Le prochain Houellebecq dévoilé... et étrillé

le 18 août 2005 à 12h33 , mis à jour le 18 août 2005 à 12h58

Angelo Rinaldi se livre dans le Figaro littéraire à une critique acide du prochain livre de Michel Houellebecq, "La Possibilité d'une île", dont il affirme avoir trouvé un exemplaire "sur un banc". Démontant les ressorts et le dénouement de ce roman de science-fiction, Rinaldi conclut : "rien qui soit plus aride, plus pauvret".

Houellebecq+sollers © INTERNE

L'académicien Angelo Rinaldi raconte, dans le Figaro littéraire publié jeudi, comment il est tombé par "hasard" sur le prochain roman, très attendu, de Michel Houellebecq, qu'il qualifie de "pétard mouillé".

"La Possibilité d'une île", livre de science-fiction entouré du plus grand secret et dont aucun critique n'a encore fait état, doit sortir chez Fayard le 31 août. Seule une infime poignée de journalistes, qualifiés par Angelo Rinaldi de "favoris dont on présume l'admiration", a déjà reçu l'ouvrage, comme c'est la coutume.

"Un humour à l'usage de quelques initiés" ?

Selon la version du directeur du Figaro littéraire, le livre (de 484 pages) "traînait sur un banc" d'un jardin parisien. "On a cent mille fois remarqué que le hasard sert souvent un journaliste. En la circonstance, s'il lui réserve une exclusivité, il n'a pas assuré son bonheur (...). Il n'y a rien qui soit plus aride, plus pauvret et plus obscur en même temps", estime Angelo Rinaldi.

L'académicien dévoile que ce roman mêlant "informatique, génétique, clonage" met en scène le "narrateur, Daniel, numéro 1" - grâce à l'ADN "répliqué", chacun a la possibilité de ressusciter - qui "erre sur une planète à l'aspect désolé dont on a modifié l'axe de rotation". "Elle est peuplée de 'néo-humains', les individus de l'ancien modèle (...). On tire sur eux pour s'amuser (...). Par peur de vieillir, (sa maîtresse) se suicide. (...) Daniel rencontre aussi un gourou qui promet la peau fraîche et l'orgasme en permanence à ses disciples rassemblés en congrès dans sa résidence fortifiée (...)", poursuit Angelo Rinaldi.

Le directeur du Figaro littéraire raconte encore que Daniel se fait tuer par l'ami d'une belle actrice qu'il a violentée. "On se demande si tout cela ne témoigne pas d'un humour à l'usage de quelques initiés", conclut Angelo Rinaldi, réputé pour le mordant de ses critiques.

Photo d'ouverture : Michel Houellebecq, ici au côté de Philippe Sollers - archives 

le 18 août 2005 à 12:33
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25 Commentaires

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  • Philippe SCHOELLER, le 27/08/2005 à 02h06

    Oui, MH, comme l'on peut le lire. Habile. Malin. Pourtant nul destin tragique. Ni Kleist, Nieztsche ou Rimbaud, Hölderlin... Trop impatient sans doute à jeter son visage au monde. Pourtant la belle fée phantasque du "grand écrivain" rode à chaque apparition du sieur MH. Le maudit car détesté et si malin à se faire haïr. Rien de très savant ni original. Ce qu'il faudrait: pouvoir estimer la peau et la table sur laquelle, de fait, un écrivain véritable y met la sienne. Non pas le vrai ou le juste, mais l'authentique du lascar qui décide de siuvre sa belle foudre: écrire. Irrepressible. Chez MH, c'est tout de même assez rare cette force là. Moi j'y sens le calcul et souvent plus le travail que l'intuition fluide et solaire. Alors peut être dans quelque années... Philippe Schoeller , compositeur.

  • Hgurmann, le 23/08/2005 à 17h34

    Les médias, Mr Sollers en particulier, s'y entendent parfaitement à faire monter la mayonnaise, pour un livre qui sera peut-être encore plus nul, mais au moins il rapportera à tous, vendeurs de papiers et libraire, quelle époque!!!!!

