À Broadway, une équipe de producteurs (Debra Messing, Christian Borle, Jack Davenport, Anjelica Huston) est à la recherche d'un nouveau projet de comédie musicale : ils arrêtent leur choix sur la vie de Marilyn Monroe, un sujet décidement très à la mode outre-atlantique. Reste alors une question de taille : qui saura incarner Norma Jean Baker dans toute sa splendeur et son ambiguité ?

La brune Karen (Katharine McPhee), jeune serveuse fraîchement débarquée de la campagne dans l'espoir de devenir une star, malgré son manque total d'expérience ? Ou bien Ivy (Megan Hilty), la blonde expansive et flamboyante, prête à tout pour réussir, et dont le physique et l'ancienneté lui assurent déjà un avantage de taille ? Une compétition implacable s'engage alors entre les deux femmes, pour cette chance de devenir la nouvelle superstar de Broadway...
C'est sur ce scénario simplissime et ultra-balisé que repose donc Smash, la nouvelle série de NBC, un programme clairement lancé pour surfer sur les vagues combinées de Glee, et des nombreux concours musicaux télévisés qui explosent les audiences américaines et mondiales. Derrière les caméras, plusieurs noms de Broadway, et un producteur d'envergure : Steven Spielberg.

Seulement voilà, ces jours-ci, le temps n'est pas au beau fixe entre Spielberg et le petit écran. Son Terra Nova est dans un coma créatif, et toujours au bord de l'annulation ; Falling Skies, de son côté, ne fait pas non plus d'étincelles... Smash est-il plus réussi ? À en croire l'unanimité critique américaine, oui : Smash serait la révélation de cette mi-saison, un quasi-classique instantané, novateur et original, et qui devrait faire des stars de ses interprètes.
Problème : comme souvent, la réalité est beaucoup plus mitigée. Si l'on ne peut nier l'efficacité des compositions de Marc Shaiman (vétéran de Broadway, et compositeur des chansons de nombreux films hollywoodiens, comme South Park, Hairspray ou Team America), des chorégraphies, et le talent vocal des actrices, l'intérêt de ce pilote reste assez limité.

En lieu et place de l'innovation tant louée par les journalistes, Smash enchaîne en effet tous les clichés possibles et imaginables sur le monde des comédies musicales. Rivalités, personnages archétypaux, mise en image : tout semble appliqué, mais particulièrement convenu et peu inspiré, au point de donner l'impression d'avoir déjà vu le tout ailleurs, et en mieux.
Pire, Katharine McPhee, l'actrice principale de la série, ancienne finaliste d'American Idol, fait preuve d'un manque flagrant de charisme, peu aidée par un personnage terne correspondant au mot près au cliché surexploité de la jeune provinciale naïve.
Mais peu importe : le buzz médiatique est là, et nul doute que le show devrait parvenir à conserver une partie non négligeable de l'audience de The Voice (l'American Idol de NBC), diffusé juste avant. Reste à espérer que la série saura trouver, avec sa première saison, de quoi se démarquer de toutes les success stories à l'américaine, produites chaque année avec, peu ou prou, les mêmes ficelles narratives usées.








