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"Les bêtes du sud sauvage" : Grand Prix du Festival de Deauville 2012

RLV photo par
le 08 septembre 2012 à 20h31 , mis à jour le 10 septembre 2012 à 15h10.
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3min
Les Bêtes du sud sauvage de Benh Zeitlin

Les Bêtes du sud sauvage de Benh Zeitlin / Crédits : DR

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News Ciné-Séries Sans surprise et à l'unanimité, "Les bêtes du sud sauvage", de Benh Zeitlin, le coup de coeur des festivaliers, de la critique et du jury, remporte le Grand Prix et le Prix de la révélation Cartier.

Ovationné au dernier Festival de Cannes, où il a glané la Caméra d'or, et porté au pinacle par Oprah Winfrey et Barack Obama, "Les bêtes du sud sauvage", le premier long métrage de Benh Zeitlin (seulement 29 ans), remporte à l'unanimité le Grand Prix de ce 38e Festival du cinéma américain de Deauville. La présidente Sandrine Bonnaire et son jury ayant été totalement ébloui par cette vraie sensation du cinéma indépendant américain. 

Le projet est né de l'amour de Zeitlin pour la Louisiane qu'il a découvert il y a six ans. L'action se déroule dans un bidonville en autarcie dans le Bayou, détruit par les tempêtes et les inondations. Ce climat post-apocalyptique n'est pas sans évoquer l'ouragan Katrina ayant ravagé le sud des Etats-Unis en 2005.

Là-bas, une petite fille vit avec son père, un homme violent et perturbé depuis que sa femme est partie. Ce dernier veut en faire un caïd qui ne doit pas se laisser submerger par la peur. Ça, c'est pour la partie réaliste, presque documentaire. A cela s'ajoute la dimension fantastique du conte philosophique, représentant littéralement le monde imaginaire de l'enfant, confondant mythologie et réalité, persuadée que les catastrophes ont été provoquées par la fonte des neiges.  

Grâce à cette énergie contagieuse, à cette croyance sincère en ce qu'il raconte, à ce torrent d'impressions subjectives (l'euphorie, l'ivresse, l'hallucination ou le rêve), "Les bêtes du sud sauvage" s'annonce d'ores et déjà comme le petit film parti de nulle part et qui, à l'arrivée, a tout d'un grand. Après avoir séduit Cannes et Deauville, il pourrait bien faire un carton à la prochaine cérémonie des Oscars. 

Soulignons que "Les bêtes du sud sauvage" a également fait l'unanimité dans le jury de la Révélation Cartier, présidé par Frédéric Beigbeder. Vous pouvez retrouver le quizz du cinéphile de son (heureux) auteur ici.

Une totale unanimité

Le prix du jury revient à "Una Noche", le premier film de la britannique Lucy Mulloy, coproduit par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et Cuba, une autopsie noire de la société cubaine d'aujourd'hui sur fond de misère, de trafic et de sexe. Un film sombre, non sans réelles maladresses narratives et formelles, mais sauvé par sa lucidité et son courage.

Le prix de la critique internationale revient à "The We and the I", la chronique accrocheuse et stimulante de Michel Gondry qui suit des lycéens du Bronx dans un bus scolaire, du jour à la nuit, de l'euphorie collective à la mélancolie solitaire. Vous pouvez retrouver le quizz du cinéphile du réalisateur de "Eternal Sunshine of the spotless mind" ici. 

Seul regret : l'absence au palmarès du beau "Francine", de Brian M. Cassidy & Melanie Shatzky, dans lequel Melissa Leo se livre corps et âme avec un courage monstre dans la peau d'un personnage fort. Trop dérangeant et trop controversé sans doute. Il aurait fallu créer un prix spécial, rien que pour lui. Espérons qu'un distributeur courageux aura l'audace de le sortir dans les salles françaises. Il le mérite.

 

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