En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies à des fins statistiques et de personnalisation. En savoir plus
×
ARCHIVES

Yvan Attal et François Cluzet font un "porno"

RLV photo par
le 27 septembre 2012 à 05h45 , mis à jour le 27 septembre 2012 à 15h07.
Temps de lecture
3min
Do not disturb, de et avec Yvan Attal.

Do not disturb, de et avec Yvan Attal. / Crédits : Roger Do Minh

A lire aussi
News Ciné-Séries Après "Ma femme est une actrice" et "Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants", Yvan Attal propose le remake d'un film américain, comme un pari gonflé. Imparfait mais troublant.

Un soir, Jeff (François Cluzet) débarque sans prévenir chez Ben (Yvan Attal). Pour célébrer ces retrouvailles et distraire son vieux copain de sa vie rangée, Jeff l'entraîne dans une fête. Sur place, une discussion avec deux amies en couple '(Asia Argento et Charlotte Gainsbourg) évoque un festival de porno amateur et l'idée prend vite l'allure d'un pari : Jeff et Ben coucheront ensemble sous l'œil d'une caméra. Ce n'est ni gay ni porno, ce sera de l'Art ! Le lendemain, impossible de se dégonfler. Rien ne les arrêtera, sauf peut-être la femme de Ben, l'hétérosexualité ou certaines questions mécaniques...

Peu importe au fond si "Do Not Disturb", le troisième long métrage d'Yvan Attal après "Ma femme est une actrice" et "Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants", s'avère meilleur ou moins bon que l'original ("Humpday", de Lynn Shelton). L'intérêt de ce remake français d'un film américain - cas atypique - réside ailleurs, dans la manière dont Yvan Attal, démarché par des producteurs ayant acheté les droits de la relecture, s'accapare d'un sujet qui semble à mille lieues de ses préoccupations, comment il arrive à donner de la conviction à cette commande et ce qu'il produit en tant que comédien avec François Cluzet.

Dans le dossier de presse, Yvan Attal confesse : "A travers Ben et Jeff, tous deux anciens des Beaux-arts, le film interroge sur la place de l'artiste et le rôle d'une œuvre d'art. Ce questionnement faisait particulièrement écho à ma situation - celle d'un réalisateur qui doit répondre à une commande, et aux impératifs d'un producteur, tout en s'appropriant le sujet de manière personnelle."

La pornographie des sentiments
S'il ne réussit pas tout ce qu'il entreprend, "Do Not Disturb", visible le 3 octobre prochain dans les salles françaises, n'en demeure pas moins troublant. En dépit de ce que le début très branchouille et très faux laisse augurer, il s'agit moins d'une comédie dans l'air du temps que d'un traité désabusé sur l'amitié au masculin. Par rapport à "Humpday" où les dialogues fusaient à la limite de l'hystérie, l'enjeu se révèle paradoxalement plus "clair" avec d'un côté Attal qui veut profiter une dernière fois de sa liberté avant d'avoir un enfant avec sa femme (Laetitia Casta) et de l'autre Cluzet, éternel grand enfant, dont la singularité est résumée à un chapeau (sic), qui refuse les contingences du monde adulte.

Forcément, les coutures craquent. Certains passages (l'interlude musical avec JoeyStarr, le triolisme Gainsbourg-Argento-Cluzet) sont ratés voire embarrassants, les personnages secondaires, peu ou pas exploités et le discours sur l'art, terriblement passé de mode. Mais, contrairement au film d'origine, "Do Not Disturb" ne court pas après l'efficacité comique, le délire potache, et oublie vite son suspense débile (est-ce que deux hétéros vont finir par se retrouver dans le même lit?). Secrètement, il capte un "truc de garçon" qui ne se montre pas dans la vie ou au cinéma, une sorte de "mélancolie honteuse" où la confession intime, la révélation d'une vérité, la naissance d'un sentiment seraient considérées comme pornographiques. Pas suffisant pour faire oublier les faiblesses mais ce n'est pas rien.

Voir aussi Do Not Disturb : les photos du film avec Yvan Attal et François Cluzet

Commenter cet article

  • 13mike : Ca les change de leurs rôles habituels: à prendre au second degré.

    Le 27/09/2012 à 17h08
      Nous suivre :
      "Air umbrella", le parapluie invisible

      "Air umbrella", le parapluie invisible

      logAudience