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Perfect Sense : Interview David MacKenzie

Edité par
le 28 mars 2012 à 08h30 , mis à jour le 28 mars 2012 à 13h38.
Temps de lecture
5min
Perfect Sense de David MacKenzie

Perfect Sense de David MacKenzie / Crédits : Pretty Pictures

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DossiersChangement radical pour David MacKenzie qui nous revient cette semaine avec un tout nouveau long-métrage, Perfect Sense. Interview.

Après Young Adam, My name is Hallam Foe ou encore Toy Boy, David Mackenzie nous livre aujourd'hui son sixième long-métrage, Perfect Sense, l'histoire d'un amour naissant alors que l'Humanité toute entière est sur le point de disparaitre. Rencontre.

 

Perfect Sense de David MacKenzie

 
La fin du Monde est une thématique assez récurrente au cinéma... En quoi selon vous Perfect Sense diffère des autres films ?
L'idée était de faire un film de genre, mais sans en appliquer les codes...
 
Est-ce qu'il s'agit là d'une antithèse aux blockbusters hollywoodiens ?
Je ne sais pas si on peut parler d'« antithèse », mais il est vrai que les blockbusters tels qu'ils sont développés aujourd'hui m'intéressent peu. Avec un sujet comme celui de Perfect Sense, beaucoup auraient été tentés d'en faire un maximum. Moi, au contraire, j'y ai vu la possibilité de réaliser un film nettement plus minimaliste, basé essentiellement sur l'être humain. C'était là tout l'intérêt. Et je pense y être arrivé, aussi parce que j'ai su m'entourer de personnes ayant véritablement compris mon point de vue.
 
On est assez loin de votre précédent long-métrage, Toy Boy, avec Ashton Kutcher et Anne Heche... Est-ce un choix délibéré ou au contraire un pur hasard ?
Je pense qu'un metteur en scène doit savoir se renouveler constamment. C'est d'ailleurs très excitant de varier les projets... L'important étant aussi d'aller vers ce qui nous correspond et ce que l'on aime...
 
Qu'est-ce qui vous a justement séduit dans l'histoire de Perfect Sense ?
Je venais de passer une année entière à Hollywood et lorsque je suis enfin rentré chez moi, on m'a donné à lire ce scénario. On le doit à un danois, Kim Fupz Aakeson. Et j'avoue avoir été sous le choc. Cette histoire était vraiment originale. Sensible, et en même temps dotée d'un fond presque surnaturel, fantastique. Sur le plan de la mise en scène, j'ai tout de suite été inspiré.

 

Perfect Sense de David MacKenzie

 

Vous restez notamment très mystérieux sur les origines de l'épidémie, ce qui la rend d'autant plus inquiétante...
Avant même d'aborder quoi que ce soit, j'ai d'abord souhaité vérifier la véracité de cette histoire. Bien sûr, nous n'en sommes pas là, Dieu merci... Mais je voulais m'assurer que tout ce qui s'y passe puisse être crédible à l'image. C'est pourquoi j'ai rencontré un certain nombre d'épidémiologistes. Et leur réponse fut sans détour. Pour eux, la perte progressive de nos différents sens reste possible. Quelles en seraient les conséquences véritables ? Difficile à ce jour d'avoir une réponse précise... Ceci étant, je savais que l'aspect scientifique n'avait pas totalement sa place dans le film. Cela aurait nécessité trop d'explications et donc de scènes supplémentaires particulièrement inutiles... Le vrai sujet, c'était d'opposer cette thématique aux deux personnages principaux unis par des sentiments profonds.
 
L'Amour est en effet l'un des thèmes majeurs de Perfect Sense. On vous sent même presque plus romantique que dans vos précédents films...
(Il rit) On me colle souvent cette image d'anti romantique... Surtout depuis mon second long-métrage, Young Adam. C'était en 2003. Et ça ne s'est pas arrangé ensuite puisque j'ai toujours parlé de sentiments avec « violence », quel que soit le film. A l'époque, j'avais une excuse, je ne croyais pas vraiment aux grandes romances. Puis je suis devenu papa et j'ai donc compris que l'Amour pouvait également avoir du bon. Dès lors, je tente d'aborder le sujet plus simplement...
 
