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À la trappe n°4 : Wonder Woman 2011, un hors-sujet super-héroïque

Edité par
le 01 septembre 2011 à 00h00 , mis à jour le 07 septembre 2012 à 10h45.
Temps de lecture
5min
Adrianne Palicki - Wonder Woman

Adrianne Palicki - Wonder Woman / Crédits : NBC

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Nouvelle adaptation du personnage de comics par le showrunner David E. Kelley, Wonder Woman n'a pas dépassé le stade du pilote. Retour sur les raisons d'un échec...

À la fin des années 70, Lynda Carter fait sensation dans la série Wonder Woman, en combattant les nazis pendant la Seconde Guerre Mondiale. Personnage emblématique de DC Comics, la princesse amazone entre alors au panthéon des super-héros télévisés, une héroïne puissante, sage et sexy à la fois. Depuis, le personnage peine cependant à trouver sa nouvelle incarnation à l'écran. Dans les années 90, une série tv est commandée à Deborah LeVine, showrunner de Lois et Clark : en vain. Puis, au début des années 2000, Joel Silver tente de monter une adaptation cinématographique : confié à Joss Whedon, le projet tombe à l'eau après plus de 7 ans de gestation. En 2009, un dessin-animé Wonder Woman sort en dvd : échec commercial.

 

 

Wonder Woman (2011), un pilote WB de David E. Kelley avec Adrianne Palicki, Cary Elwes, Elizabeth Hurley

 

 

Aussi, lorsque, courant 2010, David Kelley (papa d'Ally McBeal, de Boston Justice et de The Practice) arrive avec un nouveau projet de série Wonder Woman, les interrogations sont nombreuses : Kelley qui, de son propre aveu, ne connaît du personnage que quelques épisodes de la série des années 70, va-t'il faire de l'héroïne une Ally McBeal-bis, kitsch et comique ?

 

Un pilote est rapidement commandé, avec dans le rôle titre la sculpturale Adrianne Palicki (1m80 !), une habituée du petit écran... Mais lorsque le script de ce pilote arrive sur internet, le doute s'installe : en lieu et place de Diana, princesse amazone désireuse d'apporter paix, justice et égalité au monde, Kelley semble avoir opté pour un mélange du comics Power Girl (Diana est la patronne d'une multi-nationale moderne, et jongle avec ses différentes identités secrètes), et, justement, d'Ally McBeal (une héroïne qui se lamente constamment de son statut de célibataire).

 

 

Adrianne Palicki - Wonder Woman

 

 

Lorsque sort la première photo de Palicki en costume, les inquiétudes s'accentuent : le maillot de bain "traditionnel" de Wonder Woman, jugé trop kitsch, est remplacé par un mauvais costume d'Halloween, avec hauts-talons, vêtements en latex brillant, maquillage outrancier et ornements plastiques de mauvaise qualité.

 

Instantanément, l'internet s'indigne : la production panique, tente de calmer le jeu en rassurant les fans, puis s'efforce de minimiser les dégats en changeant la tenue à mi-tournage. En vain : entouré d'un buzz négatif, le pilote ne plaît pas à NBC, et la série est annulée.

 

 

Wonder Woman (2011), un pilote WB de David E. Kelley avec Adrianne Palicki, Cary Elwes, Elizabeth Hurley

 

 

À la vue du pilote en question, l'on comprend rapidement pourquoi. Si le programme se regarde assez facilement (l'interprétation convaincante de Palicki y est pour beaucoup), l'on se rend compte bien vite que Kelley n'a tout simplement rien compris à son personnage.

 

Conformément au script, sa Diana Prince est une célibataire peinant à concilier sa vie professionnelle avec sa vie privée : elle passe ses soirées seule devant des comédies romantiques, à manger de la glace, et n'a d'ami facebook que son chat... et quand elle ne joue pas au chef d'entreprise volontaire, elle revêt le costume d'une Wonder Woman toute droit sortie du pire des comic-books des années 90, où tout n'était qu'ultra-violence et attitude.

 

 

Wonder Woman (2011), un pilote WB de David E. Kelley avec Adrianne Palicki, Cary Elwes, Elizabeth Hurley

 

 

Chez Kelley, Wonder Woman est arrogante, colérique et sèche. Elle n'a que faire des lois humaines (quitte à ce que ce comportement soit à l'origine de trous béants dans le scénario), frappe, torture et tue à tour de bras, n'utilisant son Lasso de Vérité que lors de combats intenses (cependant assez réussis)... bref, telle que présentée dans le pilote, Diana n'est qu'un Punisher en jupons (ou plutôt, en collants, puis en maillot de bain dans la dernière partie de l'épisode, buzz négatif et panique de la production obligent).

 

Un Punisher financé par sa propre multinationale (utilisée pour jouir d'une image publique irréprochable, et où travaillent les personnages anecdotiques de Cary Elwes et Tracie Thoms), qui méprise gentiment les forces de l'ordre, qui jure de faire tomber la maléfique Veronica Cale (Elizabeth Hurley), la directrice d'un laboratoire pharmaceutique malhonnête... et qui passe une bonne partie de l'épisode à se plaindre de ses problèmes sentimentaux.

 

 

Wonder Woman (2011), un pilote WB de David E. Kelley avec Adrianne Palicki, Cary Elwes, Elizabeth Hurley

 

 

Le pilote de Wonder Woman hésite donc constamment entre violence excessive, clichés éculés, et ruptures de ton improbables, le tout enrobé d'un visuel très inégal : hormis l'interprétation de Palicki, et la réalisation des scènes de combat, Wonder Woman cuvée 2011 est malheureusement un échec, en grande partie imputable à David E. Kelley.

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  • kstor44 : Pouquoi revenir là-dessus dès le départ ça sentait la plantouille absolue.....

    Le 03/09/2011 à 01h24
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