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Selma Blair, bombe neurasthénique dans "Dark Horse"

RLV photo par
le 27 août 2012 à 17h01 , mis à jour le 27 août 2012 à 18h05.
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3min
Dark Horse de Todd Solondz

Dark Horse de Todd Solondz / Crédits : Happiness Distribution

News Ciné-Séries Selma Blair, Christopher Walken et Mia Farrow s'aventurent dans la nouvelle comédie acide et grinçante du réalisateur Todd Solondz ("Happiness"). Mercredi dans les salles.
Abe (Jordan Gelber) est un trentenaire raté, collectionneur de jouets, qui vit chez ses parents et travaille dans l'entreprise de son père (Christopher Walken). Sa vie se voit bouleversée lorsqu'il rencontre Miranda (Selma Blair), son pendant féminin, mouton noir de sa famille.

Le réalisateur américain Todd Solondz tourne une page dans sa carrière.

De "Happiness" à "Life During Wartime", celui qui rêvait dans les années 80 de devenir le nouveau Woody Allen et qui a compris dans les années 90 qu'il n'y arriverait pas, s'est spécialisé pendant une longue décennie dans les comédies bizarres, politiquement engagées, spirituellement féroces et parfaitement ancrées dans l'air du temps, avec monstres humains ("Happiness") et ados désœuvrés qui rêvent de célébrité ("Storytelling").

A priori, son nouveau "Dark Horse" semble assez différent : si on y rit beaucoup, le traitement se révèle beaucoup moins abrasif et cynique. D'autant que l'acteur Jordan Gelber apporte à son personnage d'inadapté social une spontanéité et une vigueur presque inédites chez Solondz. Mais si le film, moins dans la raideur drolatique et plus animé qu'à l'accoutumée, paraît plus facile d'accès, il ne perd pas pour autant en profondeur.

 

Une comédie cynique et tendre


Au contraire, "Dark Horse" ressemble beaucoup à ce que Terry Zwigoff a produit en adaptant Daniel Clowes ("Ghost World", 2002). A travers son protagoniste mélancolique refusant les contingences du monde adulte, confronté à l'infantilisation de ses parents (Christopher Walken et Mia Farrow), à la réussite matérielle de son frère (Justin Bartha) et à la détresse d'une bombe neurasthénique (Selma Blair), Solondz rappelle à quel point, dans son cinéma, l'humour a toujours été la politesse du désespoir.

Ce qu'il raconte ici (comment on devient un homme, comment on peut manquer une histoire d'amour) est déchirant mais raconté avec une telle légèreté et une telle fluidité qu'il échappe au pathos gluant - marque de fabrique habituelle de Solondz. Les fugues mentales et autres digressions oniriques, déjà expérimentées dans "Palindromes" et "Life During Wartime", confèrent une dimension fantastique à la fois poétique et émouvante.

 

"Dark Horse", en salles mercredi 29 août 2012.

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