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Vanessa Hudgens et Selena Gomez électrisent "Spring Breakers"

RLV photo par
le 15 janvier 2013 à 00h00 , mis à jour le 15 janvier 2013 à 12h54.
Temps de lecture
3min
Spring Breakers
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News Ciné-Séries "Spring Breakers", ironiquement rebaptisé "Disney Girls Go Wild", a retenu l'attention lors de la dernière Mostra de Venise par sa capacité à dévergonder les icônes Disney (Vanessa Hudgens, Selena Gomez). Voici notre verdict.
L'histoire en quelques mots : pour financer leur Spring Break, quatre filles aussi fauchées que sexy (Ashley Benson, Rachel Korine, Vanessa Hudgens, Selena Gomez) décident de braquer un fast-food. Et ce n'est que le début. Lors d'une fête dans une chambre de motel, la soirée dérape et les filles sont embarquées par la police. En bikini et avec une gueule de bois d'enfer, elles se retrouvent devant le juge, mais contre toute attente leur caution est payée par Alien (James Franco), un malfrat local qui les prend sous son aile.

Ne cherchez pas un énième teen-movie primesautier pour rincer l'œil du cochon : "Spring Breakers" déjoue toutes les attentes jusque dans son titre - alléchant. Les cinq premières minutes, à la fois sublimes et atroces, ressemblent à un clip de Snoop Dogg avec des adolescents sur une plage qui bougent leurs corps au ralenti sur de la techno, se bourrent la gueule jusqu'à plus soif et simulent des actes sexuels jusqu'à l'écœurement. Par ici la sortie ? Non, restez !

"Spring Breakers" est un faux film cool et un vrai film de débandade au sens propre qui transforme le paradis en enfer, la jouissance en cauchemar. Pas un truc puritain ou moralisateur pour autant, mais ce que l'on appelle plus communément un trip hallucinogène au rythme bizarre, plein de boucles et de répétitions, qui imperceptiblement traduit les effets de la coke, de l'accélération à la décélération. Rejoignant ainsi la longue liste des films donnant l'illusion d'avoir consommé des substances illicites, de "More", de Barbet Schroeder à "Requiem for a dream", de Darren Aronofsky en passant par "Enter the void", de Gaspar Noé.

Braquage de série B

Y aurait-il tromperie sur la marchandise ? Oui, et c'est ça qui est bien : ce côté déceptif - et non décevant - justement où l'on ne sait jamais ce qui risque de surgir au détour du plan suivant maintient une tension, un trouble, une vague angoisse. On avait toutefois un indice sur le hold-up artistique avec la présence derrière la caméra de Harmony Korine, chantre de la culture pop et jeune surdoué du cinéma indépendant américain qui, pour rappel, dans les années 90 a signé les scénarios de "Kids" et de "Ken Park", de Larry Clark, réalisé de films underground et radicaux comme Gummo ou plus récemment "Trash Humpers".

D'un film à l'autre, d'un petit machin bricolé avec une caméra DV ("Trash Humpers") à ce délire bigger than life ("Spring Breakers"), rien n'a changé. Korine révèle le même objectif : chercher à la manière des surréalistes la poésie accidentelle et la beauté dans la laideur et l'obscénité. A l'arrivée donc, un conte moral séduisant en diable, envoûtant, atmosphérique, magnifiquement photographié (Benoît Debie, chef-opérateur de "Irréversible", de Gaspar Noé), soutenu par des actrices issues de l'école Disney (Selena Gomez, Vanessa Hudgens...) ayant envie d'écorner leur image de petites filles sages.

Dans ce périple, les nymphettes en bikini sont encouragées par James Franco qui surgit dans la narration comme un miracle, relançant l'enjeu à mi-parcours, composant un gourou-gangsta pop assez mémorable et s'illustrant dans des scènes gonflées (une reprise de Britney Spears au piano ou encore un plan-à-trois aux rapports de force inversés). Lui aussi, il prend plaisir à massacrer son image publique. De ce maelstrom d'images dont on ne sait encore si elles sont belles ou moches, réelles ou fantasmées, d'aucuns n'y verront sans doute qu'un feu de paille toc. On préfère y voir une expérience sensorielle vertigineuse.

"Spring Breakers" en salles le 6 mars 2013

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