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DOSSIER : Paperboy

"Paperboy", les influences du réalisateur Lee Daniels

RLV photo par
le 10 octobre 2012 à 08h35 , mis à jour le 10 octobre 2012 à 18h45.
Temps de lecture
4min
Paperboy de Lee Daniels

Paperboy de Lee Daniels / Crédits : Metropolitan Filmexport

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News Ciné-Séries Dans "Paperboy", Lee Daniels, réalisateur black et gay, parle de racisme ordinaire, de bouillonnement intérieur, de fantasme éteint et de trouille au ventre. Ses influences ? Sa propre vie et le cinéma, évidemment.
Avec "Precious", son premier long métrage, le réalisateur Lee Daniels, considéré depuis comme un surdoué du cinéma indépendant US, avait, en bon retors, parfaitement réussi son coup (se faire remarquer) et mis tous les atouts de son côté, à commencer par des invités de marque. Mariah Carey en assistante sociale, MoNique, oscarisée pour sa performance de mère abusive, et Lenny Kravitz en infirmier soutenaient cette adaptation du roman de Sapphire qui relatait à la première personne du singulier le parcours édifiant de Claireece Precious Jones : une adolescente black, pauvre, obèse et battue, préférant se réfugier dans ses rêves de star afin de fuir un quotidien insurmontable.
Une réception laudative qui pousse son auteur à réaliser un second long métrage avec un casting cinq étoiles. Ce sera "Paperboy", sélectionné en Compétition Officielle au Festival de Cannes 2012, adapté d'un roman de Pete Dexter, un ancien journaliste devenu écrivain. Sur la croisette, deux stars sur le retour sont mises en valeur : Nicole Kidman et Matthew McConaughey, tous deux excellents dans des rôles durs. Mais le résultat, très controversé, déclenche quelques polémiques en raison de scènes "crues". On a envie de dire "cultes".

La mauvaise éducation

L'histoire s'inspire d'un fait divers ayant eu lieu dans une région reculée de Floride à la fin des années 1960. Ward Jansen (Matthew McConaughey), reporter au Miami Times, revient dans sa ville natale, accompagné de son partenaire d'écriture Yardley Acheman. Venus à la demande de Charlotte (Nicole Kidman), femme énigmatique qui entretient une correspondance avec des détenus dans le couloir de la mort, ils vont enquêter sur le cas Hillary Van Wetter (John Cusack), un chasseur d'alligators qui risque d'être exécuté sans preuves concluantes. Persuadés de tenir l'article qui relancera leur carrière, ils sillonnent la région, conduits par Jack Jansen (Zac Efron), le jeune frère de Ward, livreur du journal local à ses heures perdues. Fasciné par la troublante Charlotte, Jack les emmène de la prison de Moat County jusqu'aux marais, où les secrets se font de plus en plus lourds. L'enquête avance au cœur de cette Floride moite et écrasante, et révèle que parfois, la poursuite de la vérité peut être source de bien des maux.

Pourquoi un tel sujet ? Lee Daniels assure : "L'histoire m'a séduit ; c'était un style très différent d'histoire sur le passage à l'âge adulte. Et j'ai aimé l'idée de donner la parole à des personnages que l'on n'a pas l'habitude de voir, mais dont on sait qu'ils existent dans les bas-fonds de la société actuelle."
Parmi les cinéastes qui ont marqué Daniels figurent Pedro Almodóvar, Spike Lee et John Waters. Peu étonnant donc que dans sa peinture acide d'une Amérique white-trash (la sexualité refoulée, le racisme latent), "Paperboy" ressemble finalement à un mélange de ces trois influences même s'il n'est pas interdit d'en ajouter d'autres - tout un pan du cinéma underground des années 70, notamment David Hockney, ou encore des écrivains tels que Jim Thompson et Tennessee Williams.

Nicole Kidman survoltée

Les acteurs sont de bonne composition et donnent beaucoup comme Nicole Kidman qui performe un numéro de nymphomane totalement hallucinant. Mais la caméra de Lee Daniels, ouvertement gay, est sous le charme de ses interprètes masculins : Matthew McConaughey et surtout Zac Efron qui, aux antipodes de l'icône Disney, prouve qu'il a grandi. Son personnage d'adolescent titillé par ses hormones s'apprête à vivre l'été des méduses avec l'envie terrible de sauter sur tout ce qui bouge. Dans "Paperboy", on le voit perdre deux figures essentielles de son existence, et le jeune acteur rappelle soudain la gravité derrière l'exubérance, l'excentricité et l'innocuité d'un film dont la morale pourrait bien être de ne pas se fier aux apparences.

Paperboy sort le 17 octobre 2012 dans les salles en France

 

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