Troisième épisode de la saga Kirikou, le film de Michel Ocelot réserve des instants de grâce comme seul l'auteur peut en faire naître. Avec cette suite de contes (cinq au total), l'auteur parle à tous de sujets denses avec une sensibilité rare. Tour à tour, le héros haut comme une pomme s'interroge sur la place des femmes dans sa tribu, la transmission des plus vieux ou encore le peur de l'étranger. "Kirikou et les hommes et les femmes" déborde d'humanité et devient une fugue en conte majeur où la musique est celle qui vient du cœur.
Le film ne réserve ni intrigue principale, ni réel fil conducteur sinon une magie de tous les instants, se concentrant sur les souvenirs du vieillard de la grotte bleue, qui a encore bien des choses à raconter. Dans une habile mise en abîme, Michel Ocelot impose d'ailleurs plusieurs fois un conte dans le conte, rendant hommage à un art maîtrisé de bout en bout. Dans sa main tendue à l'autre et son refus de l'injustice, le village continue à chanter les louanges de ce petit homme qui le mérite bien. Dans ce nouvel opus, on retrouve sa bravoure, sa curiosité et sa malice.
Avec une animation 3D réussie, le réalisateur donne un nouveau relief visuel à sa franchise tout en respectant son graphisme savamment épuré. Les effets numériques rajoutent du charme à cet enchantement de couleurs et de sons, jamais trahis par la modernisation de la technique. Il reste au final un spectacle qui dit les choses graves de la vie en se parant d'une infinie tendresse.








