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"The Dark Knight Rises" : l'évolution de Batman, un super-héros dans tous ses états

RLV photo par
le 11 juin 2012 à 00h01 , mis à jour le 11 juin 2012 à 08h21.
Temps de lecture
5min
The Dark Knight Rises de Christopher Nolan

The Dark Knight Rises de Christopher Nolan / Crédits : Warner Bros. Pictures France

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News Ciné-Séries Après "Batman Begins" et "The Dark Knight", "The Dark Knight Rises" sera le troisième - et dernier - volet du chevalier noir réalisé par Christopher Nolan. Retour sur presque un siècle d'histoire de Batman.
Les prémices d'un mythe
Dans les années 30, le monde de la bande dessinée était dominé par "Superman". Bob Kane, alors seulement âgé de 24 ans, lui cherche un rival de taille et, pour dessiner son super-héros, s'inspire de trois éléments. Tout d'abord, "The Bat", un film réalisé par Roland West en 1926 dans lequel un criminel déguisé en chauve-souris terrorise les habitants d'une ville; ensuite, du légendaire Zorro, héros masqué dont on ne connaît pas l'identité et, enfin, des machines volantes de Leonard De Vinci. Ça donne "Batman", que Kane décrit comme un mélange de The Shadow, de Doc Savage, de Douglas Fairbanks et de Sherlock Holmes.
La nouveauté, c'est que Batman affronte ses adversaires sans superpouvoirs : il possède une force physique démesurée et une parfaite maîtrise des techniques de combat. A l'origine, il ressemble à un pantin avec des collants rouges, une paire d'ailes et un revolver à la ceinture.
Si Batman œuvre contre la criminalité et cherche à défendre la veuve et l'orphelin, c'est parce qu'un voleur de rue a abattu son père et provoqué l'arrêt cardiaque de la mère en sortant du cinéma, après la projection d'un film emblématique: "La Marque de Zorro" (Fred Niblo, 1920). Pendant dix longues années, il a parcouru le monde pour apprendre les techniques de combat et d'investigation. Lorsqu'il revient à Gotham City, mégapole inspirée de New York, il voit une chauve-souris s'envoler devant sa fenêtre et étoffera son personnage suite à cette vision.
Au commencement, les aventures du super-héros sont illustrées dans une première mini-série de quinze épisodes : en 1943, la chauve-souris, incarnée par Lewis Wilson, papa de Michael G. Wilson (producteur des James Bond) devient un américain patriotique travaillant pour le gouvernement et luttant contre un vilain espion japonais. Un traitement manichéen induit par la Seconde Guerre mondiale. On y découvre une nouveauté : la batcave, grotte secrète de travail et d'expérimentation, qui devient le repère officiel du héros et sera finalement repris dans la bande dessinée.
 
De plus en plus dark...
On retrouvera Batman en 1949, dans une seconde série de quinze épisodes intitulée "Batman & Robin". Mais ce n'est que dans les années 60 avec la série sur la chaîne américaine ABC que le filon gagne en puissance. Dans les rôles de Batman et Robin, on retrouve respectivement Adam West et Burt Ward. Le style pop-art se révèle bien différent de la bande dessinée mais le programme cartonne et se décline de manière inventive en gadgets.
En réaction à cette désinvolture, la bande dessinée, elle, noircit le trait pour ausculter les zones d'ombre du personnage, rappelant ainsi la nature schizophrène de Batman.
Le dessinateur de bandes-dessinées Frank Miller s'accapare du mythe de manière très convaincante. Dans Batman: Year One, on assiste à la formation de Bruce Wayne et la naissance de ses ambiguïtés lorsqu'il est chargé de veiller sur la tranquillité de Gotham City ; dans The Dark Knight Returns, le super héros est abandonné, en pleine introspection, et semble titillé par la vengeance et le remords.
En 1978, suite au carton de Superman, DC Comics, l'une des principales maisons d'édition américaines de bandes dessinées, donnent les droits d'adaptation aux producteurs Benjamin Melniker et Michael Uslan qui engagent le scénariste Tom Mankiewicz. Une arlésienne qui durera plus de dix ans avant que leur choix s'arrête finalement sur Tim Burton, qui vient de cartonner avec "Beetlejuice" en 1988 et dont l'inventivité formelle et baroque séduit.
 
