Au réveil d'un enterrement de vie de garçon bien arrosé, les trois amis du fiancé se rendent compte qu'il a disparu 40 heures avant la cérémonie de mariage. Ils vont alors devoir faire fi de leur gueule de bois et rassembler leurs bribes de souvenirs pour comprendre ce qui s'est passé.
"Very Bad Trip", c'est cette comédie qui a révélé Zach Galifianakis, Ed Helms et Justin Bartha, et confirmé le statut de la superstar Bradley Cooper. Le titre français induit le spectateur en erreur en créant un lien avec "Very Bad Things" (Peter Berg, 1999) qui reposait sur le même argument d'enterrement de vie de garçon avant la débandade trash.
La bonne nouvelle, c'est que le réalisateur Todd Phillips, responsable de l'adaptation cinématographique de "Starsky et Hutch", l'enrichit de manière très efficace : il ne va pas vers un climax scabreux mais développe ce qui se passe un lendemain de gueule de bois comme un jeu de pistes. C'est aussi un pied de nez aux apparences : le film ressemble presque à une alternative aux comédies estampillées Judd Apatow en jouant sur les codes du polar amnésique (que s'est-il passé la nuit dernière? où est passé le futur mari?) et en usant d'un humour absurde sans pitié.
Un enterrement de vie de garçon à Las Vegas
Idéalement, l'action se situe à Las Vegas, cité du vice et des fantasmes aux allures de grand-huit cauchemardesque où tout est artificiel et de mauvais goût. Ces quatre camarades de beuverie sont présentés comme des archétypes (un futur marié lisse, un dentiste binoclard, un pote obèse, un playboy du pauvre) qu'ils ne sont plus au bout d'une demi-heure. Les personnages secondaires ne bénéficient pas du même traitement de faveur, mais ils servent de contrepoints hilarants comme pour mettre des bâtons dans les roues. A chaque fois qu'un nouveau apparaît, il préfigure une catastrophe de plus.
L'intrigue qui fonctionne sur deux temps (ce qui s'est passé la veille et ce qui attend aujourd'hui) autorise les rebondissements les plus barrés comme l'annonce d'un faux mariage, l'arrachage d'une dent, le vol d'une voiture de police, la découverte d'une capote usagée...
Chaque élément - et donc chaque scène - recèle quelque chose d'irrésistible (un bon mot, un détail, une attitude) et provoque un micro-suspens : pourquoi y a-t-il un tigre dans la salle de bain? Pourquoi Mike Tyson chante du Phil Collins? Un générique de fin, mémorable, répond originalement à toutes ces questions. Construit comme un puzzle de l'insolite et du dérapage, "Very Bad Trip" est une excellente surprise pour le spectateur fatigué d'avaler les mêmes formules. Résultat : deux millions de spectateurs au box-office français à sa sortie.
La loi des séries
Les producteurs se sont rendus compte du phénomène (mondial) et un second volet a très rapidement vu le jour. Au box-office français, "Very Bad Trip 2" séduit pas moins de 2,5 millions de spectateurs et c'est encore mieux que le premier opus.
Le réalisateur Todd Phillips compte bien rééditer une troisième fois le coup. Fort du succès de ces deux comédies réunissant Bradley Cooper, Zach Galifianakis, Ed Helms et Justin Bartha, la bande sera de retour dans un troisième, et théoriquement dernier, "Very Bad Trip" que les fans attendent de pied ferme.






