Même si elle semble s'essoufler au box-office, la saga Resident Evil continue d'alimenter le grand écran en ralentis superflus, en répliques stéréotypées et en esthétique pompière. Pourtant, de nombreux fans continuent de prendre un plaisir non dissimulé à l'approche de tout nouveau film. "Resident Evil: Retribution" est le cinquième volet et ne pouvait faire pire que son prédécesseur, peut-être l'épisode le plus mauvais de la franchise. Le nouveau long-métrage de Paul W.S. Anderson ne promet rien d'autre que des chorégraphies à vitesse réduite, des monstres increvables et une héroïne de moins en moins humaine. Un best-of des précédents opus, digeste, efficace et avec quelques prétentions d'auteurs. Aussi étonnant que cela puisse paraître...
De la poudre aux yeux ludique
Rien d'étonnant à ce que le film débute par une lente rétrospection : "Resident Evil: Retribution" regarde derrière lui comme si son avenir cinématographique était une impasse. Alice (Milla Jovovich) se réveille une fois encore dans un espace clos high-tech et la belle continue décidément le cultiver la renaissance après de nombreux Game Over. Après avoir échappé plusieurs fois à la mort et vu des centaines de clones trépasser, une nouvelle partie s'annonce pour elle. L'introduction rappelle que les films sont adaptés d'un jeu vidéo : la jeune femme s'habille, reprend les armes et lutte contre les infectés après avoir franchi quelques obstacles mortels. Une impression très ludique dans laquelle le spectateur n'a malheureusement pas la manette.
Au bout de 90 minutes de poudre aux yeux, le cinéaste se sera auto-cité une dizaine de fois à travers des séquences déjà vues. "Resident Evil: Retribution" recycle une fois encore le concept du cauchemar éveillé mais cette fois, la mise en abîme scénaristique vaut au moins le détour. L'intrigue fait revenir plusieurs personnages des précédents volets en tentant de briser les apparences et justifier mollement ce choix. Au final, il faut bien avouer qu'il n'y a pas de mal à se faire du bien avec un produit aussi décérébré. En assistant au dernier travelling arrière de l'oeuvre (leitmotiv visuel des conclusions de chapitre de la saga), le public le plus fidèle n'aura qu'une hâte. Rebrancher Alice pour un sixième film.









