L'histoire de "The Secret" en deux mots ? Chaque année 750 000 enfants disparaissent aux États-Unis. La plupart d'entre eux sont retrouvés dans l'heure ou les jours qui suivent. En revanche, 0.3% d'entre eux disparaissent à jamais sans laisser de trace.
A Cold Rock, petite ville minière isolée, plusieurs disparitions suspectes ont été répertoriées ces dernières années. Chaque habitant semble avoir sa théorie sur le sujet mais pour Julia (Jessica Biel), qui fait office de médecin dans cette ville sinistrée, ce ne sont que des légendes urbaines. Une nuit, son fils de 5 ans est enlevé sous ses yeux par un individu mystérieux. Elle se lance à sa poursuite sachant que si elle le perd de vue, elle ne reverra jamais son enfant.
Jessica Biel, la peur au ventre
On comprend mieux pourquoi ce synopsis "officiel" reste à la surface et pourquoila première bande-annonce de "The Secret" prévient en préambule que cela s'inspire uniquement de la première partie du film (on a envie de dire une petite demi-heure). L'intrigue réserve suffisamment de surprises et de coups de théâtre pour que le spectateur ne présage en rien de la suite des événements, jusqu'à une conclusion potentiellement choquante.
Ancré dans la mythologie américaine, "The Secret" s'intéresse aux monstres humains et tisse un canevas assez complexe où légende et réalité, conte et fait-divers se cherchent des noises. Il y a clairement la volonté d'instiller un climat paranoïaque, de fustiger les faux-semblants, de suggérer que l'humanité est toujours capable du pire, de l'ignoble comme de l'invraisemblable.
Pour toutes ces raisons, "The Secret" s'avère très difficile à ranger dans un genre précis et ce malgré la présence au casting de Jessica Biel, naguère "scream queen" formidablement mise en valeur dans le remake de "Massacre à la tronçonneuse", de Marcus Nispel.
Pour le réalisateur Pascal Laugier, remarqué avec l'impressionnant "Martyrs", le cinéma est une question de point de vue et la mission du scénariste, dans le domaine de l'horreur justement, c'est de ne pas réciter scolairement des codes éprouvés, de faire surgir l'horreur là où on ne l'attend pas, de pervertir les archétypes et de jouer sur l'ambiguïté des bonnes intentions.
A partir de là, il est permis de douter de tout et de tout remettre en cause. Dans une scène cruciale, l'héroïne incarnée par Jessica Biel rappelle que les gens ne sont ni bons ni mauvais, ils tentent de faire au mieux. C'est un peu l'idée du cinéma - inconfortable et paradoxal - de Pascal Laugier : les bourreaux ont non seulement un visage mais aussi un cœur.
"The Secret" sera visible sur les écrans français le 5 septembre prochain.









