En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies à des fins statistiques et de personnalisation. En savoir plus
×
Rejoignez-nous sur Facebook
Retrouvez les coulisses de l'info TF1 et LCI et partagez les meilleures vidéos avec vos amis
Devenez fan

Heroes Saison 4 : interview Robert Knepper

Edité par
le 12 janvier 2011 à 00h01
Temps de lecture
5min
Heroes 419 Brave New World

Heroes 419 Brave New World /

DossiersA l'occasion de l'arrivée de la saison 4, encore inédite en France, ce soir sur Syfy : rencontre avec l'interprète de Samuel, principal attrait de cette ultime chapitre.
De loin le meilleur personnage des quatre années qu'aura duré Prison Break avec l'effrayant T-Bag... Elément central de la dernière saison de Heroes avec le très charismatique Samuel... Excellente guest-star intergalactique avec Simeon dans la récemment annulée Stargate Universe... Non seulement Robert Knepper enchaîne les rôles mais, de plus, leur apporte sans relâche une intensité et une authenticité toute viscérale qui en font, assurément, le plus aimé des "méchants" du petit écran de ces dernières années.
Heroes 419 Brave New World
  

Après le succès de Prison Break, avez-vous hésité à rejoindre le casting d'une série dont l'audience était de plus en plus à la baisse ?
Je vous répondrais tout simplement que j'aime travailler. Si je trouve le personnage intéressant, j'ai envie de le jouer... Et, en l'occurrence, Samuel l'était vraiment. Pour moi, c'était un peu comme jouer du Shakespeare pendant toute une saison.

 

Malgré cette chute de popularité, la saison 4 de Heroes est, selon nous, la meilleure depuis la première...
Vous n'êtes pas les premiers à me le dire... Pour pas mal de monde, la première année a été un véritable phénomène. La seconde... déjà un peu moins bonne. Et à la troisième, beaucoup ont déclaré forfait. Du coup, ma petite quête personnelle lorsque je suis arrivé à bord a été de savoir si je pouvais aider cette série, d'une manière ou d'une autre... Et le plus beau compliment que j'ai eu à ce sujet vient de l'un des chauffeurs qui travaillaient avec nous. Il m'a dit : "Si les gens regardent la quatrième saison de Heroes, c'est pour Samuel. Et si jamais elle revient pour une cinquième année, ce sera grâce à Samuel". Cela n'enlève, bien sûr, absolument rien à ce que l'équipe avait accompli les trois saisons précédentes et je ne peux que les applaudir d'avoir osé s'engager dans toutes ces directions. Même si l'ensemble pouvait parfois être extrêmement confus et passer un peu du coq à l'âne, ils ont eu le courage d'essayer des choses nouvelles. Quelque fois cela fonctionne, et d'autres fois non. De mon côté, je me suis "limité" au fait que j'aimais ce groupe de personnes et que j'étais intrigué par ce personnage. A partir de là... j'attendais de voir ce qui allait se passer. On ne peut jamais être sûr à 100% de ce que l'on entreprend, il faut tenter les choses et attendre de voir si elles vous reviennent dans la figure. Mais, la plupart du temps, vous faites quelque chose de bien.

 

Heroes 419 Brave New World

  

A la différence des débuts de Prison Break, vous arriviez à présent sur une série à l'univers déjà bien établi...
C'était un peu comme passer d'une grande famille à une autre. Equipes techniques et comédiens ne faisaient qu'un et ils m'ont tous très chaleureusement accueilli, donc... qu'aurais-je pu demander de plus ?

 

Qu'avez-vous pensé du look de Samuel ? C'est un personnage vraiment très soigné, du costume au maquillage...
Lorsque nous avons parlé de tout cela pour la première fois avec les producteurs, j'aimais l'idée qu'ils avaient de ne pas en faire un typique rabatteur de fête foraine, avec un accent et une prononciation aussi haut perchée qu'entêtante et répétitive... De plus, j'avais précédemment joué dans La caravane de l'étrange pour HBO et j'avais donc une certaine vision de ce qu'il fallait faire. Je n'étais pas véritablement concerné par cet arc narratif spécifique, mais j'avais apprécié de regarder la série et j'étais assez stupéfait de voir à quel point ils avaient su rendre ces personnages absolument crédibles. Je vais vous raconter une histoire assez amusante, que je n'ai encore jamais raconté à personne...

