unis). Conséquence : "Emmanuelle" tient l'affiche près de dix ans au cinéma le Triomphe sur les Champs Elysées (plus de 553 semaines !), vu par près de neuf millions de Français et plus de 50 millions de spectateurs dans le monde, et devient le film le plus regardé dans les salles, derrière "Autant en emporte le vent".
 
A l'arrivée, tout le monde tombe amoureux de la divine Sylvia Kristel, alors payée 18 000 francs pour le premier épisode - elle se rattrapera sur "Emmanuelle 2" et "Goodbye Emmanuelle". Celle qui grandit chez les sœurs devient alors une icône de la révélation sexuelle au cinéma comme Linda Lovelace ("Gorge Profonde") ou Marylin Chambers ("Derrière la porte verte") aux Etats-Unis. Le président du Brésil veut lui offrir les clefs de la ville de São Paulo, les émirs du Golfe multiplient les demandes de mariage et la rumeur colporte une (fausse) idylle avec Giscard d'Estaing. "La vie de Sylvia a explosé du jour où elle est entrée dans les fantasmes des gens", assurait Just Jaeckin. L'actrice, elle, l'a appris à ses dépens.

Coup de foudre

Sylvia Kristel ne retrouvera pas de rôle aussi marquant malgré des compositions surprenantes chez Jean-Pierre Mocky, Alain Robbe-Grillet ou encore Claude Chabrol. Elle met fin au rêve et à la légende glamour avec son autobiographie "Nue" (2006), revenant sur ses déboires avec l'alcool, la drogue et les revers de fortune sans la moindre amertume.

Près de quarante ans plus tard, que reste-t-il de ce film, à une heure où la pornographie se propage sur Internet comme un incendie ? La chanson de Pierre Bachelet, "Mélodie d'amour", certes. Un essai en chanson aussi avec un clip digne d'Abba (voir ci-dessous). Mais surtout l'image inoubliable d'une jeune Hollandaise androgyne à la peau diaphane, aux cheveux courts et au regard transparent, alanguie dans une pose lascive sur son fauteuil en osier. Pour l'inconscient collectif, le souvenir d'un fantasme qui a vieilli avec nous sans s'être totalement éteint.

 

Commenter cet article

  • odette54 : Trop jeune pour mourir et tant d'autres comme elle on l'aimait bien elle évoque une époque pleine de sensualité adieu et on ne vous oubliera pas

    Le 18/10/2012 à 14h47
  • lefotograf-04 : Ne confondez pas film érotique avec pornographique. Emmanuelle n'est pas un film porno; là est la subtilité de ces années où l'on vivait mieux qu'aujourd'hui et que nos enfant ne connaîtrons jamais.

    Le 18/10/2012 à 12h29
  • monacfrance : C'est vrai qu'elle a été une icône qui a fait rêver toute une génération Emmanuelle. Un très beau film érotique, un fauteuil en osier que tout le monde achetait, bref je lui souhaite de s'en sortir et beaucoup de courage.....

    Le 02/07/2012 à 15h32
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