Finalement, comment décririez-vous Perfect Sense ?
On peut le voir de différentes façons. Nous venons d'en aborder quelques-unes : romantique, science-fiction... Néanmoins je ne me suis pas posé la question ainsi. Mon travail a justement été de trouver le bon équilibre entre toutes ces approches. Les possibilités étaient multiples mais je m'en suis tenu à mon intention de base, rester dans l'intime...
 
Vous aviez des références à l'esprit ?
Nous avons tourné en Europe, plus précisément à Glasgow. Je ne souhaitais pas que l'on reconnaisse précisément la ville mais je tenais à ce que l'on ressente cette ambiance particulière définitivement propre à l'Europe. Comme nous l'avons évoqué précédemment, malgré le genre auquel se rattache Perfect Sense, nous sommes très loin des blockbusters hollywoodiens traditionnels. Et mes références suivent cette logique. Ici, je me suis essentiellement inspiré de trois films. Alphaville tout d'abord, Radio On, et surtout La jetée. On y retrouve cet aspect minimaliste que j'affectionne tant. Et c'est ce qui, selon moi, les rend aussi sensationnels.

 

Perfect Sense de David MacKenzie

 

Parlez-nous du couple principal, constitué d'Ewan McGregor et d'Eva Green... Un choix évident pour vous ?
Effectivement, je n'ai pas hésité très longtemps. Ewan était déjà le héros de mon second long-métrage, Young Adam. C'est un artiste complet. Rien ne l'effraie. On le voit d'ailleurs dans ses différents choix artistiques. Il ne cesse de naviguer d'un extrême à l'autre. Ce qui lui importe avant tout, c'est d'être séduit par un personnage, ainsi que son histoire. Peu importe le budget. Et lorsque vous obtenez sa confiance, il vous suit n'importe où. C'est formidable pour un metteur en scène, notamment dans mon cas. Les budgets étant toujours extrêmement serrés, on a besoin d'une équipe soudée, prête parfois à quelques concessions, acteurs compris. Quant à Eva, je ne la connaissais pas, si ce n'est évidemment comme un spectateur lambda. Je suis ravi qu'elle ait accepté. Son couple avec Ewan fonctionne divinement. Tous deux ont d'ailleurs beaucoup apporté à leur personnage respectif...
 
On a justement l'impression de les redécouvrir, l'un comme l'autre... Quel genre de cinéaste êtes-vous ? Proche de vos comédiens, ou au contraire préférez-vous leur laissez une plus certaine liberté ?
Je dirais les deux... Je sais exactement ce que je veux mais je reste aussi à l'écoute des comédiens. Leur regard est primordial. Ils donnent vie aux personnages. Peu importe qu'ils aient raison ou pas. L'échange sera toujours enrichissant.  
 
Vous avez un frère qui est acteur... Ce métier ne vous a jamais tenté ?
Oula, non pas du tout ! (Il sourit) Alastair joue un rôle dans Perfect Sense. Il est très bon. Moi je me sens bien derrière la caméra. Je n'irais jamais plus loin...

 
Quelques mots sur votre compositeur, Max Richter, dont la partition est bouleversante...
Je connaissais son travail depuis quelques années déjà... Et je voulais absolument l'avoir avec moi sur ce film. Même si les conditions furent assez particulières. On a en effet commencé à monter le film avec d'autres musiques avant que Max ne nous envoie ses propres compositions. Cela a pris un peu de temps du coup, mais je ne regrette absolument pas. Comme vous l'avez si justement dit, le résultat est exceptionnel.
 
Aujourd'hui, quels sont vos projets ?
Pour dire vrai, plusieurs sont à l'étude. Et chacun m'attire pour diverses raisons. Je pense par exemple à une nouvelle histoire de science-fiction, où l'on suivrait le long voyage d'un vaisseau spatial à travers la galaxie. Je suis également très attiré par un livre écrit par le très grand journaliste Aidan Hartley, spécialisé dans l'Afrique du 20ème Siècle... Je n'ai pas encore vraiment choisi. On verra.


Propos recueillis et traduits par Gilles BOTINEAU

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