Le réalisateur américain Michael Cimino a dévoilé avec émotion jeudi, lors de la Mostra de Venise, une version remasterisée de sa "Porte du Paradis", l'un des plus grands flops de l'histoire d'Hollywood. Tournée dans la foulée de son "Voyage au bout de l'enfer", immense succès critique et commercial qui rafla cinq Oscars, "La Porte du paradis" avait été éreintée par la critique et retirée de l'affiche une semaine seulement après sa sortie en novembre 1980. Enorme fiasco financier, il avait contribué à la faillite de United Artists.
Vaste fresque de près de quatre heures à l'origine, réduite par la suite par son auteur mais sans plus de succès, il reste toutefois selon certains l'un des films les plus injustement décriés par la critique. "Ma première réaction a été : 'je ne veux pas revisiter La Porte du paradis. J'ai subi suffisamment de rejet pendant 33 ans", a déclaré Cimino en se joignant aux spectateurs, confiant n'avoir jamais vu le film au cinéma depuis sa toute première sortie. "Grâce à la technologie numérique qui n'existait pas à l'époque, j'ai pu faire des changements, notamment dans les couleurs... En le voyant avec cet équipement numérique, c'était comme un nouveau film", a ajouté le réalisateur, qui a vécu en reclus pendant des années après son échec retentissant.
Michael Cimino, qui a reçu jeudi le prix Persol du Festival de Venise, a rendu hommage à sa productrice historique, Joann Carelli, également présente dans la salle, affirmant que le film "n'aurait pas existé sans elle". La version remasterisée du film dure 216 minutes.Avec des stars comme Kris Kristofferson, Christopher Walken, Isabelle Huppert, John Hurt et Jeff Bridges, le film raconte le conflit entre de pauvres immigrés européens et des gros propriétaires de bétail dans le Wyoming rural du XIXeme siècle.
"C'est un chef d'oeuvre absolu. C'est un film qui avait en fait disparu dans l'oubli. La version intégrale avait été massacrée par ses producteurs", a déclaré le directeur du festival Alberto Barbera. Pour lui, ce fut "l'une des plus grandes injustices de l'histoire du cinéma".