 

Un grand merci d'avance... ça tombe bien, nous adorons les histoires...
Un mercredi soir, mon agent m'appelle et me dit : "Ils t'ont adoré dans Prison Break et ils aimeraient te rencontrer pour ce rôle. Ils veulent te voir mais, ne t'inquiètes pas, ils n'ont contacté personne d'autre". Le jeudi matin, alors que j'étais en route pour le rendez-vous, il ajoute : "En fait, je ne t'ai pas exactement dit la vérité... il y a un autre comédien qui les intéresse et ça va se jouer entre vous deux". Donc, je conduisais vers le lieu de rencontre et je savais que cet autre comédien était un américain d'origine irlandaise... et je n'avais jamais eu l'idée d'essayer de proposer quelque chose avec un accent irlandais, écossais ou anglais... jusqu'à ce que j'entende que cet autre acteur avait cette origine (rires). J'adore travailler comme ça : chaque semaine pendant quatre ans sur Prison Break. C'est génial de pouvoir dire en tant qu'acteur : je travaille tout le temps... je n'ai pas à m'inquiéter pour trouver du travail (rires) ! J'adorais ce sentiment... Donc, je voulais absolument réintégrer une autre série télévisée. Et bien que je ne regarde pas beaucoup la télévision, je savais que Heroes était quelque chose d'assez énorme ; bien qu'elle ait perdu pas mal de spectateurs en cours de route.

 

Heroes 419 Brave New World

  

Je suis donc en train de rouler vers Universal pendant que ce truc irlandais continue de me trotter dans la tête et je croise quelqu'un qui passe dans le sens inverse. Je le regarde et... tiens, ce type ressemble à un Irlandais ! C'est là que je me suis dit : je vais leur proposer quelque chose avec l'accent irlandais (rires). Je ne suis absolument pas Irlandais, je suis américain. Alors, je commence à parler tout seul dans ma voiture (rires)... Est-ce que je peux faire comme-ci ou comme-ça ? Je ne voulais sonner comme une publicité irlandaise, comme Lucky Charms... Je ne voulais pas faire ça : (en prenant un fort accent - ndlr) vient-il du nord de l'Irlande ? Est-il écossais ? Et je commence à mélanger tout un tas de choses, un peu comme une blague, juste pour moi-même. Un peu plus tard, j'entre dans le bureau et je commence à leur faire ce... truc (rires). Et le producteur de hocher la tête en disant : "Hé, j'aime ça !" (rires). C'est incroyable, mais c'est comme ça que j'ai eu le rôle. Et, pour la petite histoire dans la grande : l'acteur qui joue finalement mon frère dans la saison 4 de Heroes est justement cet "autre type" qu'ils avaient vu avant moi (rires) ! Rien à voir avec celui que j'avais croisé en voiture...

 

Et il ne vous en a jamais voulu ?
Au contraire... et il m'a même fait un des plus beaux compliments. Après avoir vu quelques épisodes, il est venu vers moi et m'a dit : "Je suis content que tu ais le rôle. Tu es Samuel. Et ton accent... est excellent" (rires).

 

Belle histoire, en effet. Merci beaucoup !
De rien ! Vous tenez un scoop (rires)...

 

En parlant du frère de Samuel... Au final, tout n'est toujours que question d'amour, d'amitié et de famille.
C'est exactement comme pour Prison Break... et je le sais parce que je suis moi-même un père : tous les enfants naissent égaux. C'est quelque chose en quoi je crois fermement. C'est ce que leurs parents ou leurs proches font qui change et détermine progressivement leur évolution de vie. Samuel aimait son frère, il croyait en lui. Après tout, c'était son grand-frère, en plus d'être le chef de la fête foraine. Et lorsqu'il s'aperçoit qu'il a été trahi par ce dernier... il est naturellement dévasté. Bien sûr que tout repose toujours sur l'amour et sur la fraternité. Après... chacun des autres héros a sa propre histoire. Vous avez vu l'épisode où il jette la pierre ?