  • Jack, le 22/08/2005 à 09h11

    J'ai lu presque tous les romans de MH. Extension du domaine de la lute, Plateforme, Particule élementaire, Lanzarote, restez vivant, la Poursuite du bonheur. Je les ai tous trouvés excéllents, violents, perturbants et visonnaires. Quant à ses positions publiques involontairement provocatrices(parce que simplement lucides), évidemment je les partage.

  • Rootsystem, le 20/08/2005 à 18h22

    Incroyable ce que les critiques peuvent être virulentes par rapport aux ouvrages de science fiction. Pas de recul, simplement il s'agit de critiquer les hypothèses avancées par rapport au monde actuel. Et c'est vrai qu'un critique du moyen age aurait trouvé pour le moins saugrenue l'idée selon laquelle l'électricité, les avions, etc... existeraient un jour. Et puis ce politiquement correct : attention à ne pas parler d'islam, surtout! A croire que les critiques sont de mêche avec les médias... Celui qui n'a pas de talent créatif finit critique aigri, plein d'auto suffisance.

  • Pierre CHALMIN, le 20/08/2005 à 14h16

    Au "Philosophe de Province" : Shakespeare pour "Much ado about nothing" ; je sèche en revanche sur l'art de traiter des choses graves avec légèreté, etc. Un moraliste du XVIIe ? C'est de toute façon devenu un lieu commun. Je donne ma langue au chat, soyez gentil de m'éclairer. Quant au fond, je partage votre avis : le sujet est dérisoire, et j'ajouterai qu'il faut manquer singulièrement de lectures pour avoir l'impression de participer à une querelle "littéraire" mettant aux prises deux histrions tels que MM. R. et H., écrivains de carton.

  • Christophe, le 19/08/2005 à 17h30

    Essayons de juger sur pièces, autrement dit dès que ce roman sera disponible à la vente. A chacun ensuite de se faire son opinion, en toute subjectivité. Aucun livre de Houellebecq ne m'a déçu, même si je considère "Extension du Domaine de la Lutte" comme son oeuvre la plus emblématique à ce jour.

  • Jean Solairs, le 19/08/2005 à 15h06

    Je connais bien Rinaldi. Ce qu'il écrit, il ne le critiquerait même pas lui-même tellement c'est nul. A côté de lui, Houellebecq est shakespeare, et eric-Emmanuel Schmitt, Victor hugo. Houellebecq est probablement le seul grand , tout grand écrivain de la langue française contemporaine, et c'est normal qu'il y ait de tels jaloux.

  • Supremeallah, le 19/08/2005 à 13h54

    Antoine de Lille. Explique moi en quoi donner son avis est courageux et quel rapport avec l'anonymat. On est sur le net que je sache.tu veux mes noms, prénoms, adresses et n° de carte bleue ou quoi ? Mais enfin où est le courage de dire que toutes les religions se valent dans l'abrutissesment, l'assujetissement des masses. Cà vaut pas que pour l'Islam y a qu'à voir les réactions des jeunes cathos face aux capotes et au sexe en général. Mais là il est question de littérature et il est facheux d'associer systématiquement MH à celui qui a dit que l'Islam était con. Est ce que Chirac passe pour un mysogine parce qu'il a dit : "Mais qu'est ce qu'elle veut cette ménagère mes couilles sur un plateau ?"

  • Lo-Ran, le 19/08/2005 à 13h17

    à Tof, PARIS ;) Meuh non que c'était pas idiot ni risible puisque vous l'avez +/- bien comprise ! C'est surement mal écrit de ma part mais vous avez compris le sens de ma pensée... "idiote et risible" est aussi mal dit. Enfin si ça vous a fait (sou)rire, c'est l'essentiel, n'est il pas ?

  • Antoine, le 19/08/2005 à 09h19

    C'est fou ce qu'il y a comme anonymes parmis les gens courageux... N'est-ce pas "Supremeallah".

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