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En direct de Hong Kong : Three Kingdoms

Edité par
le 15 mai 2008 à 03h04
Temps de lecture
5min
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NewsA l'heure où s'annonce l'ouverture cannoise, la preview Asie de cette semaine nous emmène à la rencontre du dernier film de Daniel Lee, Three Kingdoms : Resurrection of the dragon.

A l’heure où s’annonce l’ouverture cannoise, la preview Asie de cette semaine nous emmène à la rencontre du dernier film de Daniel Lee, Three Kingdoms : Resurrection of the dragon. Emmenant dans son sillage le toujours majestueux Andy Lau, ce dernier nous concocte en effet une fresque épique bien plus passionnante que The Warlords et signe un retour apprécié dans les salles asiatiques.

THREE KINGDOMS : RESURRECTION OF THE DRAGON
Titre original : Saam gwok dzi gin lung se gap
Un film de Daniel Lee
Avec Andy Lau, Sammo Hung, Maggie Q, Damian Lau, Rongguang Yu
Durée : 1h42
Sortie à Hong Kong le 03 avril 2008


Nous contant l’histoire de Zhao, valeureux combattant du royaume de Shu, le métrage qui fait suite dans la carrière du cinéaste à Dragon Squad adapte à l’écran l’un des épisodes les plus connus de la littérature chinoise : Le roman des Trois royaumes, œuvre historique fondatrice dans l’unification de l’Empire du milieu. Déjà source d’inspiration du futur Battle of Red Cliff, l’ensemble recèle donc sa part de mythe et invite au déploiement ambitieux du grand cinéma chinois. Et c’est justement dans ce cadre d’ampleur que se construit l’histoire de celui que l’on appela le général invincible.

Joué par Andy Lau - bien plus convaincant que dans The Warlords, Zhao après s’être enrôlé dans l’armée de Shu va en gravir les échelons et enchaîne les exploits. Le plus retentissant étant d’être parvenu à sauver l’héritier du royaume au nez de ceux qui en voulaient la mort et d’avoir presque réussi à lui seul, à vaincre le seigneur de l’armée de Cao Cao. C’est ainsi que volant de succès en victoires, suivrons-nous l’ascension et le destin fameux de celui qui bientôt intégrera le groupe des cinq généraux de l’empereur après avoir impressionné toute la cour. Cependant, malgré les vingt années qui passèrent et le distinguèrent des autres, les trois royaumes ne s’unifièrent pas et les tigres tombèrent un à un jusqu’au dernier. La génération de ses pairs ayant pris la relève, ce dernier se décide alors à les accompagner dans une ultime bataille, escorté qu’il sera de Luo Ping-An (Sammo Hung), celui qui l’a fait rentrer dans l’armée de Shu dès leur première rencontre et suit depuis du plus prêt qu’il puisse ses exploits.


Alors que l’un n’est que loyauté et mesure et que l’autre n’a cherché vainement qu’à récolter le fruit d’une destinée qu’il pensait glorieuse, voilà nos deux amis prompts à aller guerroyer dans quelque province aussi nordique que lointaine… Dans l’attente du dernier coup de glaive, dans l’espoir d’un retour vers la terre natale qui jusqu’alors ne venait jamais, empêchant le rêve de Zhao de se réaliser : aimer et fonder sa propre lignée…


Three Kingdoms : entre destinée et action d’ampleur

Film épique s’il en est, questionnant la notion de destinée et la juste part que l’homme a dans ses réussites, Three Kingdoms met en balance dans toute sa longueur, l’idée de cycle pour la démentir et ensuite lui donner plus de poids encore, cela à mesure que les évènements contraires s’accumulent et que nos amis se retrouvent bientôt acculés sur le mont Phoenix, lieu funeste de leur première bataille commune. Installant de fait un vague questionnement métaphysique en son sein, porté par les actes valeureux de son personnage principal, Daniel Lee crée du mythe et nous donne à voir un métrage historique où la guerre est plus affaire de stratégie, de mots et d’engagements que de combats homériques - même si ces derniers sont loin d’être oubliée, surclassant de loin les déferlements de Mongol et les déploiements de The Warlords.


De la stratégie psychologique à l’action héroïque commune

Ainsi, assiste-t-on au début du film à une première leçon offensive héritée du maître tacticien Zheng qui appuie trop sa métaphorique et continuelle ressemblance entre stratégie militaire et échec. Impressionnant d’organisation, on peut ainsi être amené à penser que le film ne sera fait que de cela, d’intrigues et de twists tactiques saisissants, faisant du film historique en costumes, une réflexion sur la guerre et la psychologie de ceux qui la font. Le tout porté par une forme guindée mais nécessaire à la naissance du mythe filmique. Et pourtant l’avancée du métrage ne se risque pas à suivre cette piste puisque les moyens mis à disposition du cinéaste sont conséquents et qu’en sus de cette approche, le réalisateur de Moonlight Express y succombe pour nous proposer quelques scènes au potentiel spectaculaire avéré. En somme, loin d’une œuvre réflexive, Three Kingdoms vise bien autre chose.

Dans la lignée de The Warlords et des autres grosses productions chinoises épiques, la production n’a en effet nullement lésiné sur le nombre de figurants, les mouvements d’ampleur et les cavalcades impliquant toutes ses masses, vêtues d’armures et de lances acérées. Et dans le cas présent, point de synthèse. Tout est chorégraphié et soigneusement magnifié, plaisamment pensé et – avouons-le attirant à voir, notamment les très habiles combats à la lance qui auraient néanmoins gagné à être filmées en plan séquence avec des cadrages plus larges. De fait, cela fleurait bon le meilleur. Hélas, l’ensemble est vite gâché par une récurrente envie d’impressionner et de sidérer le spectateur en exagérant notamment le destin de Zhao, l’invincible dragon ou en insistant sur les éléments du genre. Reviennent ainsi la maestria armes à la main, la nécessaire histoire d’amour gâchée, la trahison évidente ou la sagesse manifestée par le personnage en toutes circonstances. Mais plus encore que ces scories scénaristiques, ce qui agace le plus, c’est la négation très rapide de cette narration psychologique qui s’avançait sur fond de conte chevaleresque nous récitant l’existence d’un combattant hors norme.


Par conséquent, Three Kingdoms : the resurrection of the dragon déçoit dans une certaine mesure parce qu’il ne réussit pas à être ce métrage tant attendu : le film épique, cultivé, passionnant et porté par l’action que le cinéma chinois contemporain mérite. Loin de cela, film populaire et pas si inintéressant que cela, le dernier film de Daniel Lee offre un plaisant divertissement et quelques séquences hautement singulières sans toutefois aller bien plus loin. Toutefois, nettement plus intéressant que ces prédécesseurs, Three Kingdoms fait oublier les frasques farfelues de The Warlords et invite à repousser pour l’heure les limites entrevues par les diverses productions épiques récentes tournées en Chine continentale. A conseiller donc aux amateurs du genre, aux fans d’Andy Lau et à tous ceux qui veulent voir un drame historique fonctionnant sur la fatalité et la quête de l’unité politique par le combat.



Jean-Baptiste Guégan


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