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"Insensibles", la nouvelle sensation fantastique

RLV photo par
le 08 octobre 2012 à 01h33 , mis à jour le 08 octobre 2012 à 11h40.
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3min
Insensibles, de Juan Carlos Medina

Insensibles, de Juan Carlos Medina / Crédits : DistriB Films

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News Ciné-Séries Le réalisateur Juan Carlos Medina signe un beau "règlement de conte" avec ce premier long métrage sinueux entre horreur, fantastique et mélodrame. A découvrir dès mercredi prochain en salles.

À la veille de la guerre civile espagnole, un groupe d'enfants insensibles à la douleur est interné dans un hôpital au coeur des Pyrénées. De nos jours, David Martel, brillant neurochirurgien, doit retrouver ses parents biologiques pour procéder à une greffe indispensable à sa survie. Dans cette quête vitale, il va ranimer les fantômes de son pays et se confronter au funeste destin des enfants insensibles.

Mieux vaut ne pas trop en savoir sur ce long métrage fantastique dont le principal atout consiste à mélanger les genres sans jamais en élire un. En dépit des références un peu voyantes, de Guillermo Del Toro ("Le Labyrinthe de Pan") à Agusti Villaronga ("Tras El Cristal") en passant par Victor Erice ("L'esprit de la ruche"), "Insensibles" s'impose paradoxalement comme un premier film intime et personnel, aussi singulier que son réalisateur, Juan Carlos Medina, à la fois français et espagnol.

Au-delà des notions abstraites, des repères historiques (les expérimentations nazies), de l'allégorie (un personnage pour un pays) et de la dimension horrifique, il parle surtout de sujets très concrets comme le rapport à la paternité et la filiation, séduit par sa poésie et son art du contre-pied. Dans un environnement manichéen de Guerre Civile, les enfants s'avèrent imperméables à la douleur, les monstres se révèlent humains et les hommes doivent faire la paix avec eux-mêmes pour en devenir.

Tu seras un homme, mon fils!

Juan Carlos Medina a travaillé pendant huit ans sur ce projet. En voyant le résultat, on se dit que cela valait la peine d'attendre. S'il n'est exempt de défauts (le souci du contrôle bride un peu l'émotion), ce coup d'essai révèle un jeune cinéaste qui a la bonne idée de ne pas jouer le fan geek (et donc de ne pas réciter ses petits classiques goreux à chaque plan), qui laisse à son récit le temps de se déployer, qui sait obtenir des acteurs enfants des perfs assez hallucinantes; et qui a quelque chose à dire - ce qui n'est pas si fréquent dans le "jeune" cinéma de genre.

En l'occurrence, quelque chose de sombre et de pudique, de triste aussi, qui n'appartient qu'aux hommes. Quelque chose que l'on nomme usuellement "manque de communication", ou alors "manque affectif", et qui peut ruiner une vie. A la fin, lorsque le personnage principal arrive au bout de sa quête intérieure et comprend enfin la raison de son mal-être, il peut alors devenir un père pour son enfant; soit devenir un homme. C'est terrible, juste et beau. 

"Insensibles" sort au cinéma le 10 octobre 2012. 

 

 

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