La révélation Tim Burton
A l'origine, les producteurs pensaient à d'autres réalisateurs qui avaient la côte dans les années 80 comme Joe Dante ("Gremlins") et Ivan Reitman ("Ghostbusters"). Heureusement, Burton s'est avéré à la hauteur du défi, filmant son super-héros comme un monstre tourmenté et confiant à Jack Nicholson le rôle du Joker déjanté.
Face à cette réussite totale, Burton réalise un second volet, "Batman, le défi", en introduisant deux nouveaux personnages phares: Catwoman (Michelle Pfeiffer) et Pingouin (Danny De Vito). En pleine gloire, Burton abandonne la saga et passe la main à Joel Schumacher qui signe "Batman Forever" (Val Kilmer en Batman) en 1995 et "Batman & Robin" (George Clooney en Batman) deux ans après.
"Batman Forever" est un tel succès que Schumacher a carte blanche pour faire ce qu'il veut dans "Batman & Robin". Il n'hésite pas à personnifier l'univers en accentuant les connotations crypto-gays et le second degré, sans doute pour revenir à l'esprit du Batman de 1966.
Mais cette relecture provoque l'ire des fans qui n'y voient qu'une trahison et le crépuscule de la saga. Batman devient alors un bouffon moribond et infréquentable.
La Warner tente de sauver Batman en multipliant des projets qui ne verront pas le jour (un Batman futuriste tiré du dessin animé télévisé Batman Beyond, un Batman vieillissant et désabusé réalisé et interprété par Clint Eastwood ; un Batman contre Superman co-écrit par Andrew Kevin Walker ("Se7en") et Akiva Goldsman (Batman & Robin). Dans les idées concrétisées, n'a été retenue que "Catwoman", une catastrophe commise par Pitof avec une Halle Berry lacérée cuir qui faisait n'importe quoi.
Près de huit ans après "Batman & Robin", Christopher Nolan, alors remarqué avec les thrillers cultes "Memento" et "Insomnia", fait renaître le héros de ses cendres dans "Batman Begins" en 2005, un blockbuster de 150 millions de dollars.
 
Batman is back
Christopher Nolan voit en l'acteur Christian Bale un Batman idéalement torturé. Il revient aux origines du mythe en s'inspirant de Batman: Year One, le comic-book de David Mazzucchelli et Frank Miller et impose ses obsessions : la narration morcelée comme dans "Memento" (la vision subjective d'un personnage et la réalité objective), le mélange des genres (film d'espionnage des années 70, parabole contemporaine sur l'obsession sécuritaire des Etats-Unis) et les thématiques sombres (le conflit entre le bien et le mal, l'incarnation paranoïaque du mal, la tension horrifique). Nolan entraîne alors dans un univers où la mélancolie et les contradictions psychologiques cherchent de jolies noises aux lois de l'entertainment.
Trois ans plus tard, il confirmera toutes les promesses dans un second volet, "The Dark Knight", qui malgré sa dimension industrielle (un grand film de studio Hollywoodien), trahit à chaque plan l'identité de son auteur et surtout son état d'esprit. Cohérence dans l'univers de Batman mais aussi dans le parcours du réalisateur.
Même si le récit repose sur la déliquescence tragique de Harvey Dent/Double Face (Aaron Eckhart), Heath Ledger, décédé avant la sortie du film, délivre une prestation hallucinante en Joker. L'ambivalence psychologique des autres personnages, tous atteints de schizophrénie et remarquablement interprétés par des pointures, s'accorde avec la spirale événementielle tendue, elle-même reflet de la déréliction qui sert de matière première au film.
Si "Batman Begins" revenait aux sources et aux traumatismes d'un super-héros neurasthénique, "The Dark Knight" propose une plongée délétère dans Gotham City, gouvernée par la peur et l'insécurité, à travers différents milieux (la police, la pègre). Les ombres de cinéastes comme Don Siegel et Michael Mann hantent le récit et donnent une puissance supplémentaire aux images crépusculaires. A la fois hommage aux grands thrillers paranoïaques des années 70, réflexion sur le pouvoir et immense film de super-héros, "The Dark Knight" n'est rien de moins qu'un authentique chef-d'œuvre. Près d'un milliard de dollars de recettes mondiales et deux Oscars dont celui posthume du meilleur acteur dans un second rôle pour Heath Ledger.
 
Quid de The Dark Knight Rises ?
Dans ces nouvelles aventures, a priori encore plus sombres que les précédentes, on retrouvera quelques figures connues. Outre Christian Bale en Bruce Wayne / Batman, on peut citer Gary Oldman en Commissaire Gordon, Morgan Freeman en Lucius Fox, Michael Caine en Alfred, Cillian Murphy en Epouvantail ou même Liam Neeson en Ra's Al Gul - ce dernier était présent dans Batman Begins mais pas The Dark Knight.
Viendront s'ajouter à la liste, deux nouveaux venus : Bane (Tom Hardy), personnage issu du comics Batman: Vengeance of Bane (1993) et déjà aperçu dans "Batman & Robin" et Catwoman (Anne Hathaway qui tentera de faire oublier Michelle Pfeiffer dans "Batman le défi" et ça ne sera pas évident).
On note également les présences au casting de Marion Cotillard, Joseph Gordon Levitt, Juno Temple ou encore Matthew Modine.
On ne connaît pas encore toutes les surprises qui nous attendent dans "The Dark Knight Rises". Christopher Nolan l'a réalisé juste après "Inception", classique instantané comparable à "Blade Runner" en son temps. Après "The Dark Knight", il réussissait encore à se surpasser. Reproduira-t-il cet exploit en concluant sa trilogie ? Signera-t-il le film ultime sur le chevalier noir ? Réponse en salles le 25 juillet prochain !
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  • sophie70000 : Michael Keaton et Val Kilmer étaient de superbes Batman, Christian Bale est lui, magnifique et magnétique. Le must !!!

    Le 11/06/2012 à 15h12
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