En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies à des fins statistiques et de personnalisation. En savoir plus
×

La Segregation Au Cinema [page 1]

Edité par
le 20 avril 2009 à 19h04 , mis à jour le 13 octobre 2009 à 00h00.
Temps de lecture
3min
secret_life_bees_haut

secret_life_bees_haut /

News dossier
Avec la sortie le 22 avril du film le Secret de Lily Owens (avec Dakota Fanning, Jennifer Hudson, Queen Latifah, Alicia Keys), une histoire tendre dans une société américaine encore marquée par la ségrégation raciale, il convient de revenir sur la manière dont cela a été présenté au cinéma. Que ce soit dans l'intimité et le secret des familles (dans La couleur pourpre), pour épouser de vieux archétypes (Autant en emporte le vent) ou pour évoquer des gens qui se sont battus pour la reconnaissance des afro-américains de manière plus militante (Du silence et des ombres, Malcolm X ou Ali), le cinéma américain a souvent été le reflet de la société et des combats à mener pour lutter contre l'intolérance et les préjugés.



Préjugés et archétypes

Aux débuts du cinéma il y eut une grande fresque consacrée à La Naissance d'une nation par D.W. Griffith, on voit des sortes de chevaliers habillés de pied en cape par de grands draps blancs qui leur masquent le visage. La présentation est héroïque. On ne sort pas d'une vision hiérarchisée de la société américaine, affichant ses préjugés ou des archétypes hérités de La Case de l'oncle Tom. Pourtant, la première sensation sonore du cinéma est celle d'un chanteur de Jazz...

Quelques années plus tard en 1939, le best seller Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell, consacré à la guerre de Sécession et portant la nostalgie du sud américain (esclavagiste), est adapté à l'écran par le producteur David O'Selznick. Ainsi avec le personnage de mama (mammy en V.O), on fait connaissance avec la nourrice de l'héroïne Scarlett, appartenant corps et âme à sa famille, n'ayant pas d'aspiration à l'émancipation. Mais l'interprétation malicieuse de Hattie McDaniel détourne quelque peu la fonction de cette domestique heureuse de son sort et lui insuffle beaucoup d'ironie et de sagesse, la sortant de l'archétype. Même s'il n'y a là rien de révolutionnaire, on sent une évolution dans le point de vue. Ainsi, même si la structure sociale reste quasiment inchangée au long du métrage, on sent une complicité s'établir entre les maîtres et leurs anciens esclaves, puisque Mama est la suivante et la compagne des destins qui se jouent. Elle pose sur eux un regard plein de bon sens, sans doute le plus juste qui soit. Quelque vingt ans plus tard, Clark Gable apparaît dans l'Esclave libre de Raoul Walsh, au secours d'une belle qui se découvre des origines noires toujours au moment de la guerre de Sécession. Dans le vieux sud, une telle ascendance devenait une malédiction.



En 1949 sort L'héritage de la chair d'Elia Kazan où une jeune fille se fait passer pour blanche pour vivre son histoire d'amour. L'Amérique est encore profondément marquée par la ségrégation et une séparation nette entre les communautés. La dissimulation est de rigueur car l'intolérance est ancrée dans toutes les mentalités. La mixité est impensable comme Todd Haynes le montrait dans Loin du Paradis, où il n'était pas acceptable qu'une femme respectable comme Julianne Moore tombe amoureuse de son jardinier.

Commenter cet article

      Nous suivre :
      WAT

      logAudience