Suite à un premier film dont il avait écrit le scénario avant de le voir massacrée sur grand écran, Joss Whedon crée en 1997 Buffy contre les Vampires, série à mi-chemin entre le drama adolescent et la comédie fantastique horrifique. La série connaît un succès grandissant et va déferler rapidement sur toute la planète, notamment en France où elle fait les grandes heures de la Trilogie du samedi soir sur M6. Le cocktail fonctionne à plein régime tout au long d'une épopée épique qui s'étendra sur 7 saisons pour un total de 144 épisodes et aura accusé d'un nombre impressionnant de monstres et de phénomènes surnaturels. Vampires, goules, sorcières, malédictions, quoi de plus normal pour la petite ville de Sunnydale bâtie au dessus d'une bouche de l'enfer ?

Sortant des sentiers battus dès que l'occasion s'en présente, Buffy contre les vampires se réapproprie toutes les thèmatiques et le figures du fantastique, mais travaille également une forme qui ne cessera d'évoluer. Le show nous offre ici et là quelques perles télévisuelles aux concepts variés tel un épisode sans dialogues (Un silence de mort) ou une comédie musicale (Que le spectacle commence !), le tout ayant toujours une explication scénaristique s'insérant dans la logique du programme. Nous aurons également droit à de nombreux épisodes posant le show tel une nouvelle version de La Quatrième Dimension et autres Au delà du Réel, à la différence près que Buffy met en scène des protagoniste récurrents. Mais malgré ce festival d'intrigues tordues et réjouissantes, c'est surtout le sort et l'évolution de ces personnages qui donne tout son corps à la série.

Car avant d'être une série fantastique riche et variée, Buffy contre les vampires est surtout l'histoire d'adolescents cherchant leur place dans un monde où même la plus simple des banalités peut sembler hostile. Ainsi, Buffy (Sarah Michelle Gellar, révélée par la série) se sentira parfois plus à l'aise en faisant la course aux goules que dans une salle de classe dans laquelle elle se sentira toujos étrangère. Ce sera d'ailleurs le cas pour tous (Willow devient une sorcière, Alex reste un asocial confirmé, Oz est un loup-garou...), puisqu'au final, chacun possède ses tares et ses traumas. Il n'est donc pas surprenant d'avoir vu la série s'imposer comme culte auprès d'un grand nombres d'adolescents, qu'elle a aidé à grandir et à s'accepter. Avec elle, Whedon s'est fait un nom et un univers, et nous a livré un pavé incontournable dans le monde des séries.