 

Bien sûr. Et l'ensemble de la saison également.
Il n'a jamais voulu le tuer... On dit tous des choses du genre : je déteste mon frère ou ma sœur... mais on ne veut pas qu'ils meurent pour autant ! Il est juste énervé après lui. J'adore cette scène. Très bien écrite... avec les lumières de la nuit. Ces deux frères s'affrontant, seuls, au milieu de ce champ... Ils essayent d'arranger les choses et... Opus (rires) ! Je l'ai tué.

 

Heroes 419 Brave New World

  

Samuel fait beaucoup de choses inconsidérées par amour... Comme réduire à néant une ville entière pour une femme !
C'est toujours bien d'avoir la capacité de faire bouger la Terre lorsque vous êtes énervé (rires)... C'est génial d'avoir à interpréter de telles choses. Dès la lecture du scénario, et encore je ne savais pas où ils voulaient aller dès le départ... Rien ne laissait présager cette situation amoureuse. Si bien que lorsque le personnage féminin a fait son apparition, on pouvait se demander : mais d'où ça sort ? On a rien vu venir... Moi-même, je ne savais pas qu'il faisait tout ça pour elle. Mais tout cela fait parti de la magie de travailler sur des séries télévisées. Vous ne voulez pas poser trop de questions. Vous ne voulez pas en savoir trop à l'avance. En revanche, vous voulez comprendre ce qui s'est passé avant. C'est comme pour T-Bag... Je me doutais bien qu'il lui été arrivé quelque chose de terrible lorsqu'il était enfant, mais je n'en ai eu la confirmation que bien des épisodes plus tard.

 

L'inconnu pourrait donc être une certaine source d'inspiration ?
Un jour, le réalisateur Peter Werner m'a raconté la journée de tournage qu'il a, de loin, préféré dans toute sa carrière. Par définition, un réalisateur doit tout savoir. Il connait chaque scène sur le bout des doigts, les décors, etc. Il est le véritable marionnettiste de l'ensemble tandis nous, les comédiens, n'en sommes qu'une infime partie. Il tournait un épisode pilote pour une nouvelle série et, soudain, les scénaristes ont changé d'idée à la dernière minute. Si bien que Peter a reçu le script le jour même du tournage. Ils avaient les comédiens, mais pas de décors ou de lieu de tournage... Et il a du tout mettre en place, juste comme ça ! Il a été forcé de travailler sur l'instant et, encore à ce jour, il considère que c'est sa meilleure scène. Justement parce qu'il n'avait aucune idée de ce qu'il allait faire. C'est la beauté des séries... Je pourrais très bien poser pas mal de questions aux scénaristes mais, la plupart du temps, eux non plus ne savent pas exactement où ils vont. Entendre les producteurs de Lost répéter à tout bout de champ qu'ils avaient toutes les réponses depuis le début m'a toujours fait beaucoup rire...

 

Stargate Universe

  

Dès les premières minutes de Prison Break, T-Bag est un personnage très fort. L'effet est immédiat. Avec Heroes, c'est exactement la même chose : la saison s'ouvre sur votre personnage et on comprend de suite que tout va tourner autour de lui... Et, à présent, arrive Stargate Universe. Mais l'entrée en scène de Simeon est cette fois-ci très sinueuse, lente et progressive...
Vous y êtes ! C'est exactement ce qui m'a motivé à participer à la série.

 

Etait-ce là un choix personnel, quelque chose que vous auriez suggéré à la production ?
Je ne sais pas comment faire cela. Aller demander telle ou telle chose aux scénaristes... J'ai grandi au théâtre et, du coup, j'ai développé une confiance implicite envers eux. Parfois, à mon détriment. Mais je ne demande jamais à ce qu'on supprime ceci ou cela, ou à l'inverse que l'on rajoute quoi que ce soit. Je les crois aveuglément. C'est justement ce que j'ai aimé à propos de Stargate Universe : je savais que j'allais faire six épisodes. Et alors que T-Bag et Samuel étaient si bavards qu'on savait toujours exactement ce qu'ils pensaient ou ce qu'ils ressentaient, Siméon ne dit rien. Il reste planté là, à l'arrière. J'aime en parler comme le "rôle Steve McQueen"... Il s'adosse, observe et réfléchit. L'Histoire de l'Amérique a été écrite par les blancs, et non par les Indiens. Mais si les Indiens avaient gagné, l'Histoire aurait été radicalement différente. Si Simeon et les siens avaient gagné cette bataille, il n'aurait pas été un prisonnier. Peut-être parlerait-il plus ? Peut-être serait-il avec sa femme et ses enfants en train de dire : "On l'a fait. On s'est battu, on y a cru et nous avons gagné". Mais il a perdu... et il ne peut que rester assis là à ruminer et à détester l'équipage du Destiny.

 

Sa haine viendrait donc d'un genre de frustration ?
Je suis divorcé à présent, mais mon ancien beau-père était un juif Allemand qui a quitté le Pays. Il était atteint de la maladie de Parkinson les vingt dernières années de sa vie... et comme il était allemand, il souhaitait que ses aides soignants soient Allemands également ; de façon à pouvoir parler avec eux. Et le père de l'une de ses dernières aides soignants était soldat. Comme tant d'autres. Et de notre point de vu américain, c'est un soldat nazi. Mais pour lui, tout comme pour sa fille et mon beau-père, il faisait simplement son travail. Il était soldat. Et il n'était pas un "méchant"... Si vous étiez Allemand, vous deviez vous battre pour l'Allemagne, sinon vous étiez exécuté à moins de réussir à fuir le Pays. Aussi terrible que tout cela puisse être, c'est ainsi. Et nous avons répété la même chose ensuite via nos propres guerres... Dès lors que vous êtes un soldat, vous devez vous battre pour votre Pays, que l'on soit un Marine ou qui que ce soit d'autre. Simeon était un simple soldat, qui a perdu.

 

  

Mais, pour en revenir à votre question initiale, j'aime le fait que, éparpillé au fil de ces six épisodes, on ne va le voir dire qu'un seul mot... puis deux... Et ils savaient, après avoir vu Prison Break et Heroes... Ils se sont dit : "Tournons un maximum de réactions avec Knepper, faisons le plus de prises possibles"... Et je n'ai même pas encore eu l'occasion de voir ces épisodes...

 

Ils sont réussis. Cette montée en pression y est justement parfaitement gérée... Et, sans pour autant vouloir dévoiler le dénouement de l'intrigue, disons simplement qu'après T-Bag et sa main coupée, vous y expérimentez de nouvelles formes de souffrances... En tant qu'acteur, comment vous préparez-vous à ce type de séquences ?
(Rires) Je ne sais pas. Je suppose que j'utilise juste mon imagination. Je me souviens d'un de mes professeurs, à New York, qui me disait : "Si tu dois jouer un rôle, joues-en un grand". Avant Prison Break, je ne pouvais pas jouer de "grands rôles"... Je jouais ce qu'on voulait bien m'offrir parce que, comme tout le monde, il fallait bien que je mange. Après T-Bag, je me suis dit que je n'allais plus jouer que des rôles en trois dimensions et je vais me battre pour ça. Et il s'avère d'ailleurs que je n'ai plus tant à ma battre que ça puisque la télévision, de nos jours, est véritablement multi dimensionnelle... Les téléspectateurs ont de plus en plus le choix parmi des histoires intéressantes et imaginatives, avec des personnages toujours plus sophistiqués. Et tout particulièrement des Etats-Unis... Mes amis français me disent toujours : "Pourquoi n'y a-t-il pas de bonnes séries en France ? Pourquoi n'est-ce pas plus créatif ?"... Et je pense comme eux. Nous devrions piquer les idées des Français et non l'inverse. On le fait bien avec les Anglais (rires) ! Mais on en revient toujours à la chance d'interpréter de bons personnages... Que ressent-on quand on a sa main coupée ? Je n'en sais rien. A part parler à des gens à qui cela est arrivé, ce que j'ai fait, je ne vois pas d'autres choix. Sur le moment, avoir à jouer quelque chose comme ça, c'est comme redevenir un enfant : Oh, je vais faire semblant que j'ai la main coupée (rires) !

 

Propos recueillis et traduits par Vivien LEJEUNE et Nicolas SCHIAVI

 

Retrouvez notre interview exclusive avec James Kyson Lee !

Commenter cet article

      Nous suivre :
      WAT

        Stefan (Secret Story 8) dans la laverie de Jeremstar - INTERVIEW

      logAudience